E61: Jeudi 31 mars // Pembroke – Beulah

E61: Jeudi 31 mars // Pembroke – Beulah

72,2km – 10H24

Le tonnerre aura grondé toute la nuit, et c’est sur une chaussée détrempée que Serge commence son étape. Le vent souffle toujours fort, ce qui va sûrement amener le temps à évoluer durant la journée. Nous commençons par traverser Hopkinsville dès le 11ème kilomètre. C’est ici qu’est établi le Fort Campbell, fierté locale créé en 1941 et comptant plus de 40 000 appelés. Ce lieu est réputé pour avoir en son sein la 101ème division aéroportée des Etats-Unis, qui s’est notamment distinguée sur les côtes normandes lors de la 2nde guerre mondiale. Hier nous nous demandions pourquoi l’appellation de tant de lieux-dits au Kentucky se terminait par « ville ». Et bien c’est un libraire qui nous a obtenu la réponse, en nous expliquant que les Français avaient apporté une aide précieuse aux Américains en 1778, en les aidant à garder leur indépendance proclamée vis-à-vis des Anglais. D’où la bienveillance vis-à-vis de notre pays qui se ressent à travers les noms des villes.
Cet état ne semble pas moins rural que le Tennessee, mais cependant bien plus tourné vers les industries. De nombreuses usines et silos meublent les parcs industriels rencontrés ce matin.
En début d’après-midi, alors que le temps tournait plutôt à l’éclaircie, c’est tout à coup l’exact contraire qui se produit et un violent orage s’abat sur nous. Devant autant de pluie et de vent, tout le monde reste à l’abri dans les voitures pendant une dizaine de minutes. La tempête s’en va aussi vite qu’elle est arrivée, et Serge peut repartir.
Il change de tenue au ravitaillement suivant, afin de finir l’étape au sec. Il en profite aussi pour se repasser de la crème sur les endroits susceptibles de s’échauffer.

Nous retrouvons la civilisation et le soleil quelques kilomètres avant la fin de l’étape, en passant à Dawson Springs, ancienne ville thermale ayant en son temps prospéré grâce à une source d’eau située dans les environs.
Demain nous nous rapprocherons dangereusement de l’Illinois. Passera, passera pas ? Ce qui est sûr c’est que Serge poursuit imperturbablement son chemin, et les prochains états n’ont qu’à bien se tenir.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Vendredi 1er avril: Etape 61

(Pas de vidéo aujourd’hui, mais Cinérun reprendra du service dès demain…)

