E426: Vendredi 31 Mars // Forbach – Kerling-Lès-Sierc

E426: Vendredi 31 Mars // Forbach – Kerling-Lès-Sierc

70,71km – 10h25’

Après une fin d’étape complètement folle hier, nous reprenons ce matin dans un calme olympien. Aujourd’hui c’est la dernière journée de Ludovic sur ce tour du monde. Déjà ! Demain il s’en ira retrouver les siens, ainsi que l’air pur et absolument vierge de Grenoble !

Dès les premiers kilomètres nous quittons Forbach et arrivons à Petite-Rosselle, toute petite ville française qui ne fait qu’une avec Großrosseln, sorte d’homologue allemande. Juste entre les deux se trouve La Rosselle, une rivière qui délimite la frontière entre la France et l’Allemagne. Du côté français sont massées toutes les boulangeries, de l’autre tous les tabacs. Chacun son domaine de compétence.

Serge retourne donc courir quelques kilomètres en terres étrangères. Rassurez-vous on ne repart pas en arrière, mais si vous regardez notre tracé du jour, vous comprendrez qu’il valait mieux couper par là. On en profite pour faire de l’essence et utiliser une dernière fois notre dialecte allemand (« hallo », « drei » (trois, comme le numéro de la pompe) « pelik » (pour le ticket de caisse) ainsi que le traditionnel « danke » de remerciement). Même pas le temps de vraiment comprendre ce qui nous arrive que nous voilà déjà revenus en France.

On aiguille Serge à travers les rues de la banlieue de Creutzwald. L’avantage avec le 4×4, c’est que s’il nous perd de vue il peut nous retrouver grâce à l’odeur. Ou plutôt à cause. On s’excuse d’ailleurs pour toutes les personnes qui depuis la Turquie ont subi le courroux de notre pot d’échappement. S’il n’y avait pas la balise pour suivre Serge, je pense que l’on pourrait demander à Thomas Pesquet de faire le tracé depuis l’espace à l’aide des trous qu’on laisse dans la couche d’ozone.

Cela faisait plusieurs jours que l’on n’avait pas passé une étape juste tous les trois. Aujourd’hui est une journée vraiment très calme. Aucune ville au programme, seulement quelques villages où très peu de commerces sont ouverts. Pourtant nous sommes vendredi après-midi… mais la ruralité du XXIème siècle connaît des temps compliqués…
Preuve de la quiétude de cette journée, à part un homme qui a souhaité bon appétit à Ludovic ce midi, et un autre un peu étrange qui a tenté de nous parler depuis les bois, nous n’avons communiqué avec personne de la journée. En comparaison avec hier où nous avions l’impression d’avoir gagné la coupe du monde, cela fait tout drôle.

Au 40ème kilomètre nous arrivons à Bouzonville. Plusieurs véhicules circulent dans les rues et invitent par le biais de mégaphones les bouzonvillois et bouzonvilloises (que l’un des habitants me corrige si j’ai faux !) à venir voir le cirque local. Au programme un jongleur de tables, un singe chevaucheur de poney… mais pas de femme à barbe. Dommage.

Depuis que nous sommes entrés en France, les radios francophones n’ont pas encore repris le pouvoir. Pour l’instant impossible de mettre la main sur Nostalgie, et RTL n’est disponible que dans sa version luxembourgeoise. Car si nous continuons à flirter avec l’Allemagne, le Luxembourg n’est maintenant plus très loin… mais pas d’inquiétude, nous allons rester fidèles à la France et rapidement amorcer notre descente vers Paris.

Aujourd’hui encore un dénivelé très important. Serge qui a pourtant l’habitude de marcher dans les côtes, les aura cette fois-ci toutes courues. Même les plus abruptes. « Je ne ferais pas ça s’il me restait encore 3000 kilomètres » me dit-il.

Il est 16h18 et vient alors le 60ème kilomètre. C’est l’heure du dernier ravitaillement pour Ludovic. Il sera remplacé dès demain par Bertrand, qui arrive ce soir en compagnie de Laure. Ce soir où, une fois n’est pas coutume, nous sommes hébergés. Dans la « principauté de Luttange », chez David et Karine. Et il en sera de même pour demain !

Bref, aujourd’hui aura été une journée où il ne se sera pas passé grand chose, mais où tout se sera bien passé. Et c’est bien l’essentiel. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du samedi 01 avril: Etape 427

E425: Jeudi 30 Mars // Sturzelbronn – Forbach

E425: Jeudi 30 Mars // Sturzelbronn – Forbach

70,08km – 10h44’

Hier j’ai oublié de vous le préciser, mais nous avons quitté l’Alsace une dizaine de kilomètres avant la fin d’étape. Ce matin c’est donc depuis la Moselle que Serge enchaîne ses premières foulées. Il est 7h et malgré ces dernières journées estivales la température reste en ce début de matinée assez fraîche.
Les premiers kilomètres sont l’occasion de se faire un petit safari dans les bois : au programme plusieurs dizaines de biches sur le bord de la route, quelques sangliers qui traversent la chaussée en compagnie de leurs marcassins et un coureur fluorescent. Malheureusement seul le dernier se laisse tirer le portrait.

On croise de nombreux camions militaires durant notre première heure de course.
Et on comprend vite pourquoi puisqu’au 10ème kilomètre nous passons devant le quartier LCL Driant, dont le nom fait référence au lieutenant-colonel Driant, commandant des 56ème et 59ème bataillons de chasseurs lors de la bataille de Verdun. C’est notamment lui, grâce a sa qualité de parlementaire, qui a tenté d’avertir les hautes instances françaises de l’imminence de l’attaque. Mais devant le manque de réactivité du général Joffre, les forces françaises furent dépassée et malgré une résistance héroïque le lieutenant-colonel Driant perdit la vie le lendemain de la première offensive.

