E122: Mardi 31 mai // Journée Off à Lone Pine

E122: Mardi 31 mai // Journée Off à Lone Pine

Journée off

Bonjour à toute et à tous. Ici Maxime je reprend le flambeau de l’écriture des comptes-rendus dans le nord ouest américain.

En compagnie de mon camarade Bertrand, qui est présent pour ça part depuis maintenant 15 jours, nous nous retrouvons tous les 2 pour accompagner Serge jusqu’à Seattle.

Monika, René et Thomas après avoir fini de nous livrer les dernières instructions et leurs derniers travaux, sont repartis ce midi pour Las Vegas afin de reprendre la direction du « vieux continent » et de savourer un repos bien mérité.

Durant l’après-midi nous finissons l’organisation du nouveau véhicule, Bertrand reprend les différents parcours sur Openrunner et je recommence à me familiariser aux différentes tâches auxquelles je dois m’atteler. En somme, nous prenons nos marques pour être prêt demain matin.

Pendant ce temps Serge en profite pour passer des appels téléphoniques, consulter ses mails, se refaire une beauté chez le coiffeur et enfin se reposer après 3 jours passé sous ces fortes chaleurs.

Demain nous partirons à 4h30 afin que Serge bénéficie d’une température un peu plus clémente.

Parcours du Mercredi 01 Juin: Etape 123

E121: Lundi 30 mai // Death Valley – Panamint Springs

E121: Lundi 30 mai // Death Valley – Panamint Springs

40,05km – 6h54′

Début de semaine pas comme les autres sur les routes du tour du monde. Hier soir Bertrand et moi sommes partis récupérer Maxime à Las Vegas. Un aller-retour long de 6h, qui nous a fait arriver tard dans la nuit. Ce matin réveil un peu difficile donc, mais nous poursuivons notre traversée de la Death Valley avec un nouveau moussaillon à bord : Maxime.
Maxime est déjà venu sur la partie Espagne / Portugal en février de cette année, et formera donc le nouveau duo d’accompagnateurs avec Bertrand, jusqu’à Seattle. Et croyez-moi, la relève est assurée.
Ce matin, tel un examinateur de passage de permis, c’est René qui prend place à l’arrière de la nouvelle voiture suiveuse. Le but : répondre aux questions de Maxime et Bertrand et les laisser s’approprier l’organisation générale de la partie « ravitaillement » de leur véhicule (contenance des caisses, emplacement des ustensiles, ordre des ravitaillements, etc). Même si Bertrand et Maxime ne sont en aucun cas novices, une petite journée en compagnie du professeur René ne fait pas de mal.
Car les produits alimentaires étant différents selon les pays, chaque traversée à son lot de nouveautés. Il existe quand même des classiques auquel on ne touche pas, tel le combo yaourt / muesli, mais il faut en général s’adapter aux produits que l’on trouve sur place. Ainsi qu’au climat. Ces derniers jours, vous imaginez bien que les nouilles chaudes généralement servies à 14h sont passées à la trappe.
Serge est encore bien cassé d’hier. Il continue l’ascension de cette longue côte pendant les dix premiers kilomètres. Le début d’étape se résume à une longue marche sous un soleil de plus en plus brûlant. Seul aspect positif : nous reprenons de l’altitude et l’air est bien plus respirable une fois arrivés au sommet. C’est dans ces moments là que je pense à Cheyenne, et à cette demi-journée de course interrompue par la neige. Sans neige, nous aurions 30 kilomètres d’avance sur notre parcours, et Serge aurait dû affronter l’intégralité de cette côte en tout début d’après-midi hier, sous une chaleur accablante. Le hasard fait parfois bien les choses.
Et il y a certaines choses qui ne changent pas : après la montée viens la… descente !
Et quelle descente ! Nous apercevons la route qui part tout du long de la montagne, traverse une zone complètement plate et désertique en contrebas, puis remonte de nouveau dans les reliefs. Serge profite du troisième ravitaillement pour nous annoncer qu’il ne finira pas son étape aujourd’hui. La journée d’hier a laissé des traces, et il n’a pas réussi à évacuer la chaleur durant la nuit. Il décide de courir encore 25 kilomètres jusqu’à 14h30, puis nous retournerons à l’hôtel.
Quelques kilomètres plus loin, se produit un petit événement : un coyote est tranquillement installé à l’ombre, derrière le seul panneau du coin. Une véritable attraction pour les gens qui passent en voiture. Et voilà, après avoir aperçu un roadrunner il y a quelques jours, c’est au tour du coyote. La boucle est bouclée.
Nous reprenons l’ascension de la montagne juste après. Dans la montée nous croisons le seul commerce des environs, et en profitons pour acheter une glace bien fraîche pour Serge, qui la savourera tranquillement en marchant dans la montée.
Il est 14h30, et c’en est fini de cette journée de course. Nous récupérons Serge, et rallions les 70 kilomètres (au lieu des 40 initialement prévus) jusqu’à Lone Pine. La route nous permet de mesurer la beauté du paysage qui attend Maxime, Bertrand et Serge ces prochains jours : une immense et superbe chaîne de montagnes bordant le Kings Canyon. Les Etats-Unis n’ont décidément pas fini d’éblouir notre coureur et ses suiveurs.

Quelle merveilleuse traversée des Etats-Unis j’ai pu vivre depuis Atlanta. Lorsque l’on visite un pays pour la première fois, on part toujours avec tout un tas d’idées préconçues. Et dans mon cas précis, celles-ci ont été balayées. Car la gentillesse du peuple américain, c’est bien ce qui m’aura le plus marqué après deux mois et demi passés ici. La beauté des paysages ? Avant de venir j’avais pourtant bien épluché les photos des différents Etats au programme, mais pour avoir pris des clichés durant tout ce périple, je peux vous assurer qu’aucun ne pourra jamais retranscrire la beauté de ce pays. Son immensité aussi.
Je regarde en arrière et je ne peux m’empêcher de repenser à la Géorgie et ses forêts qui s’étendent à perte de vue, à la Tennessee River que j’ai trouvé superbe, à nos deux semaines passées avec les « Ouches » dans le Missouri, à notre incursion éclair dans le Kansas, à la gentillesse mais aussi la surprise des habitants du Nebraska lorsqu’ils apprenaient notre nationalité, à la tempête de neige que nous avons dû affronter au Wyoming, à cette chaîne des Rocheuses si torturée mais si puissante, à Salt Lake City et l’histoire des mormons si passionnante, à l’Ouest Américain tellement magnifique, à Grand Canyon si immense, à Las Vegas et sa folie ainsi que la Vallée de la Mort et ce sentiment de traverser un lieu tellement inhospitalier mais tellement beau.
Quel voyage ! Je ne suis pas prêt de l’oublier. C’est sur ces quelques mots que je passe donc la main au nouveau duo de suiveurs. Je suis sûr qu’ils continueront de vous faire vivre au mieux cette aventure et je ne leur souhaite que du bon jusqu’à Seattle. Pour ma part je vous retrouverai dans quelques semaines… en Alaska.
A tchao tchao !