E60: Mercredi 30 mars // Cross Plains – Pembroke

E60: Mercredi 30 mars // Cross Plains – Pembroke

72,18km – 10H01′

Serge regarde la météo avant de partir : le temps devrait se dégrader en fin de journée. Pour le moment il fait beau et nous n’avons pas un poil de vent.
Nous commençons à nous éloigner de Nashville, et la distance est maintenant trop longue pour que les gens du secteur aient intérêt à aller y travailler. La circulation est donc calme, et nous n’allons pas nous en plaindre !
Avant même le premier ravitaillement, nous recevons la visite d’un policier qui à l’air de bien profiter de sa matinée. Il prend le temps de discuter avec nous. Nous lui offrons une carte postale qu’il accroche sur le pare-brise de sa moto, puis il repart. La matinée s’annonce bien tranquille pour lui…
Comme à mon habitude maintenant, je fais un rapide point complet de l’actualité sportive à Serge lors du premier ravitaillement. Les bleus sont inspirés offensivement ces derniers temps, ça fait plaisir à voir.
Les exploitations agricoles se multiplient à mesure que nous approchons du Kentucky, peut-être un avant-goût de ce qui nous y attend? Autre fait notable : les chaises. Depuis ce matin il y a des chaises devant toutes les maisons ! Des rockin’ chairs (fauteuils à bascule bien typiques d’ici), mais aussi des chaises de jardin, des divans et même des chaises pour bébé. Tout le monde ici aligne sa collection d’assises sur le perron de sa demeure, comme si la réunion de famille avait lieu tous les jours à ce même endroit.
Il semblerait que les services météorologiques soient de qualité aux Etats-Unis : comme prévu le vent se lève sur le coup de 11h, et le temps vire au gris. Il fait même assez lourd.
Nous changeons d’état au 34ème kilomètre. Bye bye le Tennessee, bonjour le Kentucky !
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le changement est radical ! A peine la frontière passée que de nombreuses exploitations agricoles (qu’est-ce qu’on vous avait dit…) s’offrent à nous ! Des granges en veux-tu, en voilà ! Du vent à ne plus savoir quoi en faire !
Quelques kilomètres plus loin nous fêtons le passage des 4000 kilomètres. Déjà ! Le tout en 59 jours, 9h et 9 minutes !
La course reprend et le 4001ème kilomètre ne sera pas de tout repos : trois chiens se ruent à toute vitesse sur Serge alors que nous venions à peine de remonter dans nos véhicules.
René nous place une accélération digne d’un Alain Prost des grands jours, et nous nous interposons entre Serge et les canidés, tout en klaxonnant à toute blinde !
Les chiens nous suivront en aboyant sur plusieurs dizaines de mètres, mais Serge est sain et sauf. Ce genre de situation est évidemment très compliquée à gérer, surtout que le spray répulsif que Serge garde avec lui n’aurait été d’aucune utilité avec un tel vent.
Laure et moi partons en début d’après-midi pour faire quelques courses, tandis que René termine les 25 derniers kilomètres seul avec Serge. Une fois rentré il m’évoquera « une fin d’étape tranquille », où il « a pu échanger avec des gens très agréables ». Avec Laure nous nous sommes fait la même réflexion de notre côté, ici les gens sont bienveillants et nous avons hâte de voir ce que le Kentucky nous réserve d’autre.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Jeudi 31 mars: Etape 61

E59: Mardi 29 mars // Watertown – Cross Plains

E59: Mardi 29 mars // Watertown – Cross Plains

72,06km – 10H05′

Départ ce matin dans la périphérie de Nashville.
Depuis notre entrée dans le Tennessee c’est assurément l’endroit le mieux loti que nous ayons parcouru. De belles maisons avec des pelouses bien tondues. Les américains aiment mettre en valeur leur propriété, ainsi que tout ce qui va avec. Chaque maison est un peu la vitrine d’une famille, avec les jeux pour les enfants, les différents véhicules possédés. Tout est parfaitement agencé pour que l’on sache à qui l’on a à faire.
Au 15ème kilomètre nous continuons notre contournement de Nashville en passant par Lebanon. Depuis le début de la journée le soleil est tranquillement installé dans un ciel parfaitement bleu. Seul un vent frais nous empêche encore de faire tomber les pulls.
Serge me demande la deuxième caméra entre deux ravitaillements. Il me la rend une dizaine de minutes plus tard en me confiant qu’il a été « un peu bavard ». En effet, trois vidéos en 10 minutes ! On n’arrête plus « Cinérun » …

Peu avant midi nous nous faisons réprimander par un riverain. Il nous demande de nous en aller de devant sa maison, et d’arrêter de prendre des photos. Le tout avec une courtoisie bien à lui. Quelques instants plus tard, c’est Laure qui nous appelle : elle s’est vue refuser son caddie à la caisse d’un supermarché Wallmart, car celui-ci contenait des bières et qu’elle ne possédait pas la nationalité américaine pour les acheter. Drôle de façon de faire du commerce dans le Tennessee…
Le début d’après-midi est à son tour compliqué. Après Laguardo nous empruntons la highway 109 pendant une quinzaine de kilomètres. Durant pratiquement 2 heures nous nous retrouvons au bord d’une 2×2 voies bien bruyante comme on les aime. Néanmoins Serge a de la place pour courir, alors on ne va pas faire la fine bouche.
La dernière partie de l’étape est en demi-teinte : les paysages traversés sont beaux, beaucoup de ranchs et de domaines, tous délimités par de jolies clôtures, mais la route l’est nettement moins. Les bas-côté apparaissent de façon aléatoire et la circulation est dangereuse à souhait. Serge reste prudent.
René et moi travaillons d’arrache-pied sur la sortie de notre premier single « où-sont-passés-les-bas-côtés-? ». Bientôt dans les bacs.
Notre Sergio termine encore à plus de 72km aujourd’hui. La cadence infernale continue, et avec le sourire s’il vous plait !
A demain pour notre passage dans le Kentucky !