Quelques centaines de mètres plus loin nous retrouvons Bitche, où nous avons dormi hier soir. A l’époque de la bataille de Verdun cette ville ainsi que l’immense fort qui trône en son centre faisaient partie du territoire allemand.

Nous bifurquons ensuite au nord. Et oui, nous continuons à monter en latitude et nous retournons tutoyer la frontière allemande. La route devient alors une nationale, puis une 2×2 voies séparées d’un terre-plein central. Pas forcément très glamour, mais on prend notre mal en patience. Serge aussi. La circulation étant faible, il nous confie ne « pas s’y sentir en danger ». Et c’est bien là l’essentiel.

Après 20 kilomètres de nationale où il ne se sera absolument rien passé, nous arrivons à Sarreguemines. En allemand « Saargemünd » dont « gemünd » signifie « confluence ». Car cette ville est en effet située au confluent des rivières Sarr et Blies, qui toutes deux délimitent la frontière franco-allemande. Et oui l’Allemagne est toujours là, à quelques dizaines de mètres de nous. Et c’est ici que nous attends une belle piste cyclable qui met à l’abri Serge du flux de voitures et contourne la ville par le sud avant de partir plein nord en suivant la Sarre. C’est donc pratiquement 15 kilomètres de piste au bord d’une paisible rivière qui s’offrent à notre coureur. Après l’effort, le réconfort.

D’ailleurs, pour être tout à fait complet, sachez que cette piste cyclable fait partie de l’un des grands itinéraire « Eurovélo » et s’étend de Londres à Rome sur 3 900 kilomètres.

Entre temps l’équipe de France 3 Haute-Normandie est repartie dans notre chère région. A partir de lundi prochain, tous les midis et soirs lors du JT seront diffusés des sujets avec les images tournées durant ces trois derniers jours. Faites chauffer vos télécommandes.

Au 50ème kilomètre nous faisons revenir notre coureur à la réalité. Fini les fleuves, les vélos, les écluses et autres péniches : retour sur la départementale. Une route néanmoins assez calme, qui traverser de longs villages comme Alsting ou Spicheren.

Mais ce n’est pas le moment pour notre coureur de faiblir la cadence, car nous avons rendez-vous au 64ème kilomètre à l’école du Habsterdick. Les élèves du professeur Jérôme Antoine nous y attendent de pied ferme. Ces derniers ont suivi l’aventure de Serge depuis le début, et par le biais de la course ont pu étudier en classe toutes sortes de matières comme la géographie ou l’histoire. Et ils sont évidemment ravis, après avoir suivi avec attention les vidéos quotidiennes, de voir passer Serge juste devant leur école !

Le temps pour nous de remonter jusqu’à Stiring-Wendel, de slalomer entre quelques rues et voilà que le bâtiment scolaire se dessine au loin. En plus des élèves de monsieur Antoine, c’est carrément une nuée d’enfant qui attend avec impatience Serge. Il y a eu Johnny au stade de France, les Rolling Stones à Copacabana et Jimi Hendrix à Woodstock. Dorénavant, dans les plus grands rassemblements de l’Histoire, nous parlerons de « Serge à Stiring-Wendel ». Telle une rock star, notre coureur est accueilli par des dizaines et des dizaines d’enfants tous plus avides de questions les uns que les autres. L’ambiance est on ne peut plus réussie, et nous fait encore plus prendre conscience que cette aventure touche à sa fin.

Après ce chaleureux accueil, il est temps pour Serge de terminer son étape. Encore quatre kilomètres qu’il effectuera en compagnie de Jérôme Antoine, lui aussi amateur de course à pied. On le remercie vivement pour cet après-midi.
Demain reprise des débats à Forbach, et il semblerait bien que l’on retourne faire quelques kilomètres… en Allemagne ! Bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du vendredi 31 mars : Etape 426

E424: Mercredi 29 Mars // Rastatt – Sturzelbronn (France)

E424: Mercredi 29 Mars // Rastatt – Sturzelbronn (France)

70,11km – 10h27′

Ce matin nous nous faisons cueillir dès le réveil par les journalistes de France 3. Motif : tourner la séquence « lever du coureur ». Le nombre de personne dans la chambre double en quelques secondes, et c’est un Serge entouré d’une caméra, d’un micro et d’un flash qui s’éveille. Il ne manque plus que le tapis rouge.

Reprise des débats à quelques kilomètres seulement de la frontière. Derrière nous la Forêt-Noire est toujours là, immobile et imposante, comme pour nous dire au revoir après l’éprouvante journée d’hier. Le temps d’acheter quelques dernières viennoiseries allemandes, de l’eau, des fruits et nous voilà devant ce pont. Devant le Rhin et cette fameuse frontière franco-allemande. On s’arrête au panneau « Frankreich » pour faire quelques photos, et c’est parti !

*roulements de tambours*
Mesdames et messieurs, après 404 jours hors de France, 16 pays supplémentaires traversés, des milliers de ravitaillements ainsi qu’une vingtaine de millions de foulées, nous avons le plaisir de vous annoncer que Serge est de retour dans l’hexagone ! CO-CO-RI-CO ! Je n’ose pas imaginer à quel point ça doit lui faire bizarre. Déjà, le simple fait d’entendre parler français autour de soi doit être assez perturbant. Mais ensuite il y a tous ces petits détails visuels de la vie quotidienne française qui doivent soudainement vous rejaillir en pleine face. Drôle de sensation que lui seul peut vraiment ressentir en ce moment-même.