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 31 mai: Etape 122

E120 : Dimanche 29 mai // Furnace Creek – Death Valley

E120 : Dimanche 29 mai // Furnace Creek – Death Valley

71,10Km – 11h19′

Petit détour au Zabriskie Point ce matin. Ce point de vue qui surplombe la partie ouest de la Death Valley est pas mal réputé ici. De nombreux photographes attendent le lever du soleil. La température a quelque peu baissé ce matin. Seulement 24°C. C’est qu’on en deviendrait presque exigeants… Qu’à cela ne tienne, une fois le soleil levé, le thermomètre remonte en flèche. Et à la différence d’hier, aujourd’hui nous passerons pratiquement toute la journée sous le niveau de la mer. Mais pour le moment, Serge reprend son étape à 300 mètres d’altitude. Une petite dizaine de kilomètres et notre coureur atteint Furnace Creek, la porte d’entrée de Death Valley.
Que dire de cet endroit ? Tout d’abord que c’est un rift endoréique. Vous vous souvenez ? Le Grand Lac Salé de Salt Lake City l’était lui aussi. Ce n’est donc pas étonnant de retrouver une quantité de sel importante ici. Surtout qu’avec cette chaleur, l’évaporation est chose courante. En parlant de chaleur, cet endroit détient le record de la température la plus haute jamais enregistrée. C’était en juillet 1913, et le mercure était monté à 56,7°C sous abri. Lors de cette canicule, la température avait atteint 54°C ou plus, pendant cinq jours consécutifs…
Avec les déserts d’Afrique et du Moyen-Orient, c’est l’un des endroits les plus chauds sur Terre. Et comme autre preuve, de toute l’histoire des enregistrements météorologiques, la plus basse température jamais enregistrée ici pour un mois d’août est de 17,8°C. Jamais le thermomètre n’a indiqué moins.
Durant les années 1850, de l’or et de l’argent furent découverts dans la vallée, puis extraits. C’est d’ailleurs à cette période que le nom de Death Valley est apparu, car les pionniers qui s’y aventuraient pour ramener le précieux minerai n’étaient vraiment pas certains de rentrer vivants.
D’ailleurs en parlant de mineurs, la devise de la Californie (« Eureka ! » signifiant « J’ai trouvé ! ») est totalement dédiée à leur travail et la prospérité que celui-ci à offert à cet Etat.
Peu d’espèces animales vivent ici. Quelques poissons dans les sources d’eau restantes. Plusieurs espèces de reptiles. Mais aussi des fourmis argentées, qui ont la faculté de se déplacer d’un mètre par seconde ! Cette incroyable vitesse leur permet de faire baisser leur température corporelle, et ainsi subsister.
Et s’en oublier les corbeaux, qui ne sont jamais très loin. Par forcément dans le centre de la vallée, mais aux différentes entrées, comme pour prévenir les gens du début des hostilités.
C’est aussi ici que la fameuse course de la Badwater est organisée. Sa particularité ? Des conditions climatiques dantesques, et une course dont le départ se situe sous le niveau de la mer, et l’arrivée à plus de 2000 mètres d’altitude ! Badwater est tout simplement l’endroit le plus bas des Etats-Unis. Sur l’ensemble du globe, c’est la Mer Morte et ses 414 mètres de profondeur qui l’emporte.
Serge enchaîne les gorgées de coca à chaque ravitaillement. Ayant déjà couru la Badwater en 2008, il avait conscience des terribles conditions de course qui l’attendaient. Notre coureur longe l’hôtel où nous avons séjourné hier. Ce lieu peut se vanter d’avoir le golf le plus bas de la planète. Sur les routes du tour du monde, on n’a jamais eu aussi chaud qu’aujourd’hui. Serge prend son temps, ne brusque pas son corps, marche s’il en ressent le besoin, et garde une belle régularité tout au long de la journée. Tout en maîtrise. Et pourtant le soleil tape fort, surtout sur le goudron qui est brûlant (une anecdote, encore une : Furnace Creek est aussi l’endroit où la plus forte température au sol a été enregistrée : 93,9°C en juin 1912, ce qui revient à dire que le sol était presque bouillant).
Notre route continue de remonter la Vallée de la Mort, jusqu’à ce que nous fassions pratiquement un 180° autour de la Tucki Moutain et redescendons sud-ouest. Sur notre droite nous apercevons de superbes dunes de sable. Malheureusement pour Serge, la véritable difficulté commence ici. Après avoir subi une chaleur accablante tout l’après-midi, une ascension se profile au loin. Et pas des moindres. 28 kilomètres de montée à 4 voir 5%, sans un seul moment de répit. Serge marchera tout du long, et épuisé il terminera après plus de 11h de course. Avant la fin de l’étape, Bertrand et moi partons en direction de Las Vegas pour récupérer Maxime. Sacré équipe prévue pour la journée de demain.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du lundi 30 mai : Etape 121