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Mercredi 30 mars: Etape 60

E58: Lundi 28 mars // McMinnville – Watertown

E58: Lundi 28 mars // McMinnville – Watertown

73,95km – 10H22′

La matinée est bien fraîche et la preuve en est : Serge n’enlèvera sa polaire qu’au bout du 30ème kilomètre.
Hier nous avons emprunté trois routes différentes pour rejoindre McMinnville, aujourd’hui il n’y en aura que deux. Cela nous simplifie grandement l’aiguillage de notre coureur durant l’étape. Depuis que nous sommes redescendus de notre plateau hier, nous sommes entourés de prairies mais nous n’avons remarqué aucune grande exploitation agricole. Cependant nous sommes au royaume des pépinières, et à de nombreux endroits on vend des pins, des arbres fruitiers (pruniers, pommiers…) mais aussi toutes sortes d’arbres décoratifs. Attention ici on les appelle les « nursery », à ne pas traduire trop vite…

Dans son ensemble le Tennessee est un endroit très rural sur de nombreux points : ses paysages tout d’abord, mais aussi ses infrastructures, ses panneaux routiers, ses véhicules… Aussi l’accent local est assez prononcé, et il est parfois difficile de comprendre certaines personnes.
La journée se déroule sans encombre jusqu’à ce que, après le ravitaillement du kilomètre 40, Laure ne retrouve plus ses clés de voiture. Très vite elle s’aperçoit qu’elles sont restées à l’intérieur du véhicule. Et aux Etats-Unis, si vous laissez vos clés hors du contact pendant quelques minutes, la voiture se verrouille d’elle-même. Pas de chance.
Laure entre alors en communication avec le service de dépannage de notre loueur. C’est le genre de discussion qui peut rendre fou : elle passe plus de trois quarts d’heure au téléphone pour seulement faire comprendre l’endroit, qui est pourtant simple, où est situé la voiture.
Pendant ce temps-là je prépare un « doggy bag » pour Serge qui avancera tout seul jusqu’à ce qu’on règle le problème. Heureusement pour nous, la route restera la même jusqu’à la fin de la journée.
Laure et René partent alors attendre le dépanneur près de la voiture, l’absence de réseau téléphonique dans ce coin les obligent à me laisser avec le téléphone au bord de la route, quelques kilomètres en amont, où le réseau passe, au cas où le dépanneur appelle.
C’est donc sous un superbe soleil, depuis le bord de la Highway, assis sur mon siège de camping (avec accoudoirs s’il vous plait), que je vous écris ce compte-rendu… elle est pas belle la vie ?

Nous retrouvons Serge aux alentours de 17h30, après pratiquement 74km de course !
Légèrement soucieux de savoir s’il avait eu assez de nourriture et d’eau, nous sommes vite rassurés. Il nous attend avec sa caméra pour nous charrier. Serge est en forme, et ça fait plaisir à voir.
Toute le monde va bien dormir ce soir après cet après-midi assez mouvementé.  A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Mardi 29 mars : Etape 58

E57: Dimanche 27 avril // White City – McMinnville

E57: Dimanche 27 avril // White City – McMinnville

72,04km – 9H52′

Aujourd’hui le schéma est simple : départ White City, arrivée McMinville. Au cours de la journée nous emprunterons trois routes différentes : la 41, la 56, et le numéro complémentaire la 108, sur laquelle nous effectuerons plus de la moitié de l’étape.
Nous sommes le dimanche de Pâques, et la circulation est plus importante que celle d’une fin de week-end classique. Il faut quand même se rendre compte que le cumul de catholiques et de protestants aux Etats-Unis représente plus de 70% de la population : c’est donc un nombre important de personnes qui célèbrent Pâques.
Mais malgré un flot régulier de voitures, les espèces que nous croiseront le plus aujourd’hui seront nos amis les oiseaux.

