E105: Samedi 14 mai // Spry – Alton

E105: Samedi 14 mai // Spry – Alton

72,33km – 10h184

Preuve que nous nous situons en ce moment-même dans des coins assez reculés : pas d’internet jeudi soir, et hier une connexion très très limitée. Et la meilleure solution lorsque l’on recherche du wifi gratuit, c’est bien souvent le McDonald’s. Sauf que le plus proche est à 100 kilomètres. Là encore une preuve de la pampa dans laquelle nous nous trouvons. Pas un McDonald’s à moins de 100 km à la ronde ! Du jamais vu depuis notre arrivée aux Etats-Unis ! Du coup pas le choix, ce matin je reste au motel histoire de charger toutes les photos, vidéos et compte-rendus de ces deux derniers jours.
Et alors que je suis en train d’uploader tout ça à la réception, se trouve devant moi une pancarte cartonnée à taille humaine de John Wayne. Depuis que nous sommes dans le sud de l’Utah, ce n’est pas la première fois que j’aperçois ce bon vieux John (Georges Abitbol pour les intimes). Et pour cause, le gérant de l’hôtel m’explique que la grande majorité de ses films ont été tournés dans les environs.
Le parcours de la matinée de Serge, mais aussi de Philippe, passe au vingtième kilomètre juste devant notre motel. Cela tombe plutôt bien avec mes histoires de wifi capricieux, et René, après avoir assuré les premiers ravitaillements, passe donc m’y récupérer vers 10h. Le site et les réseaux sociaux mis à jour, je peux m’en aller l’esprit léger. D’autant qu’aujourd’hui, René et moi avons reçu une permission pour l’après-midi. Une permission pour bonne conduite. Enfin je crois.
Car c’est très exactement au 30ème kilomètres de l’étape, sur la gauche, qu’une route bifurque en direction de Bryce Canyon, l’un des plus célèbres parcs nationaux des Etats-Unis. Laure se propose de ravitailler nos deux coureurs jusqu’à la fin de la journée tandis que René et moi partons en prendre plein les mirettes.
Du coup je profite de cette excursion pour vous parler de cet endroit.
Autrefois habité par des peuplades précolombiennes, puis par des Améridiens, les explorateurs européens ne découvrirent ce lieu qu’à la fin de 18ème siècle. Un siècle plus tard, les premiers à véritablement s’y installer furent les mormons (qui trustent décidément tous mes compte-rendu). C’est suite au travail effectué dans la région par le charpentier Ebenezer Bryce que l’endroit fut nommé Bryce Canyon, bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’un canyon, mais plutôt d’un ensemble d’amphithéâtres naturels.
Le parc en lui-même, d’une superficie de 145km2, fut créé en 1928. Celui-ci est mondialement célèbre pour ses grandes colonnes naturelles de roches colorées, plus communément appelées des hoodoo (possédant une forme très particulière, avec une base plus fine que son sommet, à cause de roches résistantes à l’érosion reposant sur des roches plus friables).
René et moi nous acquittons du droit d’entrée de 30$ par véhicule. En effet tous les parcs nationaux aux Etats-Unis sont payants, et une fois à l’intérieur visitables en voiture, en vélo, à cheval, en quad ou même à pied.
La visite, qui s’étend sur plus de 20 miles, a lieu tout le long d’une crête où sont disposés de nombreux points d’observation. La Dixon National Forest avec qui nous partageons notre route depuis maintenant plusieurs jours est fidèle au rendez-vous, et recouvre une grande partie des lieux avec des milliers de pins. Par certains endroits elle semble avoir été victime d’importants incendies.
L’ensemble du parc est situé à plus de 2000 mètres d’altitude, et son point culminant se trouve au bout de la crête, à 2778 mètres de hauteur. Autant vous dire que la vue depuis cet endroit est imprenable, et l’horizon s’y étend sur des dizaines de kilomètres.
Déjà beaucoup de personnes arpentent le parc en ce début de saison, mais heureusement les différents visiteurs alternent rapidement les points de vue et ce n’est jamais la cohue. On recense quand même plus d’un million de visiteurs par an dans ce parc. Par comparaison les parcs les plus visités des Etats-Unis sont le parc de Grand Canyon, avec chaque année plus de 4 millions de personnes, et celui des Great Smoky Moutains qui détient le record avec 9 millions de visiteurs par an.
René et moi retrouvons l’équipe vers 16h, tous les deux heureux de cette visite que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Laure a tranquillement géré les ravitaillements de ce midi et cet après-midi, et embarque René à l’hôtel tandis que je termine les derniers quelques kilomètres restants. Le paysage de cette fin d’étape reste très forestier, et pour cause nous continuons toujours notre route à travers la Dixon National Forest. Je ne pensais pas que nous verrions encore autant d’arbres à l’approche de l’Arizona. Car oui, demain est un autre grand jour sur les routes du tour du monde, puisque nous rallierons notre douzième état.
En attendant je me fais le porte-parole de ceux qui ont vécu la journée de course un peu plus intensément que moi : Serge et Philippe ont dû affronter un vent de face pendant plus des deux tiers de l’étape, et malgré une petite phase d’hypoglycémie pour Serge ce matin tout le monde va bien. Ce soir nous logeons à Duck Creek, dans une cabin wood, sorte de petit chalet de montagne perdu au beau milieu de la forêt.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du dimanche 15 mai: Etape 106