Mais un retour en France signifie aussi un retour des téléphones portables. Et surtout de l’usage d’internet sur ces derniers. Bien pratique lorsqu’il s’agit de localiser Serge en temps direct, de consulter ses mails et les éventuelles réservation de logements, ainsi que le restant de l’étape sur le GPS, mais aussi des infos pour écrire le compte-rendu… bref voilà un confort que je suis bien content de retrouver.

Pour ces premiers kilomètres de retrouvailles avec la France, nous traversons de très jolis petits villages dont les noms n’ont pour l’instant rien de francophone. Beinheim, Kesseldorf, Niederroedern… mais nous sommes en Alsace me direz-vous. Et c’est assurément la région française qui partage le plus en commun avec nos voisins allemands, notamment de par leur frontière mais surtout leur histoire.

Nous naviguons au travers de routes extrêmement tranquilles, tantôt en pleine forêt, tantôt dans de petits villages. Les maisons en colombages typiques de la région ne manquent pas à l’appel, et tout le monde ici semble prendre extrêmement soin de son jardin. Il y a mille et une choses à y observer.
Les cigognes, emblème de la région, ne tardent pas à faire leur apparition. Que ce soit nichées sur des toits ou tranquillement debout dans des champs, nous en apercevons plusieurs dès les premiers kilomètres. Pratiquement disparues de la région dans les années 70, elles ont été réintroduites depuis et effectuent des aller-retours migratoires entre l’Europe et l’Afrique. Ainsi en ce moment elles arrivent tout juste du Kenya et de la Tanzanie, après être passées par l’Egypte et l’Europe de l’Est (les cigognes ne volent pas au-dessus des océans car pas d’ascendants thermiques). Soit un voyage de pratiquement 10 000 kilomètres qu’elles réitèreront en août, lorsque l’été commencera à faire ses valises.

Comme c’était le cas en Allemagne, la campagne alsacienne est truffée d’églises. On dit souvent qu’ici les protestants sont pro-allemands et les catholiques pro-français. La question identitaire reste très importante en Alsace.

Après être redescendus de 400 mètres en altitude hier (sortie de Forêt-Noire oblige), voilà que nous remontons tout doucement dans les Vosges. Déjà 200 mètres de repris en milieu de journée. En se retournant, on peut observer la vallée du Rhin et au loin on aperçoit toujours cette Forêt-Noire formant un bandeau foncé juste au-dessus de l’horizon.

L’après-midi est encore plus calme que la matinée. Hier Serge avait le choix entre deux itinéraires. L’un assez plat mais sur un axe circulant. L’autre plus vallonné mais sur des routes plus tranquilles. Au vu de la circulation que nous avons subi sur ces derniers jours en Allemagne, notre coureur à donc privilégié la deuxième option. Le dénivelé est donc encore important aujourd’hui. Mais s’affronte bien souvent dans un silence que seule la nature vient briser.

Preuve que notre coureur est multigénérationnel, le premier visiteur de cette deuxième partie française se prénomme Valentin et est âgé de 20 ans. Celui-ci a roulé une heure et demie depuis Mulhouse pour venir partager la fin de journée avec Serge. Les deux sportifs discutent allègrement jusqu’à la fin d’étape, au beau milieu du superbe parc naturel des Vosges. Il est vrai qu’aujourd’hui nous sommes gâtés, tant par la tranquillité que la beauté de cette étape. Et nul besoin de préciser qu’il fait encore une bonne vingtaine de degrés.

L’étape se termine comme à son habitude à plus de 70 kilomètres au compteur. Le temps pour nous de dire au revoir à Valentin et de lui souhaiter un bon retour à Mulhouse. C’était un plaisir et on espère le revoir à l’arrivée. Ce soir nous dormons à Bitche, juste devant son imposante et superbe citadelle, où Serge se souvient être venu lors de son service militaire. On espère juste que le réveil ne se fera pas au clairon demain. Bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du jeudi 30 mars: Etape 425

E423: Mardi 28 Mars // Weissach – Rastatt

E423: Mardi 28 Mars // Weissach – Rastatt

70,70km – 10h51′

Aujourd’hui Serge reprend son étape juste devant l’usine Porsche. A cette heure-là de nombreux employés viennent y travailler, en atteste l’immense parking extérieur plein à craquer. L’endroit semble très bien protégé. Barrières, agents de sécurité… dommage, un nouveau véhicule pour terminer la traversée n’aurait pas été de refus. Le nôtre commence à bizarrement toussoter…

L’herbe est encore un peu givrée ce matin et pourtant il fait déjà très bon. Hier nous avons atteint notre record de chaleur sur cette partie européenne avec 25°C. Et il semblerait que l’étape d’aujourd’hui parte sur des bases encore meilleures…

On a bien cru que les pistes cyclables allaient nous refaire le même coup que la veille. Avant même le premier ravitaillement elles commencent à nous fausser compagnie, obligeant Serge à redescendre et à s’abimer les chevilles dans les ronces. La mauvaise humeur plane… mais s’en va aussi vite qu’elle est venue. Au final ce n’était que des ronces, et notre coureur fait vite la part des choses. D’autant plus qu’aujourd’hui les pistes cyclables sont finalement plus dociles que les jours précédents. Surtout depuis que nous avons découvert qu’à l’entrée de chaque village existait un plan qui indique leurs emplacements. Peu après le 30ème kilomètre nous en trouvons une qui évite à Serge de courir sur la L565 que nous jugeons trop dangereuse. Surtout que les allemands sont intransigeants : si vous courez sur une route bitumée, ils ne manquent pas de vous exprimer à chaque fois leur mécontentement.