Nous cohabitons avec eux depuis notre entrée dans le Tennessee, et ils sont présents en masse. Des étourneaux, des pics verts, des sortes de pies noires, et même des rapaces d’une envergure d’1m50 voir 2m. Le Tennessee est en effet un point de passage important dans la migration de beaucoup d’oiseaux. Les points d’eau y sont nombreux, et la nourriture abondante.
Le temps quant à lui est bien capricieux aujourd’hui. Il est midi et le soleil est toujours coincé derrière un épais voile nuageux. Peu de chance qu’on l’aperçoive avant qu’il se couche. Ma station météo « René 2000 » détecte même une légère bruine en approche.
Autant vous dire que cette journée est déjà hors course pour le podium des étapes les plus marquantes.
Après la traversée d’Altamont, une longue ligne droite avec une succession de 9 bosses attend Serge. Les lignes droites c’est son grand « kiff », alors on est content pour lui.
Peu avant l’arrivée sur Viola nous redescendons du plateau sur lequel nous sommes arrivés hier. Nous laissons derrière nous cette partie un peu tristounette du Tennessee, pour retrouver une température plus clémente et un peu plus de verdure.
L’étape se terminera tout aussi simplement qu’elle a commencé. A noter que nous avons changé d’heure, tout comme vous, mais dans l’autre sens. Nous sommes passés au « Central Standard Time », et nous avons donc maintenant 7h de décalage avec vous.

Bonne nuit tout le monde, et à demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Lundi 28 avril: Etape 57

E56: Samedi 26 mars // Fort Oglethorpe – White City

E56: Samedi 26 mars // Fort Oglethorpe – White City

71,79km – 10H20

2°C au départ ce matin. De quoi bien vous réveiller si le café n’a pas rempli sa mission.