E119 : Samedi 28 mai // Pahrump – Furnace Creek

E119 : Samedi 28 mai // Pahrump – Furnace Creek

72,22km – 10h17′

Hier soir, faute d’hôtels disponibles, nous avons été contraint d’aller dormir… en Californie !
38 kilomètres à parcourir, mais qui nous ont quand même permis de repérer une bonne partie de l’étape d’aujourd’hui. Mais promis pas de spoil, je vous laisse découvrir cette journée au fur et à mesure de votre lecture.
Départ depuis Pahrump donc, sous un soleil déjà bien chaleureux. Serge ne lésine pas sur la crème solaire, et demande à ce qu’on lui fasse le premier ravitaillement dès le troisième kilomètre. Il redoute l’hypoglycémie ce matin. Sur un panneau à la sortie de Pahrump, on peut lire « Last pub for 47,1km » (Dernier pub avant 47,1km). On va devoir tourner à l’eau. Les temps sont durs. Il est quand même intéressant de noter que la distance est écrite en kilomètres, et non en miles. Surement le côté touristique du lieu, même si pour l’instant nous n’avons aperçu aucune caravane ou camping-car, comme c’était le cas en allant à Grand Canyon. Aussi, la Californie est un des seuls états américains à afficher ses distances en kilomètres en plus des miles. Ceci explique cela.
A la radio, Sunny Afternoon des Kinks, Road to Nowhere des Talking Heads, Here Comes the Sun des Beatles et Summertime de Janis Joplin. A en croire que nous sommes tombés sur une playlist spéciale Death Valley.
Quoique pour être précis, nous ne sommes pas encore à Death Valley, mais plutôt dans la Amargosa Valley. Pas une habitation. Personne. Seulement la route. Et lorsque la circulation s’interrompt, nous nous retrouvons dans un silence absolu. Mais pas pour très longtemps. Car le vent se lève, et pour une fois est le bienvenu. Sans lui nous aurions déjà très chaud.
Au 30ème kilomètre, nous rejoignons (déjà) le 14ème état de cette traversée. La Californie ! J’ai l’impression qu’hier nous étions encore en Utah…
La température n’en fini pas de monter. 35°C en ce début d’après-midi. Et pourtant Serge me fait remarquer que nous sommes encore à 700 mètres d’altitude. De plus le vent souffle fort aujourd’hui. Qu’en sera-t-il lorsque nous serons pour de bon dans la Death Valley ?
Les mouches se font de plus en plus oppressantes, et ce sont bien les seuls êtres vivants qui ont élu domicile ici.
En milieu d’après-midi, Monika et moi partons repérer la fameuse Badwater. L’endroit est parfait pour faire des images. Nous repartons retrouver les trois gars juste avant leur entrée dans le parc national de la Death Valley (comprendre « la vallée de la mort »…). Car oui, tout comme Bryce Canion, Grand Canyon mais aussi le Zion Park, cet endroit fait partie des 59 parcs nationaux américains. Serge n’est pas loin de terminer son étape, et malgré la chaleur endurée tout au long de la journée, il se sent motivé pour tourner quelques images avant d’aller se reposer à l’hôtel. Ni une ni deux, nous prenons la direction de la Badwater et de sa fameuse étendue de sable et de sel. L’endroit est magnifique, aussi beau que Grand Canyon à nos yeux. Mais quelle chaleur ! 42°C au thermomètre ! Personnellement je n’ai jamais connu telle chaleur. Et pourtant le vent souffle toujours fort. Monika tente d’utiliser le drone pour faire des images : tout se passe bien, mais cela provoque une certaine effervescence au sein des visiteurs. Bertrand et René gèrent la communication nationale avec les français présents, tandis que je m’occupe de l’international avec une famille russe. Tout le monde est impressionné par le défi que Serge est en train de réaliser. Nous restons faire des images jusqu’au coucher du soleil.
Demain nous reprendrons notre traversée de la Death Valley, qui est loin d’être terminée !
Et cette 120ème étape s’annonce encore bien plus chaude qu’aujourd’hui, pour preuve : à l’heure où je termine ce compte-rendu, il est 23h et il fait encore 30°C.
Bonne nuit.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du Dimanche 29 mai : Etape 120

E118: Vendredi 27 mai // Blue Diamond – Pahrump

E118: Vendredi 27 mai // Blue Diamond – Pahrump

72,43km – 10h17′

Que dire de cette journée ? Tout d’abord qu’elle a été tronquée. Tronquée car ce matin, seul Serge, René et Bertrand prennent le départ à l’heure habituelle. René en profite pour continuer sa passation de pouvoir avec Bertrand. Monika termine le montage de sa vidéo à l’hôtel, puis nous partons direction Walmart pour faire quelques courses et surtout le plein d’eau. Nous ne connaissons pas le prix de vente de celle-ci à Death Valley, alors on préfère ne prendre aucun risque. Trois packs de 24 bouteilles de 25cl, et 10 bidons de 4 litres. Avec tout ça, on va peut-être même pouvoir ouvrir une buvette en plein désert, et surclasser notre vol retour pour Paris. Car mercredi sera la journée des adieux. Ou plutôt des au revoir. René, Monika et moi rentrons en France. Mais nous serons tous les trois de retour plus tard sur la course. En attendant, nous accueillerons Maxime dès dimanche soir, qui formera avec Bertrand le nouveau duo de suiveurs.
Une fois notre escapade à Walmart terminée, nous reprenons la route. Adieu Vegas ! Et dire que je comptais sur cette ville pour parfaire ma collection de plaques d’immatriculation. Les trouvant très jolies, je m’étais mis en tête de toutes les prendre en photos pour les partager avec vous. Mais il faut croire que je m’y suis pris un peu tard. Ma collection s’arrêtera à 38 sur 50. Cela reste honorable, non ? D’autant plus qu’il y avait quelques Etats bien compliqués à avoir (Hawaï et Rhode Island entre autre…).
Mais d’ailleurs comment en sommes-nous arrivés à un pays composé de cinquante états aussi différents, et pourtant tous dirigés par un seul et même président ?
Tout d’abord il faut bien comprendre que les Etats-Unis sont une république fédérale, c’est-à-dire composée d’états fédérés, qui gèrent leur politique intérieure (l’état des personnes (mariages, divorces, décès, naissances… etc), l’éducation, la sécurité publique, la santé, la politique fiscale locale…) , mais laissent le gouvernement des Etats-Unis s’occuper des affaires extérieures (la diplomatie, la défense, l’économie…). Un Américain est à la fois citoyen des Etats-Unis, mais aussi de l’Etat dans lequel il réside.
Mais les Etats-Unis ne se sont pas formés en un seul jour, et les Etats sont rentrés au compte-gouttes dans l’Union. Le premier fut le Delaware, qui d’ailleurs porte le surnom de First State. Chaque Etat ici est à la fois affublé d’un surnom, et d’une devise. Ce qui les distingue encore plus les uns des autres. Certains surnoms coulent de source ( Sunshine State (« l’état du soleil ») pour la Floride, Peach State (« l’état de la pêche ») pour la Géorgie, The Last Frontier (« la dernière frontière ») pour l’Alaska.), mais d’autres, comme celui de l’Utah par exemple, sont moins évidents à comprendre (Beehive State « l’état de la ruche »).
Le dernier Etat à avoir rejoint l’Union est Hawaï. Evidemment les discussions ici vont bon train concernant l’arrivée d’un 51ème possible au casting. Porto Rico est un nom qui revient souvent. Car bien que faisant partie du territoire américain, cette île n’est pas un Etat à proprement parler. Un référendum y a été organisé en 2012, et pour la première fois de son histoire, les habitants de l’île ont penché en faveur du « oui » à l’adhésion. La question de la séparation entre la ville de New York et l’état du même nom revient aussi souvent sur le devant de la scène, en grande partie pour des raisons fiscales car certains New-Yorkais estiment payer trop d’impôts à l’Etat.
Le problème de la sécession est très rarement abordé. En tout cas la constitution américaine n’indique rien à ce sujet. Et pour un tas de raisons historiques mais aussi sociales (sentiments d’appartenance à une même nation), l’envie d’indépendance de la part d’une majorité au sein d’un Etat est inexistante de nos jours. Même si en Alaska et à Hawaï, des mouvements sont nés et prônent une politique en ce sens. Quoiqu’il en soit, l’idée n’a à coup sûr jamais effleuré le gouvernement des Etats-Unis, qui est convaincu que la force de son pays réside dans cette alliance de territoires possédant des origines si différentes. En atteste leurs noms, bien souvent révélateurs de l’influence des peuples les ayant conquis en premier (par exemple, les anglais avec « New York », « New Hampshire », « New Jersey », les espagnols pour « Californie », « Nevada », « Colorado », mais aussi les français et la « Louisiane »). A noter que la grande majorité des noms des Etats américains viennent de langues algonquines, siouanes, mais aussi iroquoises, propres aux indiens qui vivaient ici avant l’arrivée des européens.
Dure tâche en tout cas, que de gérer un pays où les Etats qui le composent sont si différents. Rendez-vous compte, la Californie est 70 fois plus peuplée que le Montana, et l’Alaska 9 fois plus grand que la Floride. Et l’on ne parle même pas des conditions climatiques tellement différentes selon où vous vous situez dans le pays.
Mais au niveau politique, ces différences ne se ressentent pas, car tous les Etats, peu importe leur démographie ou leur taille, sont traités de manière égale au Sénat, chacun élisant deux sénateurs pour le représenter.
C’est donc sur ces explications que je vous laisse regarder les plaques d’immatriculation que j’ai pu photographier. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour celle de l’Utah et son Rainbow Bridge. Et vous ?
Nous rejoignons le reste de l’équipe dans l’après-midi, à Pahrump. Nous apercevons par la même occasion nos premiers cactus, vous savez ceux si grand et si typiques des déserts américains. Bertrand et René ont eu bien chaud cet après-midi, mais bonne nouvelle : cela ne va pas aller en s’arrangeant. Car demain nous entamerons nos traversée de la Death Valley, et la température annoncée est de plus de 100 degrés Fahrenheit !
Bonne nuit.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du Samedi 28 mai : Etape 118