Très vite nous arrivons à Pforzhem, charmante ville où la circulation est plutôt calme. On fait tranquillement osciller Serge d’un trottoir à l’autre, puis d’un pont à un autre. Je n’aurais jamais pensé dire ça, mais finalement certaines zones urbaines ne sont pas si pénibles que ça à traverser, et peuvent même offrir un peu de répit.

Il est 10h et la température est déjà de 18°C. La team France 3 nous a rejoint. Serge en train de se faire interviewer en français par des journalistes français nous fais prendre conscience de la fin de cette aventure. Nous touchons au but…

Mais ne jamais crier victoire trop vite. Car cette dernière étape allemande labellisée « Forêt-Noire » bat des records de dénivelé. Ahhh, la Forêt-Noire… depuis le temps qu’on en parle, il fallait bien qu’elle arrive ! Fort de huit sommets hauts de plus de 1000m (dont le plus élevé, le Feldberg, mesure 1493m), cet endroit est légèrement trompeur quand à son appellation. Certes les épicéas sont nombreux, mais ils recouvrent surtout un épais massif montagneux particulièrement vallonné. Serge ne compte plus le nombre de côtes grimpées et descendues dont le pourcentage d’inclinaison excèdent à chaque fois la dizaine.

Début d’après-midi : 22,2°C. La chaleur monte tranquillement… Une fois le 50ème kilomètre passé, nous bifurquons plein ouest. La route se met lentement mais surement à redescendre. Au loin derrière les arbres de la Forêt-Noire apparaît un large panorama. La vallée du Rhin est là, juste devant nous. La frontière française aussi donc. Et tout au fond, on aperçoit déjà les Vosges.

A la question « Passera, passera pas la frontière ce soir ? », la réponse est finalement non. Notre route s’arrête à Rastatt. A seulement quelques kilomètres de la ligne imaginaire tant désirée. Serge, qui avait espoir d’arriver en France ce soir, préfère s’arrêter là. Le dénivelé aura eu raison de lui et il est cuit.

Nous terminons l’étape sous un soleil de plomb, qui fait monter le mercure à plus de 26°C. Record battu. Demain nous rentrons officiellement en France, et en attendant je vous souhaite une bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mercredi 29 mars 2017: Etape 424

E422: Lundi 27 Mars // Pfahlbronn – Weissach

E422: Lundi 27 Mars // Pfahlbronn – Weissach

70,36km – 10h52’

Bonjour à toutes et à tous.
Aujourd’hui nous attaquons notre 422ème étape. La sixième en terres allemandes et plus précisément la deuxième dans la région de Bade-Wurtemberg. Même s’il est apparemment moins riche sur le papier que la Bavière (les éboueurs n’ont plus de bras télescopiques pour saisir les poubelles, ça ne trompe pas), le Bade n’en demeure pas moins une des régions les plus compétitives d’Europe, grâce à tout un panel d’entreprises toutes installées ici. Ce land est un véritable centre de l’industrie automobile avec des sites de construction dans toutes les grosses villes. L’industrie textile, quoiqu’un peu sur le déclin, n’est elle aussi pas en reste, ainsi que la production d’électronique grand public et les entreprises de constructions mécaniques. On peut aussi rajouter l’horlogerie, qui est travaillée ici depuis longtemps, et la présence de la plus grande raffinerie allemande. Je ne vais pas vous citer toutes les entreprises représentant tous ces domaines économiques, mais croyez-moi il y a du beau monde. Rajoutez à ça un tourisme qui marche bien, avec notamment la Forêt-Noire, le lac de Constance ainsi que l’Europa Park qui reste en Europe le premier parc d’attraction en terme de superficie et le deuxième en ce qui concerne la fréquentation (derrière Dysneyland Paris bien sur).

Aujourd’hui nous reprenons notre avancée dans ce qui ressemble de plus en plus à cette fameuse « Forêt-Noire ». Nous traversons villages sur villages, tantôt perdus entre deux reliefs, tantôt perchés sur l’un d’eux. Il fait encore frais, mais le soleil augure d’une belle journée. Les premiers ravitaillements sont rythmés par les cris des oiseaux et autres rapaces et l’on profite des belles forêts environnantes. Néanmoins, ce beau tableau n’est pas représentatif de l’état de Serge. Toutes ces montées et descentes, qui pour le moment sont encore plus prononcées qu’hier, épuisent notre coureur. Au 15ème kilomètre il en a déjà marre et parle de changer le parcours de demain une fois à l’hôtel. Pour aujourd’hui il est déjà trop tard, maintenant que nous sommes engagés dans ces montagnes russes, difficile d’en sortir. D’autant qu’il faut que nous passions suffisamment au nord afin d’éviter Stuttgart, sixième plus grande ville allemande.

A voir Serge tout sourire dans ses vidéos quotidiennes, on est en droit de se demander s’il pourrait continuer à courir indéfiniment. Même si sa seule blessure aura été cet hématome lors de la remontée des Etats-Unis, le corps a quand même envoyé de gros signes de fatigue en Australie et en Namibie. Mais Serge reste le premier à banaliser son exploit auprès des gens. Notamment pas le biais de ses vidéos, où il n’aime pas se montrer en difficulté. De mémoire la seule fois où je l’ai vu se filmer tout en étant vraiment mal était dans la Death Valley, en Californie, où avec des températures extrêmes il n’avait eu d’autre choix que se montrer au bout du rouleau. Et pourtant de mes propres yeux, je l’ai vu plus d’une fois trimer pour avancer. Alors oui, depuis la Turquie il semble courir sur un petit nuage, mais ces dernières étapes européennes sont surtout facilitées par le fait qu’il y a la ligne d’arrivée au bout. Une fois que le cerveau sait que c’est bientôt terminé, les jambes suivent. Mais s’il n’y avait pas cette place du Trocadéro en forme de ruban d’arrivée, je me demande jusqu’où il irait trouver les ressources nécessaires pour avancer.
Réponse de l’intéressé ? « Je pourrais continuer comme ça sans jamais m’arrêter. »
Voilà qui a le mérite d’être clair.