Nous parcourons à peine 3 kilomètres et nous voilà au Tennessee !
Aaaah le Tennessee ! Depuis toujours j’entends dire qu’on a tous quelque chose en nous de Tennessee, alors c’est le moment de vérifier ça.
Nous prenons la direction de Nashville, mais que nous ne traverserons pas.
Je sens d’ici les larmes de déception qui coulent le long de vos visages, et oui nous n’irons pas toucher du doigt le cœur de la musique country.
Mais les traversées des grosses villes demandent beaucoup de préparation, et sont souvent synonyme de beaucoup de stress, alors on essaie en général de les éviter.
La route que nous empruntons au 10ème kilomètre nous permet de découvrir la Tennessee River, ainsi que la ville de Chattanooga que nous apercevons au loin.
Le passage d’un état à l’autre est visuellement flagrant : les villes que nous traversons sont tout à coup bien plus rurales.
Il est 10h, le soleil est maintenant levé et la température est idéale. Un ciel parfaitement bleu, une bonne vingtaine de degrés et pas un poil de vent. Personnellement je signe pour ça jusqu’à la fin des Etats-Unis.
Les forêts du Tennessee n’ont rien à envier à celles de la Géorgie. La France est certes un pays déjà bien garni, mais je reste ébahi devant tant d’arbres au kilomètre carré ! On re-spi-re !
Les points de ravitaillement de la matinée nous déposent bien souvent en bordure de forêt, dans des endroits d’un grand calme, où nous pouvons déconnecter et profiter des jolis chants d’oiseaux locaux le temps que Serge arrive.
Ce début de Tennessee est vraiment sauvage. Nous sommes toujours en compagnie de la Tennessee River que nous longeons pendant une bonne trentaine de kilomètres, jusqu’à arriver à la Haletown, endroit que nous avons choisi pour la franchir. Ce lieu semble être le coin rêvé des pécheurs et des promeneurs. Serge y fait la rencontre de Roger, avec qui il échangera quelques minutes à propos de sa course.
Nous prenons alors la direction de Jasper, où nous assistons à notre premier match de baseball. Beaucoup de monde réuni pour encourager des petites filles d’environ 5/6 ans. Je ne pensais pas que la pratique de ce sport très populaire ici pouvait commencer aussi tôt. En continuant un peu notre route, un autre match à lieu : cette fois-ci des garçons, qui doivent avoir la vingtaine. Leurs noms sont annoncés un par un au micro, puis l’hymne américain est joué. Ambiance.
Serge, qui aura apprécié le spectacle, va maintenant s’enfoncer dans une partie moins aisée : l’ascension du plateau menant à White City. La pente est raide, et la forêt qui nous entoure beaucoup moins glamour que celles croisées durant la journée. Mais c’est surtout la première fois que l’organisme de Serge se retrouve confronté à une véritable côte depuis le début des Etats-Unis. On espère que celui-ci ne lui en fera pas trop payer les conséquences ces prochains jours.
Le temps se couvre, il commence à faire bien lourd. Une fois en haut du plateau, René tape un petit somme (pour une fois que ce n’est pas l’inverse, je me permets de le mentionner), tandis que je guette l’arrivée du padré.
(Rectification : une demi-heure plus tard, c’était l’inverse.)

La fin d’étape sera marquée par deux visites. Du côté de Serge, celle d’un policier qui pensait qu’il avait bu, laissant place à un drôle de dialogue :
« Did you drink ? » (Avez-vous bu ?)
« Yes, water. » (Oui, de l’eau)
« No, i’m talking about alcohol… » (Non je parle d’alcool…)
De notre côté, deux hommes sont intrigués par notre plaque d’immatriculation. En effet les distances commencent à s’allonger, et la Floride n’est plus la porte à côté. Malheureusement l’accent des habitants du Tennessee a rendu la conversation quelque peu compliquée…

Je vous dis à demain, et je laisse Laure vous dire quelques mots sur la semaine passée en Georgie :

« Un petit mot sur la Georgie alors que nous quittons cet Etat ce matin, Serge aura mis 7 jours et demi pour le traverser du sud vers le nord:

La Georgie c’est le « deep south » et l’ambiance y est fort imprégnée des vestiges de la guerre de Sécession qui opposa les nordistes et les sudistes entre 1861 et 1865: guerre civile avec comme point d’orgue l’abolition de l’esclavage, pratique répandue dans les Etats du sud et notamment en Georgie. Nous sommes passés tout près de Andersonville au sud de Atlanta où se situe la terrible prison de l’époque, site national historique qui se visite aujourd’hui. Nous aurons croisé LaFayette au nord de l’Etat et son champ de bataille reconstitué avec toutes les divisions nordistes représentées.

C’est à Atlanta que naquit Martin Luther King, grand défenseur de la paix et des droits de l’homme. Sa mémoire nous rappelle en ces temps troublés par tant de violence que la paix dans le monde est une vaine espérance? Certes nous sommes touchés de plein fouet en Europe par des vagues d’attentats plus meurtriers les uns que les autres mais les années passent et de tout temps, l’Homme continue malgré tout à détruire, n’est il pas l’animal le plus redoutable car doté d’une intelligence qui ne sert pas toujours cette paix. Alors que l’on soit « Charlie » ou pas, la mémoire d’hommes comme Martin Luther King est là pour nous rappeler qu’il nous reste l’espoir d’un monde meilleur et qu’il n’est pas si vain. « I have a dream… »

Sur un ton plus léger, la Georgie c’est aussi le coin de Margaret Mitchell, auteur du célèbre roman « Autant en emporte le vent » et ce n’est pas le hasard si par moment nous avions l’impression que Scarlett O’Hara et Retth Butler allaient sortir d’une de ces belles demeures à colonnades que nous avons croisées sur notre chemin et dont vous avez vu quelques photos.