E117: Jeudi 26 mai // North Las Vegas – Blue Diamond

E117: Jeudi 26 mai // North Las Vegas – Blue Diamond

72,39km – 10h34′

C’est toujours avec un certain mélange d’appréhension et d’excitation que nous attaquons la traversée d’une grande ville. Surtout lorsqu’elle s’appelle Las Vegas !
Réveil au clairon ce matin. En effet notre hôtel est situé juste en face de la Nellis Air Force Base, dont je vous parlais avant-hier. Des avions militaires décollent en permanence, et c’est assez impressionnant.
Tous le monde petit déjeune à 6h30. Il va nous falloir des forces aujourd’hui.
L’équipe se sépare alors en deux : je m’en vais avec René ravitailler Serge vingt kilomètres en amont de Las Vegas, tandis que Monika et Bertrand partent faire des plans en centre ville. Ils se tiendront prêts pour le passage de Serge.
Il est 8h du matin, pas un nuage à l’horizon, 22°C au thermomètre et le soleil chauffe déjà mes petites gambettes de Normand. 10ème kilomètre : nous y sommes presque ! Car au loin Las Vegas se dévoile à nous, étendue de tout son long au milieu du désert. En son centre, le downtown, amoncèlement de buildings complètement démesurés, qui contraste fortement avec le reste de la ville. Sur notre droite, un stand permet de louer des buggys pour partir rouler dans le sable. Vegas a cette particularité de se fondre dans le désert au fur et à mesure que l’on s’éloigne de son centre. Comme si la ville n’était pas terminée. On dit d’ailleurs souvent de cet endroit qu’« il est toujours en construction ».
Et son taux de croissance l’atteste : depuis que la ville s’est ouverte à un public plus familial (avec des hôtels plus axés sur le divertissement, mettant de côté les le côté « vice » de cette ville), il est de 5% par an ! Et pourtant, tout est parti de rien. En 1855, alors que cet endroit n’était qu’un simple lieu-dit marécageux, notre cher Brigham Young (encore lui !) arrive avec quelques trente missionnaires dans le but de convertir les indiens locaux au mormonisme. Ils érigent un fort et s’installent ici. Mais face à des indiens pas super décidés à changer de religion, et des récoltes insuffisantes, les mormons doivent quitter les lieux deux ans plus tard. L’armée américaine investit le fort en 1864 et décide, grâce aux nombreuses sources d’eau dont jouit le terrain, d’en faire un point étape entre Los Angeles (Californie) et Albuquerque (Nouveau-Mexique). Une voie de chemin de fer y est aménagée dans la foulée, et en 1905 le village de Las Vegas est fondé.
De nos jours, en plus d’être devenue une ville, Vegas est l’une des plus grandes destinations touristiques au monde. Connu pour ses nombreux casinos et chambres d’hôtels (plus de 120 000), Las Vegas attire près de 40 millions de visiteurs par an, et produit 70% des revenus du Nevada. Rien que ça.
Mais avant de rejoindre le centre ville emblématique, il nous faut d’abord traverser le quartier nord de la ville. La pauvreté est partout dans les rues. Des gens mendient à chaque carrefour, et alors qu’au loin vous apercevez les resplendissants hôtels, ici tout est sale. Beaucoup de personnes semblent perdues. Un homme traverse en diagonale un carrefour pieds nus, alors que les feux des véhicules sont au vert. Une femme tire des caisses remplies d’objets au sol, tout en leur hurlant dessus. C’est la débauche. Mais Las Vegas n’est pas surnommée « Sin City » pour rien (comprendre « la ville du pêché »). Certaines personnes ici ont l’air d’avoir un peu trop goûté aux plaisirs de la vie.
11h, la température monte doucement mais sûrement. Il fait 27°C. Je lance une recherche McDonald’s sur le GPS, et celui-ci m’en trouve plus d’une cinquantaine dans un périmètre de 15 kilomètres. Pas mal. Serge rencontre les mêmes difficultés qu’à Salt Lake City, et perd du temps en s’arrêtant à chaque feux de circulation. Même s’il positive, en notant qu’ici ils sont « quand même moins nombreux ».
Sur l’heure du midi je croule littéralement sous la chaleur. Tous les fast-food se battent à coup d’offres imparables où un verre de soda de n’importe quelle taille est pratiquement à chaque fois vendu en dessous d’un dollar. Pratique pour se désaltérer, mais les américains ne semblent pas avoir peur d’ingurgiter autant de sucre. Alors que les avions militaires traversent le ciel dans un vacarme toujours aussi assourdissant, nous commençons de plus en plus à rentrer dans le Vegas touristique. Des palmiers, des devantures toutes plus tape à l’œil les unes que les autres, des hôtels de toutes les couleurs ! Ah, Vegas ! A noter que sur les 27 complexes hôteliers les plus grands au monde, 20 se trouvent ici. Je vous laisse imaginer la densité de ce centre-ville. Coup de chance, le ravitaillement du 35ème kilomètre tombe juste avant une partie très délicate où Serge doit courir seul, les voitures étant cloîtrées sur la chaussée, tandis que les piétons traversent les rues à l’aide d’escalators et de passerelles. On se croirait dans le futur. Nous retrouvons notre coureur plus loin en compagnie de Monika et Bertrand. Notre camerawoman enchaîne les plans aux endroits prévus. Le repérage de la veille aura été salvateur car le rythme est soutenu. Serge est satisfait de son avancée urbaine. La foule redoutée n’est pas autant au rendez-vous que prévu, et les prises de vues se font en deux temps trois mouvements. Dernière échéance : le fameux panneau indiquant l’entrée dans Las Vegas. Nous y retrouvons tous Serge, prenons quelques photos et c’est déjà fini. Ce fut court, mais extrêmement intense.
Les binômes s’alternent. René et Bertrand terminent l’étape avec Serge, tandis que Monika et moi allons réaliser quelques plans de plus. Car chaque établissement hôtelier ici possède une sorte d’attraction, visible depuis les rues de la ville. Et le Bellagio est bien connu pour son bassin, où tous les quarts d’heures des jets d’eau se mettent à danser sur une musique. Andrea Bocelli pour le coup, et le spectacle est superbe. Nous repartons checker l’hôtel derrière. Un « hôtel-casino » pour ce soir, où les machines à sous se comptent par centaines, et où un immense aquarium avec des centaines de poissons et une sirène à l’intérieur (une vraie de vraie, avec des bouteilles d’oxygène) trône dans le hall d’entrée. Là encore une belle preuve de démesure de la part de Vegas. On termine quand même par un point route : sachez que, à notre grande surprise, Serge est remonté à 1100 mètres de hauteur ce soir. Et que demain cela continuera de monter. Personnellement je n’essaie même plus de comprendre quelque chose à ces Rocheuses et leur altitude, mais tout ce que je sais, c’est que la Death Valley se rapproche à grand pas, et qu’elle se situe… sous le niveau de la mer.
Alors il va bien falloir que l’on redescende pour de bon un jour ou l’autre. Bonne nuit à tous.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du vendredi 27 mai: Etape 118