L’étape d’aujourd’hui évolue au fil de la matinée, mais continue à ne pas être de tout repos. Après les montagnes russes du début de journée, le relief se tasse. Mais voilà que les pistes cyclables commencent à nous fausser compagnie, tandis que nous arrivons dans de grosses agglomérations. A l’approche de Winnenden, Serge est obligé de retourner courir sur les voies rapides, particulièrement fréquentées en ce lundi. De temps à autre des pistes pour vélo reviennent recoller la route, du coup notre coureur passe son temps à switcher entre le bitume et les pistes, se faisant au passage klaxonner par bon nombre de véhicules qui lui disent d’aller courir autre part que sur la chaussée.

Au 40ème kilomètre nous arrivons à Ludwigsbourg, la plus grosse agglomération du jour.
Malgré le bruit incessant de la circulation, c’est peut-être le moment le plus sécurisant pour Serge qui court sur de long trottoirs toute la ville durant. Mais une fois sortis de cet endroit, les problèmes reviennent à grandes enjambées. Montées, descentes, routes dangereuses, circulation : nous aurons été gâtés aujourd’hui. Autant la campagne allemande était très agréable à parcourir, autant cette zone urbaine l’est beaucoup moins. Car toute la journée nous n’aurons cessé de tourner autour de Stuttgart. Les panneaux indiquaient « Stuttgart – 20 kilomètres » ce matin, et ils indiquent toujours la même chose en fin d’après-midi. Et cet arc-de-cercle que nous avons décris au nord de la 6ème ville allemande nous aura vu traverser une succession de villes et villages faisant partie de ce qu’on appelle le « Grand Stuttgart » ou la « région de Stuttgart ». Une sorte de méga zone urbaine de 5,3 millions d’habitants, soit la 4ème plus grosse « ville-région » d’Allemagne.

Bref, vous l’aurez compris : heureusement que nous avons récupéré l’Alsace et la Lorraine, car nous avons hâte d’être enfin sur le sol français ! Bien évidemment je vous fais part de notre point de vue de suiveurs, mais celui qui doit le plus en avoir marre reste bien évidemment le coureur…

En fin d’étape nous recevons l’équipe de France 3 Haute-Normandie, qui était déjà venue nous rendre visite dans les Pyrénées. Cette fois-ci ils resteront avec nous jusqu’à jeudi. Alors attendez-vous à voir Serge dans l’édition régionale des prochains jours…

A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

E421: Dimanche 26 Mars // Ballmertshofen – Pfahlbronn

E421: Dimanche 26 Mars // Ballmertshofen – Pfahlbronn

70,00km – 10h40’

Aujourd’hui jour du seigneur et pourtant les églises et monastères voient rouge en ce début de journée. Toutes leurs vitres dirigées vers l’est sont inondées de la lumière d’un superbe lever de soleil aux teintes rouge vif. Sur ce tour du monde nous aurons eu la chance d’admirer pléthore de belles lumières matinales, dont la grande majorité nous aurait presque donné envie de devenir peintre…

Jour du seigneur donc, mais surtout jour du changement d’heure ! Et pour une fois celui-ci s’est parfaitement déroulé. Je me souviens de quelques emmêlements de pinceaux avec les différents fuseaux horaires étatsuniens, qui avaient débouché sur des errances dans des couloirs d’hôtels vides car beaucoup trop tôt…

Serge est déposé précisément là où il a été récupéré hier. Notre route reprend dans la région de la Bade-Wurtemberg. Fini la Bavière et ses drapeaux bleus et blancs, faites place au jaune et noir d’une région plus connue chez nous sous le nom de « pays de Bade ». Néanmoins la température de ce matin n’a rien de bade-waterienne (comprendra qui pourra ce subtil jeu de mot) puisque le thermomètre du véhicule affiche seulement 3 degrés. Serge arrive frigorifié au premier ravitaillement et se réchauffe les mains autour de la traditionnelle tasse de café.

Dix kilomètres plus loin, la machine est enfin lancée. Et réchauffée. Assurément aidée par les rayons du soleil arrivés entre temps. Nous continuons de traverser par moment de très sombres forêts et sans vraiment nous en rendre compte nous montons en altitude. Et derrière toute bonne montée, se cache forcément une bonne descente. Celle-ci est assez périlleuse car en forme de lacets et complètement démunie de bas-côtés. Le ton monte entre notre coureur et une circulation dominicale plus importante que prévue. Mais avec un recul de quelques minutes, notre coureur accepte les coups de klaxons. « C’est normal qu’ils ne comprennent pas ce que je fais là » me dit-il.
Comment peuvent-ils ne pas comprendre que Serge travaille pour la DDE et qu’il vient s’assurer que cette portion de route est en bon état ?