Nous laissons derrière nous la Georgie: ses pins, ses champs de coton que nous aurons entre-aperçus, ses forêts, ses pêchers, ses centaines d’églises de tous styles, son histoire sudiste…

Bonjour le Tennessee, de nouveaux horizons s’ouvrent à nous. »

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Etape du Dimanche 27 mars: Etape 56

Parfois 2 vidéos (même si qu’une seule présente dans l’article) – n’hésitez pas à cliquer dans Galerie Vidéo

E55: Vendredi 25 mars // Armuchee –  Fort Oglethorpe

E55: Vendredi 25 mars // Armuchee – Fort Oglethorpe

72,03km – 10h20’

Comme à son habitude, Serge est prêt à partir au lever du soleil. Ce matin une jolie brume matinale enveloppe un paysage qui se veut plus vallonné que ces derniers jours. La chaîne des Appalaches n’est plus très loin. Des prairies commencent à faire leur apparition et Serge avoue se sentir « moins oppressé » que par la densité des arbres jusque-là rencontrée.
Très vite nous changeons de county pour rentrer dans celui de Chattooga.
Serge est assurément de bonne humeur. Avec René nous le trouvons particulièrement loquace.
Au 12ème kilomètre nous traversons Summerville. Au premier abord cet endroit paraît très agréable. Nous y pénétrons par un quartier résidentiel regorgeant de jolies maisons, les riverains nous saluent même d’un signe de la main lorsqu’ils sortent chercher le journal devant le pas de leur porte. Et puis vient l’artère principale par laquelle nous comptons sortir, une 2×2 voies sans bas-côtés pour Serge. Beaucoup de circulation, les voitures ne s’écartent que très peu de notre coureur, qui pestera à l’encontre de plus d’une. Heureusement cela ne dure que quelques kilomètres, et dès la sortie de la ville nous retrouvons notre bonne vieille 2×2 voies, avec bas-côtés cette fois-ci !
Le fait qu’il n’y ait pas de bas-côtés, ni de trottoirs, alors que nous sommes encore dans une agglomération conforte René dans son analyse : il n’y a pas beaucoup de piétons ici. Les gens utilisent énormément la voiture pour se déplacer.
Nous reprenons donc notre route direction LaFayette. C’est maintenant devenu une habitude, Laure nous rejoint aux alentours du kilomètre 35. Tous les trois nous continuons d’accompagner Serge, direction plein nord, sous un soleil de plus en plus ardent.
René et moi avons la sensation de ne pas passer inaperçus sur les routes américaines. Pourtant aucun élément visuel sur le véhicule ne devrait alerter les gens. Nous sommes même immatriculés par l’état de Floride.
Mais après réflexion nous comprenons : nous sommes la plupart du temps arrêtés sur le bord de la route. Et ici, personne ne stationne de façon éphémère. Comme expliqué lors d’un précédent compte-rendu, à peu près toutes les parcelles de terrain sont la propriété de quelqu’un. Cela n’est donc pas très bien vu ici de s’arrêter « à l’arrache » au bord d’une route. Et c’est pourtant notre quotidien, et donc cela attire l’attention.
L’après-midi se poursuit et la « Martha Berry Highway » que nous suivons maintenant depuis Rome est bien pénible. Beaucoup de voitures, de bruit…
Heureusement, à une dizaine de kilomètres de l’arrivée nous bifurquons et entrons dans le « Chickamauga & Chattanooga National Military », véritable havre de paix où les voitures roulent lentement et où les joggeurs peuvent courir tranquillement. Pour le côté historique, je laisse notre cinéaste en herbe vous expliquer ça dans ses vidéos.