E116 : Mercredi 26 mai // Highway 93 (Borne 8) – North Las Vegas

E116 : Mercredi 26 mai // Highway 93 (Borne 8) – North Las Vegas

72,21km – 10h28′

Et allez hop, une bonne ligne droite pour commencer la journée. Vous savez, celles dont l’extrémité disparaît dans des mirages lointains. Une route sans fin pour Serge ? Pas de problème il ne rêve que de ça.
A 9h il fait déjà 25°C. Nouveauté du jour : les moucherons. Ce qui est étrange, c’est que René et Bertrand n’en ont pas eu sur la fin d’étape d’hier. Et pourtant ils sont présents en masse. Et ça vous titille les cils, ça se pose partout sur votre visage et essaie même de rentrer dans les oreilles. Au moins cela a le mérite de bien vous réveiller. Il faut bien voir le côté positif des choses… Au jeu de « celui qui en a le plus de posés sur lui », Bertrand ressort vainqueur. On peut même dire que les moucherons le considèrent maintenant comme leur reine-mère.
Les Joshua trees ont laissé place aux Yuccas, sortes de plantes possédant de longues feuilles se terminant par un pic. Leur tronc est artificiel car recouvert des feuilles les plus en-dessous, qui une fois mortes retombent et protègent ce dernier. La nature est fichtrement bien faite… Mais la détentrice de l’ensemble des œstrogènes du groupe a voté, et son verdict est irrévocable: « Ils sont moins beaux que les Joshua ».
Nous finissons par bifurquer après 35 kilomètres ininterrompus de ligne droite. Ça n’en finissait plus ! Le paysage, lui, a quand même évolué entre temps. Les montagnes qui nous bordaient à droite et à gauche se sont considérablement rapprochées, jusqu’à former une sorte de mini-canyon au niveau de notre virage. D’une manière générale, les reliefs du Nevada diffèrent beaucoup des autres aperçus jusqu’à présent. Toujours d’un brun assez clair, les montagnes sont tourmentées et souvent à pic. Pas forcément très hautes, elles sont néanmoins présentes en grand nombre. Ce qui, au risque de me répéter, donne un côté lunaire à ce magnifique paysage.
Les avions de chasse continuent de se faire entendre dans le ciel. Je finis par en apercevoir un. Et malgré sa très haute altitude de vol, il fait un sacré vacarme.
Monika et Bertrand partent aux alentours de midi vers Las Vegas, afin de repérer les lieux et les éventuelles prises de vues pour demain. Mieux vaut s’y prendre à l’avance, et être préparé au maximum afin de braver dans les meilleurs conditions l’enfer de la ville. Car oui, comme pour Salt Lake City, nous dérogerons à nos principes et traversons bien Las Vegas en son centre, du nord au sud. Ça risque de secouer.
René et moi continuons de ravitailler Serge sous ce soleil brûlant. Un bras laissé sur le bord de la fenêtre trop longtemps, et c’est le coup de soleil assuré. Alors que nous attendons notre coureur au 45ème kilomètre, celui-ci nous fait la surprise d’arriver en douce par derrière. Il a profité de cette piste parallèle à la route pour quitter le bitume. Le sable est bien tassé donc pas de soucis pour courir, et les serpents ressortent bien sur la couleur de cette surface. Du tout bon pour Serge, sauf pour le soleil qui se reflète beaucoup plus sur le sable que sur le béton. La température monte donc pour Serge, mais au moins les voitures ne lui rasent plus les fesses.
Au ravitaillement suivant, notre marin des continents est de retour. Ce surnom fut octroyé à Serge après la traversée de Paris-Tokyo et il faut dire qu’aujourd’hui il lui va comme un gant. A chaque fois que nous l’apercevons au loin, il est toujours plongé dans un épais mirage qui nous donne l’impression qu’il court sur l’eau.
J’aurais peut-être du profiter un peu plus du virage croisé au 35ème kilomètre, car une vingtaine de kilomètres plus loin nous sommes toujours coincés sur notre ligne droite.
Bertrand  et Monika reviennent de leur repérage vers 16h30. Verdict : demain s’annonce comme une journée très difficile. Mais nous y reviendrons en temps et en heure. Ni une, ni deux, c’est au tour de René de repartir avec Bertrand, direction le Walmart du coin pour faire des courses. Car après Las Vegas, c’en sera fini de la civilisation. Il est donc vital de partir bien équipés en eau et nourriture.
Après avoir fait bifurquer Serge pour la première fois de la journée, Monika et moi le récupérons sur une petite route parallèle à l’Interstate, qui porte déjà le nom de North Las Vegas Boulevard. C’est la même route que nous suivrons demain durant toute notre traversée de Las Vegas. Et même si niveau indication cette prochaine étape s’annonce facile, soyez-en certains, cette journée ne sera pas de tout repos.
Bertrand pariera-t-il les clés de la Jeep sur le rouge ou bien le noir ? Serge escaladera-t-il la grande pyramide de Khéops ? Céline Dion jettera-t-elle son dévolu sur notre René national ? Tant de questions qui restent en suspens, mais qui trouveront une réponse dès demain.
En attendant l’équipe va reprendre des forces, car elle en a bien besoin.
Bonne nuit.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du Jeudi 26 mai : Etape 117