Toute la journée nous n’aurons eu de cesse d’apercevoir des éoliennes. Et pour cause, l’Allemagne est numéro un en Europe en ce qui concerne ce secteur d’énergie. Elle produit 24,6% de la production totale européenne. Au niveau mondial elle en produit 10,3% et se place derrière la Chine et les Etats-Unis. Le gros des éoliennes étant situé dans le nord du pays, je n’ose pas imaginer combien il y en a là-haut…

Serge termine son étape avec un dénivelé positif de 757m. La campagne allemande est bien plus vallonnée que nous ne l’aurions imaginé, et ces montées / descentes auront bien fatigué notre coureur. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

 

E420: Samedi 25 Mars // Aichach – Ballmertshofen

E420: Samedi 25 Mars // Aichach – Ballmertshofen

70,23km – 10h27′

A chaque début de journée ses mêmes gestes. Que ce soit Serge ou les suiveurs, tout le monde a ses petites habitudes qu’il respecte minutieusement chaque matin.
Tous les jours j’ai l’impression de revivre la même scène. Mais dans un lieu différent. Une sorte de journée de la marmotte mais à travers le monde. Et aujourd’hui ne déroge pas à la règle. Il est 5h et la valse commence. Chacun passe l’un à côté de l’autre en se frôlant, comme si l’on connaissait à l’avance nos moindres mouvements. Préparation du petit-déjeuner, pressage des fruits, rangement, débarbouillage, descente des affaires dans le véhicule et enfin l’indémodable « checkage » des chambres. Tout le monde connaît la chanson ainsi que la chorégraphie qui va avec.

Hier je me demandais ce qui était le plus dur dans le boulot de suiveur. Après une longue réflexion nocturne, et bien je dirais que c’est peut-être ça. Pas la préparation du petit-déjeuner ni celle du véhicule, mais plutôt le fait que chaque journée de course est un éternel recommencement. Un éternel recommencement dont la difficulté est que chaque étape ne conditionne jamais la réussite de la suivante. Chaque jour on repart de zéro, avec un objectif identique, celui de faire arriver notre coureur du point A au point B, mais avec des problématiques différentes (météo, fatigue, aléas du direct, etc…).
Ce matin notre route reprend dans un paysage similaire à celui des étapes précédentes. Seule nouveauté, et pas n’importe laquelle, le soleil est enfin de retour ! Surement un signe en cette journée d’exception où sont d’ailleurs nées de très nombreuses célébrités telles qu’Elton John, Aretha FranklinThomas Girard ou même Simone Signoret. Une belle brochette dont la modestie n’est plus à prouver…

Au 25ème kilomètre nous atteignons Langweid, dont la proximité avec l’autoroute a surement joué dans son développement. La température a déjà dépassé celle d’hier, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, les bourgeons commencent à pousser, les gens sont de sortie : bref, c’est samedi, mais c’est surtout le printemps !
La colorimétrie à repris ses droits aujourd’hui. Les champs ont pris des nuances de vert bien plus agréables à l’œil et l’on en remercie le soleil qui a effectué un retour fracassant. Les pistes cyclables sont fidèles au rendez-vous, et offrent encore et toujours un indéniable confort de course à notre coureur.
Depuis notre entrée en Bavière, nous croisons la route de nombreux tracteurs aux tailles impressionnantes. Et ces derniers doivent avoir de sacrés moteurs car une fois sur le bitume, croyez-moi, certains roulent très vite ! D’habitude je suis très peu attentif à ce genre d’engins, mais là je dois avouer que l’agriculture allemande m’impressionne…

Je ne m’étais même pas fait la remarque, mais depuis notre entrée en Allemagne les bas-côtés sont impeccables de propreté. Très, très peu de déchets. Et pour cause, aujourd’hui nous avons vu plusieurs habitants en train de nettoyer à la main les herbes voisines. Une paire de gants, un sac plastique et de la bonne volonté. La recette n’est pourtant pas compliquée.

Il est 13h30, le soleil tape comme ce n’était plus arrivé depuis le début de l’Autriche. Nous voilà à Höchstadt an der Donau dont l’architecture ne laisse personne indifférent. De petites rues très propres, dont les maisons rivalisent entre elles de couleurs, et puis il y a ce superbe château qui trône à l’entrée de la ville ainsi que cette église sur la place principale. Ça tombe bien, c’est ici que nous logeons ce soir.

Nous continuons notre avancée dans la campagne. Du haut de Mödingen nous apercevons notre troisième centrale nucléaire en cinq jours. En ce qui concerne les panneaux solaires d’accord il y a du monde, par contre quand il s’agit du nucléaire les allemands ne sont pas tout roses non plus… Mais, ne soyons pas trop médisants, car contrairement à notre cher hexagone, l’Allemagne a amorcé une sortie du nucléaire depuis les années 2000.

Notre coureur termine encore une fois son étape à plus de 70 kilomètres. Demain nous reprendrons notre avancée non pas en Bavière, mais en Bade-Wurtenberg.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

E419: Vendredi 23 Mars // Wang – Aichach

E419: Vendredi 23 Mars // Wang – Aichach

70,01km – 10h23′

Aujourd’hui il reste officiellement moins de 1000 kilomètres à parcourir sur ce tour du monde. Et oui, à défaut de me répéter, la fin est proche ! Et puisque nous sommes dans les chiffres, sachez que c’est aussi en cette 419ème étape que Serge va passer la barre des 600 marathons. Mais nous y reviendrons cet après-midi. En attendant, il n’est que 6h du matin et nous commençons l’étape dans une bien fraîche campagne bavaroise.

Depuis que nous sommes en Allemagne nous avançons plein ouest. Il faut dire que pendant cette dernière semaine nous n’avons pas arrêté de monter vers le nord. Les Alpes maintenant terminées, il était temps que l’on réajuste notre trajectoire vers Paris. Lorsque je regarde notre position sur le GPS, celui-ci m’indique une latitude de 48,29 degré nord. Ce qui fait que nous sommes pratiquement à la même hauteur que Brest.

