E118: Vendredi 27 mai // Blue Diamond – Pahrump

E118: Vendredi 27 mai // Blue Diamond – Pahrump

72,43km – 10h17′

Que dire de cette journée ? Tout d’abord qu’elle a été tronquée. Tronquée car ce matin, seul Serge, René et Bertrand prennent le départ à l’heure habituelle. René en profite pour continuer sa passation de pouvoir avec Bertrand. Monika termine le montage de sa vidéo à l’hôtel, puis nous partons direction Walmart pour faire quelques courses et surtout le plein d’eau. Nous ne connaissons pas le prix de vente de celle-ci à Death Valley, alors on préfère ne prendre aucun risque. Trois packs de 24 bouteilles de 25cl, et 10 bidons de 4 litres. Avec tout ça, on va peut-être même pouvoir ouvrir une buvette en plein désert, et surclasser notre vol retour pour Paris. Car mercredi sera la journée des adieux. Ou plutôt des au revoir. René, Monika et moi rentrons en France. Mais nous serons tous les trois de retour plus tard sur la course. En attendant, nous accueillerons Maxime dès dimanche soir, qui formera avec Bertrand le nouveau duo de suiveurs.
Une fois notre escapade à Walmart terminée, nous reprenons la route. Adieu Vegas ! Et dire que je comptais sur cette ville pour parfaire ma collection de plaques d’immatriculation. Les trouvant très jolies, je m’étais mis en tête de toutes les prendre en photos pour les partager avec vous. Mais il faut croire que je m’y suis pris un peu tard. Ma collection s’arrêtera à 38 sur 50. Cela reste honorable, non ? D’autant plus qu’il y avait quelques Etats bien compliqués à avoir (Hawaï et Rhode Island entre autre…).
Mais d’ailleurs comment en sommes-nous arrivés à un pays composé de cinquante états aussi différents, et pourtant tous dirigés par un seul et même président ?
Tout d’abord il faut bien comprendre que les Etats-Unis sont une république fédérale, c’est-à-dire composée d’états fédérés, qui gèrent leur politique intérieure (l’état des personnes (mariages, divorces, décès, naissances… etc), l’éducation, la sécurité publique, la santé, la politique fiscale locale…) , mais laissent le gouvernement des Etats-Unis s’occuper des affaires extérieures (la diplomatie, la défense, l’économie…). Un Américain est à la fois citoyen des Etats-Unis, mais aussi de l’Etat dans lequel il réside.
Mais les Etats-Unis ne se sont pas formés en un seul jour, et les Etats sont rentrés au compte-gouttes dans l’Union. Le premier fut le Delaware, qui d’ailleurs porte le surnom de First State. Chaque Etat ici est à la fois affublé d’un surnom, et d’une devise. Ce qui les distingue encore plus les uns des autres. Certains surnoms coulent de source ( Sunshine State (« l’état du soleil ») pour la Floride, Peach State (« l’état de la pêche ») pour la Géorgie, The Last Frontier (« la dernière frontière ») pour l’Alaska.), mais d’autres, comme celui de l’Utah par exemple, sont moins évidents à comprendre (Beehive State « l’état de la ruche »).
Le dernier Etat à avoir rejoint l’Union est Hawaï. Evidemment les discussions ici vont bon train concernant l’arrivée d’un 51ème possible au casting. Porto Rico est un nom qui revient souvent. Car bien que faisant partie du territoire américain, cette île n’est pas un Etat à proprement parler. Un référendum y a été organisé en 2012, et pour la première fois de son histoire, les habitants de l’île ont penché en faveur du « oui » à l’adhésion. La question de la séparation entre la ville de New York et l’état du même nom revient aussi souvent sur le devant de la scène, en grande partie pour des raisons fiscales car certains New-Yorkais estiment payer trop d’impôts à l’Etat.
Le problème de la sécession est très rarement abordé. En tout cas la constitution américaine n’indique rien à ce sujet. Et pour un tas de raisons historiques mais aussi sociales (sentiments d’appartenance à une même nation), l’envie d’indépendance de la part d’une majorité au sein d’un Etat est inexistante de nos jours. Même si en Alaska et à Hawaï, des mouvements sont nés et prônent une politique en ce sens. Quoiqu’il en soit, l’idée n’a à coup sûr jamais effleuré le gouvernement des Etats-Unis, qui est convaincu que la force de son pays réside dans cette alliance de territoires possédant des origines si différentes. En atteste leurs noms, bien souvent révélateurs de l’influence des peuples les ayant conquis en premier (par exemple, les anglais avec « New York », « New Hampshire », « New Jersey », les espagnols pour « Californie », « Nevada », « Colorado », mais aussi les français et la « Louisiane »). A noter que la grande majorité des noms des Etats américains viennent de langues algonquines, siouanes, mais aussi iroquoises, propres aux indiens qui vivaient ici avant l’arrivée des européens.
Dure tâche en tout cas, que de gérer un pays où les Etats qui le composent sont si différents. Rendez-vous compte, la Californie est 70 fois plus peuplée que le Montana, et l’Alaska 9 fois plus grand que la Floride. Et l’on ne parle même pas des conditions climatiques tellement différentes selon où vous vous situez dans le pays.
Mais au niveau politique, ces différences ne se ressentent pas, car tous les Etats, peu importe leur démographie ou leur taille, sont traités de manière égale au Sénat, chacun élisant deux sénateurs pour le représenter.
C’est donc sur ces explications que je vous laisse regarder les plaques d’immatriculation que j’ai pu photographier. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour celle de l’Utah et son Rainbow Bridge. Et vous ?
Nous rejoignons le reste de l’équipe dans l’après-midi, à Pahrump. Nous apercevons par la même occasion nos premiers cactus, vous savez ceux si grand et si typiques des déserts américains. Bertrand et René ont eu bien chaud cet après-midi, mais bonne nouvelle : cela ne va pas aller en s’arrangeant. Car demain nous entamerons nos traversée de la Death Valley, et la température annoncée est de plus de 100 degrés Fahrenheit !
Bonne nuit.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du Samedi 28 mai : Etape 118