E115: Mardi 24 mai // Highway 93 (Borne 53 – Borne 8)

E115: Mardi 24 mai // Highway 93 (Borne 53 – Borne 8)

72,18km – 10h17′

Alamo étant la seule ville des environs à proposer des installations hôtelières, nous y séjournerons une fois de plus aujourd’hui. La difficulté étant qu’après les 24 kilomètres de trajet post-étape d’hier, nous en avons 48 à parcourir ce soir. Je comprends que cela puisse paraître peu aux yeux de certains, car ça l’était à mes yeux avant que je ne sois sur la course. Mais pourtant, lorsque Serge termine son étape, c’est une sorte de course contre la montre qui s’engage. Attention, ce n’est pas non plus digne d’un rush de restauration en plein samedi soir, mais chaque jour notre coureur doit se coucher le plus tôt possible. Afin de récupérer du mieux pour le lendemain. Avant l’arrivée de notre coureur il est donc impératif de checker les chambres, d’avoir repéré un endroit où manger (qui ne soit pas trop loin de l’hôtel pour éviter des kilomètres supplémentaires) et de décharger les véhicules dans les chambres. Alors vous en conviendrez, chaque kilomètre entre le point d’arrivée et le logement du soir est important. L’avantage de notre séjour de 48h dans cet hôtel est qu’au départ ce matin nous pouvons laisser tous nos bagages dans les chambres. Ainsi nous partons bien plus légers que d’habitude.
L’étape débute, et alors qu’hier nous n’avions pas vu un seul arbre ni une seule maison de la journée, c’est tout le contraire qui se produit ce matin. Premier kilomètre et première habitation. Des champs d’herbes apparaissent, avec des centaines de bovins qui se prélassent sous le soleil matinal. Notre route à bifurqué plein sud vers Las Vegas et cela s’en ressent grandement. Le trafic par exemple est bien plus important, même en ce début de journée.
On profite de notre première station service depuis Caliente pour faire le plein d’essence, de bananes et d’eau. Le caissier me demande si je suis venu voir les aliens. Je reste interloqué pendant quelques secondes, et lui demande de répéter. D’après-lui, les montagnes avoisinantes sont réputées pour être le théâtre d’étranges expérimentations. C’est vrai qu’en regardant d’un peu plus près, le « tourisme extraterrestre » est très présent ici. Toutes sortes de goodies à l’effigie des OVNI trônent un peu partout. Je repars pensif. Mais qu’elle est donc cette lubie locale à propos des aliens ?
C’est quelques kilomètres plus loin, dans le rayon vêtements d’un supermarché que j’obtiens ma réponse : un tee-shirt arbore le slogan « What happens in area 51, stays in area 51 ». Mais oui, bien sur ! La zone 51 ! Moi qui ai toujours eu un faible pour les histoires d’extraterrestres, je n’avais même pas idée qu’elle était là, sous mes yeux ! Enfin, plutôt derrière les montagnes.
Hier je vous parlais de ces avions passant le mur du son au-dessus de nos têtes, et qui à mon avis provenaient de cette base militaire au nord de Las Vegas. La Nellis Air Force Range. Et bien il se trouve que la fameuse Area 51 se trouve à l’intérieur de cette zone. Véritable forteresse au cœur du Nevada, cet endroit est depuis bien longtemps scruté par de nombreuses personnes, qui s’imaginent les théories les plus folles. Car si l’on en croit leurs histoires, c’est ici qu’aurait été entreposé puis étudié le matériel et l’équipage retrouvé dans l’affaire Roswell en 1947. Vous savez cette étrange histoire d’une soucoupe volante qui se serait écrasée dans le Nouveau-Mexique, et qui avait donné lieu à la dissection d’un alien filmée et retransmise à la télévision. Cet endroit serait aussi un lieu de réunion et de discussion entre les hauts dirigeants des Etats-Unis et les extraterrestres. Mais même si toutes ces histoires font vibrer beaucoup de personnes, dont la mienne je dois l’admettre, les plus plausibles concernent surtout le développement d’engins militaires top secrets, comme des armes à la technologie avancée ou des instruments de contrôles météorologiques. Quoiqu’il en soit, ce qui se passe derrière ces montagnes est définitivement bien gardé. Et à en croire les gens ayant observé les allers et venues à la base, l’activité en son sein semble importante. Car l’aéroport McCarren de Las Vegas dispose en effet d’un terminal privé, permettant à bon nombre d’appareils sans aucune identification de faire quotidiennement la navette entre l’aéroport et la Nellis Air Force Range. Seuls les pilotes avec une grande expérience sont recrutés via des annonces placées dans les journaux de Las Vegas. Ils doivent ensuite subir des enquêtes du gouvernement afin de s’assurer de leur fiabilité. Toujours selon des observateurs, le nombre de personnes se rendant par jour dans cette base avoisinerait les mille individus. Une vraie fourmilière.
Au final, même s’il s’avère que cet endroit semble être essentiellement dédié au développement technologique ultra secret de l’armée américaine, toutes ces mesures de sécurité et de confidentialité n’ont pu qu’attiser les légendes pendant toutes ces années.
Surtout que lorsque les premières recherches commencèrent en 1938, à cette époque une lumière se déplaçant vite dans le ciel était forcément considérée comme quelque chose de très intriguant. Et pourtant le développement d’avions déjà très sophistiqués avait commencé en cachette.
Au niveau du 25ème kilomètre nous repassons justement devant notre motel. Monika s’arrête ici pour aujourd’hui. La luminosité, la route, et le vent qui souffle fort sont autant d’éléments qui l’encouragent plutôt à rester à monter sa nouvelle vidéo dans sa chambre. Je continue les ravitaillements avec Bertrand pendant une dizaine de kilomètres. Le temps de voir Serge trouver une plaque d’immatriculation du Nevada sur le bord de la route. Et une de plus pour notre collection !
En début d’après-midi je laisse ma place à René, qui s’en ira finir la journée avec l’élève Plaquevent. A leur retour, ils me raconteront une fin d’étape très très calme, dans un paysage redevenu complètement vide, où ils auront pu discuter comme jamais et se remémorer de vieux souvenirs de soldats. Quadragénaires ou moins, s’abstenir.
Serge, malgré un vent de face pendant toute l’étape, rentre au motel de très bonne humeur, nous chantant même une chanson qu’il s’est inventé sur la route… On connaissait le Serge cinéaste, mais alors chanteur…
Après avoir déjeuné dehors ce matin, nous avons le plaisir de remettre ça pour le repas du soir. Quel plaisir de terminer sa journée tous ensemble sous un joli soleil couchant.
L’élève Trzcinska a bien travaillé cet après-midi, et vous offre une deuxième vidéo en deux jours. Alors, contents ?
Nous vous laissons sur ces belles images, car demain n’attend pas, et étant donné la petite cinquantaine de kilomètres nous séparant du point de départ, nous partirons plus tôt qu’à l’accoutumée.
Bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mercredi 25 mai: Etape 116