Nous passons le village de Kichdorf An Der Amper. Il fait à peine 7°C et les enfants vont tranquillement à l’école en pull… soit leur sécurité sociale est excellente, soit les allemands ne craignent vraiment pas le froid…

Ludovic profite du calme matinal pour faire l’inventaire de la nourriture qu’il nous reste. Plus besoin de prévoir sur le long terme, l’important est maintenant de calculer ce qu’il est nécessaire ou non de racheter pour ces deux dernières semaines.

Etonnamment, depuis notre entrée en Allemagne nous croisons très peu de gens qui parlent anglais. Certes la Bavière n’est pas réputée pour son tourisme, mais nous ne nous attendions pas à un dialogue aussi difficile. Hier et avant-hier les gérants d’hôtels ne parlaient rien d’autre que l’allemand, et celui de Serge et Ludovic étant quelque peu rouillé…
Une fois à table on improvise, et bien souvent mimer les bruits d’animaux histoire d’être sur que l’on s’apprête bien à commander la bonne viande est la meilleure des solutions.

Dans chacun des villages, s’il y a un bâtiment qui répond toujours présent c’est bien l’église. Comme dans nos campagnes, les clochers sont nombreux et parfaitement visibles de loin. Actuellement nous sommes dans une région à grande majorité catholique (55% de pratiquants en Bavière contre 30% sur l’ensemble du pays). Elle est même considérée comme un véritable noyau de la spiritualité catholique. Ici toutes les grandes fêtes religieuses rythment le cours de l’année. Beaucoup de saints sont célébrés par des défilés où les gens se déguisent dans les rues. A Noël, chacun vit reclus chez soi, en famille, et pendant une semaine la vie s’arrête complètement. D’une manière générale, en Bavière le culte et les traditions sont très importants et respectés. Le vendredi les lieux publics, hôpitaux et cantines ne servent à manger que du poisson. Chaque fin de mois un denier du culte est prélevé sur les salaires, sauf pour ceux officiellement déclarés « sans appartenance religieuse ». La politique bavaroise est même très conservatrice, notamment en ce qui concerne l’avortement. Dans les écoles des crucifix sont même disposés sur les murs.

Mais preuve que rien n’est figé dans le temps, le parti conservateur CSU (Union chrétienne-sociale) qui a dirigé la Bavière seul pendant plus de dix législatures consécutives, à finalement perdu sa majorité absolue lors des dernières élections de 2008. Ce n’était plus arrivé depuis 1962. Rapidement la CSU et les libéraux se sont alliés afin que les conservateurs restent au pouvoir, mais il semblerait que les choses soient amenées à évoluer dans les années à venir.

L’après-midi est très calme. Nous n’aurons pas vu le soleil de la journée, et le ciel gris a l’air bien décidé à ne pas évoluer. Cela dit, tant qu’il n’y a ni pluie ni vent cela nous convient.
Parfois notre route s’enfonce dans des forêts aussi compactes que soudaines. La journée aura été très rurale et ce n’est que vers le 60ème kilomètre que nous retrouvons la nationale 300. Nous passons au-dessus puis la longeons pendant deux kilomètres pour finalement repartir en pleine cambrousse. C’est à ce moment-là que nous fêtons le passage des 600 marathons. En 118 jours, 4 heures et 12 minutes.

Sur les derniers kilomètres tout le monde est bien fatigué comme il faut. Serge traine un peu des pieds. Au loin, comme un mirage dans cet oasis de ruralité, apparaît un camping car. On y aura cru l’espace de quelques secondes, mais le véhicule passe devant nous sans s’arrêter. Non, ce n’était pas nos pigeons voyageurs. A demain !

Données de la montre Epix: Garmin Connect

E418: Jeudi 22 Mars // Landau An Der Isa – Wang

E418: Jeudi 22 Mars // Landau An Der Isa – Wang

70,35km – 10h20’

Il est 6 heures et comme à son habitude Serge s’élance. Le jour se lève à peine et les villages des alentours sont encore éclairés de leurs lampadaires. A force d’avancer vers l’ouest le soleil commence de plus en plus à faire la grasse matinée. En tout cas j’envie notre coureur pour ces départs matinaux, où les voitures n’existent pas encore et où la nature est déjà bien réveillée. La parcourir à pied doit donner le sentiment de la côtoyer de la meilleure des manières.

Depuis hier on ne compte plus les noms de villes en « orf ». Eichendorf, Wannesdorf, Lappersdorf, Pörnsdorf…De la même manière que chez nous, « orf » signifie « ville » et est très courant ici. Même chose avec « stadt » et « berg », qui veulent respectivement dire « villages » et « montagne ».

Depuis que nous sommes en Allemagne, nous remarquons des avancées technologiques assez inattendues. Par exemple les éboueurs ne sont pas accrochés à l’arrière du camion poubelle, mais tranquillement assis à l’avant. L’un conduit tandis que l’autre pilote une espèce de grue qui attrape une par une les poubelles parfaitement disposées sur le bord de la route par les habitants. Les panneaux de circulation, eux, sont lavés par un énorme camion qui avance tout doucement sur les routes. Là encore même dispositif : un conducteur et un équipier qui tiens un balais par la fenêtre ouverte et frotte les panneaux aspergés d’eau moussante par un bras du camion.

Aujourd’hui triste nouvelle : les PV retournent en France. Aux alentours de 11h, après une dernière salve de croque-monsieur à se rouler par terre, Roger et Brigitte nous quittent. L’équipe se réduit pratiquement de moitié et nous voilà orphelins… On leur souhaite une bonne route.

