E114: Lundi 23 mai // Caliente – Highway 93 (Borne 53)

E114: Lundi 23 mai // Caliente – Highway 93 (Borne 53)

72,45km – 10h10′

Aujourd’hui s’annonce comme une étape caliente, et comme un symbole nous traversons la ville éponyme dès le 5ème kilomètre. Plusieurs motels, deux restaurants, quelques habitations et une gare ferroviaire de l’Union Pacific. Le tout perdu au milieu d’un canyon. A n’en pas douter, un filon d’argent à été découvert ici. Car l’état du Nevada, surnommé le « Silver State », fut le théâtre de nombreuses découvertes de gisements d’argent. C’est en 1859, dans l’est du Nevada que fut découvert le Comstock Lode, le plus gros gisement d’argent-métal au monde (après celui de Potosí en Bolivie, ville perchée à plus de 4000 mètres d’altitude au pied du Cerro Rico, véritable montagne faite de minerai d’argent).
Cette découverte à Virginia City provoqua une véritable « ruée vers l’argent », après celle vers l’or en Californie, en 1848.
De l’or, de l’argent, du charbon, du gaz de schiste … Mais que manque-t-il aux Etats-Unis ?
Après avoir dépassé Caliente, Serge remonte le canyon et commence à tutoyer les sommets des alentours. Quelques rapaces survolent les environs, et beaucoup de lézards se carapatent dans la végétation à l’arrivée de notre coureur. Le sommet culmine à 1887m. Allez promis, c’est le dernier avant de partir vers Las Vegas. Enfin je crois.
Mais alors que Serge redescend sur l’autre versant, la végétation varie brusquement. Les bosquets s’espacent de plus en plus, et laissent place à une véritable forêt de joshua trees.
Vous savez, ce sont ces arbres si particuliers au grand ouest américain. On ne peut les trouver que dans les états de la Californie, de l’Arizona, de l’Utah et du Nevada.
Constitués d’une ramification de plusieurs troncs, avec à leurs extrémités des sortes de feuilles longues et piquantes, ces arbres peuvent vivre jusqu’à 200 ans. Leur fleuraison, réputée pour être un superbe spectacle, a lieu de fin février à fin avril. On n’est pas passé loin.
Les mormons les ont nommés ainsi car la forme de cet arbre leur rappelaient Josué (à savoir Jesus) montrant, bras tendu, la terre promise. Un parc national leur est dédié en Californie, où l’on peut y observer un spécimen de 13 mètres de hauteur.
En attendant, les nôtres ne sont pas aussi grands, mais s’étendent sur une grande superficie. Au loin on peut apercevoir le Dry Lake, vestige d’un ancien lac ayant maintenant laissé place à un petit désert de sable. Le paysage est lunaire. D’un silence absolu. Tout le monde profite pleinement. Monika propose à Serge de faire quelques plans. Malheureusement il se blesse durant l’un d’eux, en se frottant d’un peu trop près à un joshua. Un peu d’alcool sur un coton, et c’est réglé. Serge peut repartir. Il commence à faire bien chaud. Heureusement un vent léger rend ce soleil supportable. Dans les voitures par contre, sans climatisation c’est légèrement plus compliqué.
Un bruit lourd et violent éclate dans le ciel. Ce n’est pas le premier de la matinée. Et pourtant pas de nuages noirs à l’horizon. Serge est persuadé que ce sont des avions qui franchissent le mur du son. Et en regardant mieux notre carte du Nevada, il existe en effet une base militaire de l’US Air Force au nord-est de Las Vegas. Et nous la longerons durant la journée de demain.
L’après-midi se poursuit dans ces superbes paysages. Les montagnes sont en vérité encore plus loin que nous l’imaginions, et l’on a l’impression que nous n’allons jamais sortir de cet endroit. C’est bien simple, depuis Caliente nous avons traversé 65 kilomètre de paysages vides. Beaux, mais déserts. Absolument personne. Pas une maison.
Néanmoins, malgré le peu de vie ici, il est intéressant de noter que la highway patrol est bien présente. Lors de notre première rencontre elle nous demande si tout va bien, puis nous la recroiserons plusieurs fois dans la journée.
La patrouille d’éclaireurs Monika et René partent devant en milieu d’après-midi.
Leur mission : checker l’hôtel et s’assurer que tout soit prêt lorsque Serge va terminer son étape.
Pendant ce temps Bertrand et moi ravitaillons Serge sur ses derniers kilomètres. Je laisse l’élève Plaquevent s’approprier les menus de ravitaillements, et même légèrement innover. A ses risques et périls.
Au final aujourd’hui aura été une journée plutôt sereine, riche en images filmées, et où Serge aura pu courir sereinement tout du long. Le quatuor a aussi profité de ce calme ambiant pour peaufiner son organisation, et commencer à huiler ses rouages.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 24 mai: Etape 115