Cette journée s’achève donc et nous retiendrons qu’aux Etats-Unis il vaut mieux être piéton sur l’autoroute que dans les villes, que foncer plein nord ne fait pas baisser le soleil en intensité, mais surtout que même si Serge est allé moins vite aujourd’hui, et même s’il a été gêné à maintes reprises par la circulation : il prend du plaisir sur cette course, et c’est un plaisir qui est partagé. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Samedi 26 mars: Etape 56

E54: Jeudi 24 mars // Yorkville – Armuchee

E54: Jeudi 24 mars // Yorkville – Armuchee

71,53km – 10h00

Il est 6h30 ce matin, et nous nous levons tous les quatre en même temps.
Le temps de déjeuner, de ranger nos affaires et c’est seulement à trois que nous partons retrouver notre point d’arrivée de la veille. Laure nous rejoindra plus tard.
Me voilà donc de nouveau réuni avec mon René dans la voiture suiveuse. Le binôme est de retour, le yin à enfin retrouvé son yang, le Tic son Tac.
Répartition des ravitaillements, pronostics foireux sur la météo, blagues vaseuses, les bonnes vieilles habitudes reviennent vite. Le Tennessee –que nous atteindrons samedi- n’a qu’à bien se tenir.
Quant à la Géorgie, après deux jours sur place c’est assurément l’endroit le plus boisé que j’ai pu voir de ma vie. Aussi courte est-elle. ­Nous n’en finissons plus de traverser forêts sur forêts !
En plus de la végétation, nous continuons aussi de croiser énormément d’églises.
Celles-ci ont toutes décorées leurs croix d’un foulard violet, signe que nous sommes en semaine sainte à l’approche de Pâques.
Peu après le 10ème kilomètre, la police américaine s’intéresse à notre véhicule. Ici les gens, policiers ou non d’ailleurs, semblent assez soucieux de voir des automobilistes arrêtés sur le bord de la route. Ce n’est pas la première, ni la dernière fois que l’on nous demandera si tout est « okay ».
La journée suit son cours, le soleil ne se lève toujours pas et le vent souffle un peu plus fort qu’hier. Un orage est prévu pour dans la soirée, Serge espère passer entre les gouttes.
Aux alentours de midi, il se plaint d’une douleur au niveau de l’appendicite. Sauf que celle-ci a déjà été enlevée. L’enquête est en cours…
Au 40ème kilomètre nous arrivons sur Rome. Les noms de villes européennes sont légions ici, il me suffit de prendre la carte pour vous citer quelques unes des alentours : Athens, Florence, Manchester, Birmingham, Dublin, Milan… et même Paris !
Les villes aux consonances françaises sont d’ailleurs présentes en grand nombre dans tout le pays, dû au fait que la France y possédait de vastes territoires jusqu’au XIXème siècle.
L’entrée sur Rome donc, s’avère compliquée pour Serge. Beaucoup de circulation et donc beaucoup de bruit, sur une route qui n’offre que peu d’espace pour courir.
Heureusement, l’itinéraire n’est pas compliqué : la « Martha Berry Avenue » sera notre unique voie à suivre pour traverser la ville.
Comme prévu, la météo se dégrade vers 14h30. Le vent monte en puissance, faisant valser les feux tricolores suspendus au-dessus de chaque carrefour.
Une fois Rome traversée, Laure et moi partons à l’hôtel nous avancer sur les différentes tâches administratives, tandis que René assure le ravitaillement jusqu’à la fin de la journée.
Lui et Serge reviennent peu après 18h, exténués. « Des seaux d’eau » me raconte René.
Ce soir nous dormons dans un motel bien typique des Etats-Unis. La pluie s’est arrêtée et quelques écureuils cavalent sur les lignes électriques.
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du vendredi 25 mars: Etape 55

E53: Mercredi 23 mars // Fairburn – Yorkville

E53: Mercredi 23 mars // Fairburn – Yorkville

71,23km – 10H00

Bonjour à tous, ici Thomas à l’appareil !
C’est avec plaisir que je reprends l’écriture des comptes-rendus jusqu’à Las Vegas.