Serge, lui, est concentré sur sa route. Surement un peu fatigué aussi. On le voit bailler au loin lorsqu’il approche des derniers ravitaillements. Surement que le kilométrage revu à la hausse ces derniers jours n’y est pas anodin. En attendant aujourd’hui, malgré la fatigue on ne peut qu’applaudir des deux mains pour cette abondance de pistes cyclables, qui en plus restent toutes parfaitement parallèles à la route et donc idéales pour courir ainsi que ravitailler.

La seule ville du jour, Landshut, nous prend un peu de court. Il est vrai que l’on s’était un peu habitué à ces pays de seulement quelques millions d’habitants. Alors qu’en Allemagne, il faut se méfier de chaque agglomération. Même celles de petite taille sur la carte. Après tout, ce pays est quand même peuplé de plus de 80 millions d’individus !
En début d’après-midi nous nous retrouvons donc en plein dans Landshut. 70 000 habitants certes, mais une agglomération très étirée. Même si la traversée se déroule bien, elle nous rappelle à quel point les traversées de villes sont à éviter.

L’hôtel se situe au 62ème kilomètre sur le tracé du jour. On en profite pour sortir de notre torpeur, récupérer les clefs de la chambre et y déposer tous nos sacs pendant que Serge termine ses 70 kilomètres. Et oui 64 kilomètres c’est définitivement has been, et la mode du 70 est de retour. Bien évidemment c’est un choix délibéré de sa part, et cette pente à 14% (voir vidéo) en toute fin d’étape vient quelque part rendre justice. Un grignotage de l’étape suivante peut parfois se payer cher…
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

E417: Mercredi 22 Mars // Sankt Florian Am Inn – Landau An Der Isa

E417: Mercredi 22 Mars // Sankt Florian Am Inn – Landau An Der Isa

70,30km – 10h24′

L’étape démarre sur des chapeaux de roue. Il est 6h et Serge part de l’hôtel. Après seulement un kilomètre de course il passe une grande porte avec des volets rouges et blancs aux couleurs de l’Autriche, et débouche sur la superbe place de Schärding. L’endroit est très joli, et nos âmes de photographes sont un peu cueillies à froid. On aiguille notre coureur –car la route n’est pas si simple que ça- tout en mitraillant le plus possible de bâtiments. Les quelques gens debout à cette heure-là ont surement du nous prendre pour des fous qui ont décidé de visiter et photographier tout ce qu’ils pouvaient sans s’accorder une seule seconde de répits…
Une centaine de mètres plus loin vient le passage du pont. Ce fameux pont qui relie l’Autriche et l’Allemagne. Pas de contrôle, juste un pêcheur qui nous regarde d’un œil interrogatif. De l’autre côté une grande bâtisse, cette fois-ci aux volets bleus et blancs: nous voilà en Bavière.

La Bavière donc, qui se dit Bayern en allemand (Bayern de Munich… tout s’explique…), est l’un des seize et surtout le plus grand länder du pays (équivalents de nos régions). Sa capitale est Munich et son drapeau de couleurs bleues et blanches. Comme les volets du bâtiment aperçu précédemment. Et comme les carreaux sur le logo de la marque BMW. Car la Bavière est la région d’origine de beaucoup de multinationales allemandes à succès : BMW, MAN, Adidas, Puma ou même Allianz. C’est donc dans une des régions les plus riches d’Allemagne, et où le taux de chômage est le plus bas (3,6% contre 6,9% pour l’ensemble du pays) que nous entrons ce matin.

La campagne bavaroise semble prospère, même sous un temps aussi maussade. Pourtant Ludo-stradamus s’était lancé dans un pronostic un peu osé hier en annonçant qu’il allait faire beau jusqu’à l’arrivée. On peut dire que c’est officiellement raté.
La tranquillité des routes de campagnes que nous espérions tant n’est pas au rendez-vous. Peut-être que notre proximité avec la frontière est encore trop importante, mais ce matin il y a beaucoup de trafic. Des camions et des cars, tous autorisés à rouler à 100km/h sur ces toutes petites routes de campagne. Pas facile de courir à côté.
Nous sommes impressionnés par le nombre de panneaux solaires et voltaïques sur les toits. Même si aujourd’hui ils ne servent pas à grand chose. Mais attention, je ne parle pas d’un ou deux panneaux par maison, mais de toitures entièrement recouvertes ! Assurément l’Allemagne est un pays qui se donne les moyens d’être écolo. Néanmoins j’essaie de relativiser en me disant que le niveau de vie en Bavière peut permettre de telles installations, mais Serge m’assure que c’était la même chose dans le nord lors de son passage en 2010. Alors qu’il y a moins de soleil et d’argent là-bas.

La Bavière est fidèle à sa réputation. Les maisons sont impressionnantes de grandeur et de propreté. Les granges superbes, spacieuses et toutes refaites à neuf. On sent clairement une région luxueuse, où tout le monde gagne bien sa vie.

L’après-midi est bien plus tranquille que la matinée. La pluie a cessé et le trafic diminué. Une première journée allemande assez tranquille, alternant les passages en rase campagne et ceux en forêts. Serge résumera l’étape comme « une journée sans vent ». C’est bien vrai.

Aujourd’hui encore, notre coureur a poussé la machine jusqu’au 70ème kilomètres. Et il m’a assuré qu’il en serait de même jusqu’en France, histoire d’assurer ses arrières. Ce soir nous dinons pour la troisième et dernière fois chez « Adrienne », le camping-car des PV. Demain ils retournons en France, avant peut-être de nous une dernière visite…
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect