E121: Lundi 30 mai // Death Valley – Panamint Springs

E121: Lundi 30 mai // Death Valley – Panamint Springs

40,05km – 6h54′

Début de semaine pas comme les autres sur les routes du tour du monde. Hier soir Bertrand et moi sommes partis récupérer Maxime à Las Vegas. Un aller-retour long de 6h, qui nous a fait arriver tard dans la nuit. Ce matin réveil un peu difficile donc, mais nous poursuivons notre traversée de la Death Valley avec un nouveau moussaillon à bord : Maxime.
Maxime est déjà venu sur la partie Espagne / Portugal en février de cette année, et formera donc le nouveau duo d’accompagnateurs avec Bertrand, jusqu’à Seattle. Et croyez-moi, la relève est assurée.
Ce matin, tel un examinateur de passage de permis, c’est René qui prend place à l’arrière de la nouvelle voiture suiveuse. Le but : répondre aux questions de Maxime et Bertrand et les laisser s’approprier l’organisation générale de la partie « ravitaillement » de leur véhicule (contenance des caisses, emplacement des ustensiles, ordre des ravitaillements, etc). Même si Bertrand et Maxime ne sont en aucun cas novices, une petite journée en compagnie du professeur René ne fait pas de mal.
Car les produits alimentaires étant différents selon les pays, chaque traversée à son lot de nouveautés. Il existe quand même des classiques auquel on ne touche pas, tel le combo yaourt / muesli, mais il faut en général s’adapter aux produits que l’on trouve sur place. Ainsi qu’au climat. Ces derniers jours, vous imaginez bien que les nouilles chaudes généralement servies à 14h sont passées à la trappe.
Serge est encore bien cassé d’hier. Il continue l’ascension de cette longue côte pendant les dix premiers kilomètres. Le début d’étape se résume à une longue marche sous un soleil de plus en plus brûlant. Seul aspect positif : nous reprenons de l’altitude et l’air est bien plus respirable une fois arrivés au sommet. C’est dans ces moments là que je pense à Cheyenne, et à cette demi-journée de course interrompue par la neige. Sans neige, nous aurions 30 kilomètres d’avance sur notre parcours, et Serge aurait dû affronter l’intégralité de cette côte en tout début d’après-midi hier, sous une chaleur accablante. Le hasard fait parfois bien les choses.
Et il y a certaines choses qui ne changent pas : après la montée viens la… descente !
Et quelle descente ! Nous apercevons la route qui part tout du long de la montagne, traverse une zone complètement plate et désertique en contrebas, puis remonte de nouveau dans les reliefs. Serge profite du troisième ravitaillement pour nous annoncer qu’il ne finira pas son étape aujourd’hui. La journée d’hier a laissé des traces, et il n’a pas réussi à évacuer la chaleur durant la nuit. Il décide de courir encore 25 kilomètres jusqu’à 14h30, puis nous retournerons à l’hôtel.
Quelques kilomètres plus loin, se produit un petit événement : un coyote est tranquillement installé à l’ombre, derrière le seul panneau du coin. Une véritable attraction pour les gens qui passent en voiture. Et voilà, après avoir aperçu un roadrunner il y a quelques jours, c’est au tour du coyote. La boucle est bouclée.
Nous reprenons l’ascension de la montagne juste après. Dans la montée nous croisons le seul commerce des environs, et en profitons pour acheter une glace bien fraîche pour Serge, qui la savourera tranquillement en marchant dans la montée.
Il est 14h30, et c’en est fini de cette journée de course. Nous récupérons Serge, et rallions les 70 kilomètres (au lieu des 40 initialement prévus) jusqu’à Lone Pine. La route nous permet de mesurer la beauté du paysage qui attend Maxime, Bertrand et Serge ces prochains jours : une immense et superbe chaîne de montagnes bordant le Kings Canyon. Les Etats-Unis n’ont décidément pas fini d’éblouir notre coureur et ses suiveurs.

Quelle merveilleuse traversée des Etats-Unis j’ai pu vivre depuis Atlanta. Lorsque l’on visite un pays pour la première fois, on part toujours avec tout un tas d’idées préconçues. Et dans mon cas précis, celles-ci ont été balayées. Car la gentillesse du peuple américain, c’est bien ce qui m’aura le plus marqué après deux mois et demi passés ici. La beauté des paysages ? Avant de venir j’avais pourtant bien épluché les photos des différents Etats au programme, mais pour avoir pris des clichés durant tout ce périple, je peux vous assurer qu’aucun ne pourra jamais retranscrire la beauté de ce pays. Son immensité aussi.
Je regarde en arrière et je ne peux m’empêcher de repenser à la Géorgie et ses forêts qui s’étendent à perte de vue, à la Tennessee River que j’ai trouvé superbe, à nos deux semaines passées avec les « Ouches » dans le Missouri, à notre incursion éclair dans le Kansas, à la gentillesse mais aussi la surprise des habitants du Nebraska lorsqu’ils apprenaient notre nationalité, à la tempête de neige que nous avons dû affronter au Wyoming, à cette chaîne des Rocheuses si torturée mais si puissante, à Salt Lake City et l’histoire des mormons si passionnante, à l’Ouest Américain tellement magnifique, à Grand Canyon si immense, à Las Vegas et sa folie ainsi que la Vallée de la Mort et ce sentiment de traverser un lieu tellement inhospitalier mais tellement beau.
Quel voyage ! Je ne suis pas prêt de l’oublier. C’est sur ces quelques mots que je passe donc la main au nouveau duo de suiveurs. Je suis sûr qu’ils continueront de vous faire vivre au mieux cette aventure et je ne leur souhaite que du bon jusqu’à Seattle. Pour ma part je vous retrouverai dans quelques semaines… en Alaska.
A tchao tchao !

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 31 mai: Etape 122