 

E114: Lundi 23 mai // Caliente – Highway 93 (Borne 53)

E114: Lundi 23 mai // Caliente – Highway 93 (Borne 53)

72,45km – 10h10′

Aujourd’hui s’annonce comme une étape caliente, et comme un symbole nous traversons la ville éponyme dès le 5ème kilomètre. Plusieurs motels, deux restaurants, quelques habitations et une gare ferroviaire de l’Union Pacific. Le tout perdu au milieu d’un canyon. A n’en pas douter, un filon d’argent à été découvert ici. Car l’état du Nevada, surnommé le « Silver State », fut le théâtre de nombreuses découvertes de gisements d’argent. C’est en 1859, dans l’est du Nevada que fut découvert le Comstock Lode, le plus gros gisement d’argent-métal au monde (après celui de Potosí en Bolivie, ville perchée à plus de 4000 mètres d’altitude au pied du Cerro Rico, véritable montagne faite de minerai d’argent).
Cette découverte à Virginia City provoqua une véritable « ruée vers l’argent », après celle vers l’or en Californie, en 1848.
De l’or, de l’argent, du charbon, du gaz de schiste … Mais que manque-t-il aux Etats-Unis ?
Après avoir dépassé Caliente, Serge remonte le canyon et commence à tutoyer les sommets des alentours. Quelques rapaces survolent les environs, et beaucoup de lézards se carapatent dans la végétation à l’arrivée de notre coureur. Le sommet culmine à 1887m. Allez promis, c’est le dernier avant de partir vers Las Vegas. Enfin je crois.
Mais alors que Serge redescend sur l’autre versant, la végétation varie brusquement. Les bosquets s’espacent de plus en plus, et laissent place à une véritable forêt de joshua trees.
Vous savez, ce sont ces arbres si particuliers au grand ouest américain. On ne peut les trouver que dans les états de la Californie, de l’Arizona, de l’Utah et du Nevada.
Constitués d’une ramification de plusieurs troncs, avec à leurs extrémités des sortes de feuilles longues et piquantes, ces arbres peuvent vivre jusqu’à 200 ans. Leur fleuraison, réputée pour être un superbe spectacle, a lieu de fin février à fin avril. On n’est pas passé loin.
Les mormons les ont nommés ainsi car la forme de cet arbre leur rappelaient Josué (à savoir Jesus) montrant, bras tendu, la terre promise. Un parc national leur est dédié en Californie, où l’on peut y observer un spécimen de 13 mètres de hauteur.
En attendant, les nôtres ne sont pas aussi grands, mais s’étendent sur une grande superficie. Au loin on peut apercevoir le Dry Lake, vestige d’un ancien lac ayant maintenant laissé place à un petit désert de sable. Le paysage est lunaire. D’un silence absolu. Tout le monde profite pleinement. Monika propose à Serge de faire quelques plans. Malheureusement il se blesse durant l’un d’eux, en se frottant d’un peu trop près à un joshua. Un peu d’alcool sur un coton, et c’est réglé. Serge peut repartir. Il commence à faire bien chaud. Heureusement un vent léger rend ce soleil supportable. Dans les voitures par contre, sans climatisation c’est légèrement plus compliqué.
Un bruit lourd et violent éclate dans le ciel. Ce n’est pas le premier de la matinée. Et pourtant pas de nuages noirs à l’horizon. Serge est persuadé que ce sont des avions qui franchissent le mur du son. Et en regardant mieux notre carte du Nevada, il existe en effet une base militaire de l’US Air Force au nord-est de Las Vegas. Et nous la longerons durant la journée de demain.
L’après-midi se poursuit dans ces superbes paysages. Les montagnes sont en vérité encore plus loin que nous l’imaginions, et l’on a l’impression que nous n’allons jamais sortir de cet endroit. C’est bien simple, depuis Caliente nous avons traversé 65 kilomètre de paysages vides. Beaux, mais déserts. Absolument personne. Pas une maison.
Néanmoins, malgré le peu de vie ici, il est intéressant de noter que la highway patrol est bien présente. Lors de notre première rencontre elle nous demande si tout va bien, puis nous la recroiserons plusieurs fois dans la journée.
La patrouille d’éclaireurs Monika et René partent devant en milieu d’après-midi.
Leur mission : checker l’hôtel et s’assurer que tout soit prêt lorsque Serge va terminer son étape.
Pendant ce temps Bertrand et moi ravitaillons Serge sur ses derniers kilomètres. Je laisse l’élève Plaquevent s’approprier les menus de ravitaillements, et même légèrement innover. A ses risques et périls.
Au final aujourd’hui aura été une journée plutôt sereine, riche en images filmées, et où Serge aura pu courir sereinement tout du long. Le quatuor a aussi profité de ce calme ambiant pour peaufiner son organisation, et commencer à huiler ses rouages.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 24 mai: Etape 115