René et moi sommes arrivés hier soir à Atlanta, après être partis le matin-même de Paris et avoir fait escale à New York entre temps. Nous avons retrouvé Laure en début de soirée non loin de l’aéroport, le temps de louer une deuxième voiture et nous sommes rentrés à l’hôtel afin de bien nous reposer pour notre première journée étatsunienne.

Ce matin nous sommes heureux de retrouver Serge au petit-déjeuner. Les quelques personnes présentes dans la salle ont les yeux rivés sur la télévision et les tragiques évènements ayant eu lieu hier à Bruxelles.
Preuve que nous sommes bien aux Etats-Unis : la chaîne d’information diffuse à la fois une compilation de toutes les images « choc » des récents attentats, tout en retransmettant un incendie en direct sur l’autre moitié de l’écran. De l’action en veux-tu… en voilà !
Nous reprenons la route de Serge à Fairburn, dans la banlieue d’Atlanta. Le soleil vient de se lever, il est 8 heures, le ciel est dégagé et il fait frais. Très vite nous quittons la ville pour nous engouffrer dans de grandes forêts très agréables à parcourir. Aux alentours de 10h il commence à faire meilleur, on enlève les pulls, on respire, la circulation est calme: qu’est-ce que c’est agréable !
Cette partie de la Géorgie semble être en bonne santé économique tant les maisons croisées sont imposantes et démesurées, dotées bien souvent de domaines non négligeables. Tout ici appartient à quelqu’un, chaque arbre ou parcelle de terre est forcément une propriété privée. On rencontre donc très souvent des panneaux nous indiquant de ne pas aller plus loin. Autre fait notable, chacun n’hésite pas à afficher ses convictions politiques en plein milieu de sa pelouse, par le biais de pancartes révélant le nom de leur candidat favori à la primaire de l’élection présidentielle par exemple.
Mais nous sommes aussi en pleine période électorale des shérifs ainsi que des juges dans les différents « county ». Résultat : nous croisons un nombre impressionnant de panneaux à la minute, si bien que l’on en serait presque devenus incollables sur les différents candidats du monde politique et juridique.
Cette journée est aussi l’occasion pour Laure de nous expliquer la manière dont elle a organisé son véhicule jusqu’à présent, au niveau de l’agencement mais aussi des différentes courses qu’elle a pu faire. Les réflexes reviennent vite, d’autant que le calme de cette matinée est vraiment propice à une passation de pouvoir.
La température monte tranquillement jusqu’à atteindre les 24°C sur les coups de 14h.
Les insolations sont toujours possibles ici, notamment à cause d’un léger vent trompeur qui ne disparaît jamais vraiment. Alors nous prenons nos précautions.
Nous traversons Villa Rica aux alentours du 45ème kilomètre, qui est une de ces villes que l’on appelle les « historic downtown », façon western avec ses petites maisons carrées en briques collées les unes aux autres, parallèlement de chaque côté d’une voie ferrée qui traverse la ville par son artère principale. Et cerise sur le gâteau, c’est au moment où nous attendons Serge sur cette avenue, qu’une locomotive et sa trentaine de wagons en profite pour traverser la ville ! Immersion garantie.
Il semble que le passage de Villa Rica marque la fin de la campagne « aisée » traversée ce matin. Les bâtiments sont plus modestes et la circulation plus dense, contrairement aux routes de la matinée qui n’étaient empruntées que par les riverains.
Serge aura bien couru tout au long de la journée, ne montrant pas de signe de faiblesse, blaguant et discutant à chacun de ses ravitaillements. Un plaisir.
Ce soir nous logeons à Rockmart, quelques kilomètres au nord du point où Serge s’est arrêté. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Jeudi 24 mars: Etape 54