E80: Mardi 19 avril // Kearney – Cozad

E80: Mardi 19 avril // Kearney – Cozad

72,54km – 10h07′

Ce matin la ville de Kearney et ses alentours sont plongés dans un épais brouillard.
Nous déposons Serge à la station service près de laquelle il s’est arrêté hier. On en profite pour faire le plein et acheter quelques bidons d’eau. Nous privilégions à chaque fois la « natural spring water », de l’eau naturelle et non reconditionnée.
Le vent qui d’habitude se lève aux alentours de 8h30 ne répond pas présent, laissant la brume stagner autour de nous. Dans ces conditions, pas évident de vous parler de la route et du paysage … car on ne voit absolument rien ! Que du gris ! Difficile même de distinguer Serge qui apparaît au dernier moment lors des ravitaillements.
Personnellement je trouve le spectacle sympa. René un peu moins. Reste que malgré nos avis divergents, nous sommes tous les deux dans cette voiture jusqu’à la fin de la journée. Car le « Run Around the Planet », c’est aussi une histoire de cohabitation. Entre Serge et son équipe bien sur, mais aussi entre les suiveurs.
Rendez-vous compte, cela fait 27 jours que René et moi sommes arrivés à Atlanta. Nous avons passé en moyenne 10h par jour ensemble dans la voiture depuis le 23 mars, ce qui nous donne 270 heures.
Ce qui revient à dire que l’on est resté assis côte à côte pendant un peu plus de onze jours d’affilés. Pratiquement deux semaines ! Et le voyage est loin d’être fini.
A ce niveau-là, c’est forcément une relation particulière qui s’instaure. Chacun a le temps de bien cerner l’autre, ses sujets de prédilection, ses petites habitudes, ses moments de fatigue, ses qualités comme ses défauts, son humour, ses goûts musicaux et j’en passe. J’aurais tendance à apparenter ça à une colocation. Après tout c’est le même principe : vivre à deux au jour le jour sous un même toit (que ce soit celui de l’hôtel ou de la voiture).
Une « colocation nomade » dirons-nous !
Mais il est clair que comme dans toute colocation, il y a des bons mais aussi des mauvais moments. Des jours avec et des jours sans. Ce serait hypocrite de vous décrire une course qui se déroule dans la plus belle des ambiances de la première à la dernière seconde. Et quiconque ayant déjà été suiveur sur une traversée de Serge acquiescera. Le fait de passer autant de temps ensemble, le stress engendré par certaines journées, la fatigue… tous ces facteurs ainsi que d’autres font que ce n’est pas toujours évident. Et heureusement, sinon l’aventure serait quelque peu aseptisée…
Mais ce serait faux de dire que notre binôme ne fonctionne pas. René et moi avons trouvé nos marques, et notre organisation est sacrément bien huilée. Le fait de ne plus être que deux avec Serge ne pose aucun problème. Nous avons tout notre temps pour anticiper les éventuelles échéances de la journée. Et peu importe la fatigue, les jours sans ou les possibles prises de bec, nous faisons tous les deux des concessions car nous sommes ici dans un but commun : celui d’aider Serge à boucler son tour du monde. Et c’est ce qui anime notre motivation quotidienne.

Et voilà, tout juste le temps de finir mon laïus que le soleil commence enfin à percer ce brouillard, révélant ainsi quelques débuts de collines au loin. Et oui, les Rocheuses approchent.
Serge a reçu un coup de fil du docteur Sabatier ce matin, médecin nutritionniste travaillant avec Fleury Michon notre sponsor. Il est en charge du suivi médical de Serge. L’occasion pour notre coureur de lui parler de ses petits coups de mou de début de journée, ainsi que de son harassante toux.
Pour éviter les fatigues passagères, une pincée de sel dans chaque bouteille d’eau de ravitaillement devrait faire l’affaire. Concernant la toux, le docteur valide l’hypothèse des reflux gastriques et pense avoir le médicament adapté. Il va permettre à Laure de se le procurer et elle nous le ramènera lors de sa prochaine venue.
J’ai encore envie de vous parler des trains, mais je ne voudrais pas être redondant. Sachez juste que le trafic ne faiblit pas. Au contraire. Du charbon et encore du charbon.
Niveau paysage, on continue sur la même lancée.
Et quant à l’altitude, idem: 100 mètres de gagnés aujourd’hui. Ca grimpe, tout doucement.
Bonne nuit et à demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mercredi 20 avril: Etape 81