E113: Dimanche 22 mai // Enterprise – Caliente

E113: Dimanche 22 mai // Enterprise – Caliente

72,59km – 10h28′

Aujourd’hui nous continuons notre progression à travers la Dixie National Forest. Dès le premier kilomètre nous entrons sur une piste. De plutôt bonne facture cela dit. Et l’avantage des pistes, c’est que bien souvent nous sommes seuls au monde.
Ces grandes étendues de bosquets sont idéales pour faire des plans avec le drone. Et sans être dérangés, s’il vous plait. Car ici ce sont bien les oiseaux qui font la loi. On aperçoit un faucon qui chasse les lapins de bon matin, tandis que deux petits oiseaux s’en prennent avec ténacité à un corbeau bien plus grand qu’eux, venu fouiner d’un peu trop près dans leur nid.
Serge nous refait une légère hypoglycémie ce matin, et avale un peu de coca vers le deuxième kilomètre. Rien de bien méchant.
Rarement depuis le début de cette course nous n’avions eu autant de monde au départ d’une étape. Serge n’a pas l’air au mieux aujourd’hui, et je suis persuadé que cette équipe agrandie y est pour quelque chose. Il est certes très heureux d’avoir son fils Nicolas avec lui pour le week-end, et de maintenant compter Bertrand et Monika parmi nous, mais je le sens dérangé par cette nouvelle organisation. Et je le comprends, c’est vrai que les journées ne sont plus les mêmes. Déjà, l’activité est beaucoup plus dense autour de lui. Lorsque l’on passe de trois à six personnes, cela augmente les déplacements, les discussions et les besoins de tout le monde, et à mon avis provoque même une légère frustration chez Serge de ne pas faire partie de se nouvel élan de groupe. Car notre coureur ne peut profiter de tout cela que pendant quelques dizaines de secondes, tous les 5 kilomètres. Néanmoins je ne perçois pas cela comme quelque chose de péjoratif, ou bien de rédhibitoire, mais plutôt comme un changement auquel Serge doit s’habituer. Mais c’est aussi valable pour Bertrand et Monika, qui doivent prendre leurs marques et s’adapter au rythme des journées, tandis que René et moi devons apprendre à gérer notre étape en fonction de ces nouveaux arrivants, de leur déléguer des tâches, mais sans pour autant imaginer qu’ils savent déjà tout faire et ont les mêmes réflexes que ceux que nous avons acquis après plus de deux mois passés ici. C’est une situation assez particulière, où chacun doit y mettre du sien pour la rendre la plus facile possible, sans pour autant trop se laisser emporter par la satisfaction d’être tous ensemble et de penser que cela va se faire tout seul.
Et voilà, alors que je divague dans mes pensées, nous quittons déjà l’Utah. Pour le moment c’est l’endroit qui m’a le plus impressionné. Et de loin. Déjà car ce fut une véritable découverte, mais aussi car avant de partir je n’aurais jamais misé un kopek sur la beauté de cet endroit. Mais force est de constater que les mormons ont bien choisi leur endroit pour s’installer.
Peu après le 35ème kilomètre et son maintenant célèbre ravito « banane / choco », nous quittons enfin notre piste pour la highway 319. Niveau bas-côtés, Serge passe du tout au rien. D’une piste absolument déserte (2 voitures et 1 moto croisées durant ces 6 premières heures de course) à un rebord inexistant, c’est le grand écart. Néanmoins la circulation est toujours aussi faible. Par contre niveau paysage, on y gagne. La vue sur le Nevada est imprenable, et l’on aperçoit différentes montagnes à une bonne vingtaine de kilomètres au loin. Le drone est bien rentabilisé aujourd’hui.
Nous entamons donc la traversée de notre 13ème état américain : le Nevada ! Le panneau censé marquer la frontière avec l’Utah a quelque peu traversé les âges. Celui-ci est criblé de balles, et l’on peut à peine y lire « Nevada – Utah. State Line ». Et le ton est tout de suite donné : dès la première station essence où je m’arrête acheter de l’eau, se trouvent cinq machines à sous alignées le long de la vitrine. Et oui le Nevada est bien connu pour sa législation assez unique sur les jeux d’argent, et notamment les machines à sous, et ce premier exemple en est une bonne preuve.
En direction de Panaca, alors que nous sommes lancés à pleine vitesse, un roadrunner traverse la route quelques centimètres devant notre voiture. Bertrand en aperçoit deux autres quelques instants plus tard. Nouvel aparté sur les roadrunner qui décidément me fascinent : ces petits oiseaux coureurs raffolent des routes et autres étendues bien planes, où ils peuvent s’élancer et courir à pleine vitesse. Ils évitent en général au maximum la végétation dense, car celle-ci n’est pas propice à la course, mais aussi parce qu’il y trouvent leur plus grand prédateur : le crotale, qui les attend bien sagement entre les bosquets.
Nous rejoignons Panaca au 55ème kilomètre. C’est le moment de dire au revoir à Nicolas, qui doit retourner à Chicago. Un dernier ravitaillement pour Serge, et puis s’en va. Sa visite aura été un vrai plaisir, et on espère le revoir bientôt sur la course.
Une fois Panaca dépassé, nous avons deux options possibles : partir sur la gauche et rejoindre Caliente, ou alors sur la droite en direction d’Ely.
Ely n’est pas une ville, mais bien une prison. Et c’est ici que les condamnés à mort du Nevada sont envoyés, le temps de recevoir leur sentence. Cet endroit est assez connu car situé en plein désert, rendant les conditions de vie des détenus extrêmement difficiles l’été, avec des chaleurs au-delà du supportable.
Nous choisissons donc de continuer vers la gauche et Caliente, qui malgré son nom, nous apparaît comme une destination bien plus accueillante.
René retrouve un sachet de soupe au fin fond de la boîte à ravitaillement. Il semblerait que ce soit le seul à avoir survécu au « Massacre de Royco », triste événement survenu à la Tour de Belem de Lisbonne en mars 2016.
La journée se termine dans de superbes gorges aux abords de Caliente. Et comme nous avons changé d’heure en passant au Nevada, Serge arrive à l’hôtel à 17h. Une heure après nous sommes déjà à table, et profitons pleinement d’avoir fini la journée si tôt.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du lundi 23 mai 2016: Etape 114