E120 : Dimanche 29 mai // Furnace Creek – Death Valley

E120 : Dimanche 29 mai // Furnace Creek – Death Valley

71,10Km – 11h19′

Petit détour au Zabriskie Point ce matin. Ce point de vue qui surplombe la partie ouest de la Death Valley est pas mal réputé ici. De nombreux photographes attendent le lever du soleil. La température a quelque peu baissé ce matin. Seulement 24°C. C’est qu’on en deviendrait presque exigeants… Qu’à cela ne tienne, une fois le soleil levé, le thermomètre remonte en flèche. Et à la différence d’hier, aujourd’hui nous passerons pratiquement toute la journée sous le niveau de la mer. Mais pour le moment, Serge reprend son étape à 300 mètres d’altitude. Une petite dizaine de kilomètres et notre coureur atteint Furnace Creek, la porte d’entrée de Death Valley.
Que dire de cet endroit ? Tout d’abord que c’est un rift endoréique. Vous vous souvenez ? Le Grand Lac Salé de Salt Lake City l’était lui aussi. Ce n’est donc pas étonnant de retrouver une quantité de sel importante ici. Surtout qu’avec cette chaleur, l’évaporation est chose courante. En parlant de chaleur, cet endroit détient le record de la température la plus haute jamais enregistrée. C’était en juillet 1913, et le mercure était monté à 56,7°C sous abri. Lors de cette canicule, la température avait atteint 54°C ou plus, pendant cinq jours consécutifs…
Avec les déserts d’Afrique et du Moyen-Orient, c’est l’un des endroits les plus chauds sur Terre. Et comme autre preuve, de toute l’histoire des enregistrements météorologiques, la plus basse température jamais enregistrée ici pour un mois d’août est de 17,8°C. Jamais le thermomètre n’a indiqué moins.
Durant les années 1850, de l’or et de l’argent furent découverts dans la vallée, puis extraits. C’est d’ailleurs à cette période que le nom de Death Valley est apparu, car les pionniers qui s’y aventuraient pour ramener le précieux minerai n’étaient vraiment pas certains de rentrer vivants.
D’ailleurs en parlant de mineurs, la devise de la Californie (« Eureka ! » signifiant « J’ai trouvé ! ») est totalement dédiée à leur travail et la prospérité que celui-ci à offert à cet Etat.
Peu d’espèces animales vivent ici. Quelques poissons dans les sources d’eau restantes. Plusieurs espèces de reptiles. Mais aussi des fourmis argentées, qui ont la faculté de se déplacer d’un mètre par seconde ! Cette incroyable vitesse leur permet de faire baisser leur température corporelle, et ainsi subsister.
Et s’en oublier les corbeaux, qui ne sont jamais très loin. Par forcément dans le centre de la vallée, mais aux différentes entrées, comme pour prévenir les gens du début des hostilités.
C’est aussi ici que la fameuse course de la Badwater est organisée. Sa particularité ? Des conditions climatiques dantesques, et une course dont le départ se situe sous le niveau de la mer, et l’arrivée à plus de 2000 mètres d’altitude ! Badwater est tout simplement l’endroit le plus bas des Etats-Unis. Sur l’ensemble du globe, c’est la Mer Morte et ses 414 mètres de profondeur qui l’emporte.
Serge enchaîne les gorgées de coca à chaque ravitaillement. Ayant déjà couru la Badwater en 2008, il avait conscience des terribles conditions de course qui l’attendaient. Notre coureur longe l’hôtel où nous avons séjourné hier. Ce lieu peut se vanter d’avoir le golf le plus bas de la planète. Sur les routes du tour du monde, on n’a jamais eu aussi chaud qu’aujourd’hui. Serge prend son temps, ne brusque pas son corps, marche s’il en ressent le besoin, et garde une belle régularité tout au long de la journée. Tout en maîtrise. Et pourtant le soleil tape fort, surtout sur le goudron qui est brûlant (une anecdote, encore une : Furnace Creek est aussi l’endroit où la plus forte température au sol a été enregistrée : 93,9°C en juin 1912, ce qui revient à dire que le sol était presque bouillant).
Notre route continue de remonter la Vallée de la Mort, jusqu’à ce que nous fassions pratiquement un 180° autour de la Tucki Moutain et redescendons sud-ouest. Sur notre droite nous apercevons de superbes dunes de sable. Malheureusement pour Serge, la véritable difficulté commence ici. Après avoir subi une chaleur accablante tout l’après-midi, une ascension se profile au loin. Et pas des moindres. 28 kilomètres de montée à 4 voir 5%, sans un seul moment de répit. Serge marchera tout du long, et épuisé il terminera après plus de 11h de course. Avant la fin de l’étape, Bertrand et moi partons en direction de Las Vegas pour récupérer Maxime. Sacré équipe prévue pour la journée de demain.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du lundi 30 mai : Etape 121