70,71km – 10h25’

Après une fin d’étape complètement folle hier, nous reprenons ce matin dans un calme olympien. Aujourd’hui c’est la dernière journée de Ludovic sur ce tour du monde. Déjà ! Demain il s’en ira retrouver les siens, ainsi que l’air pur et absolument vierge de Grenoble !

Dès les premiers kilomètres nous quittons Forbach et arrivons à Petite-Rosselle, toute petite ville française qui ne fait qu’une avec Großrosseln, sorte d’homologue allemande. Juste entre les deux se trouve La Rosselle, une rivière qui délimite la frontière entre la France et l’Allemagne. Du côté français sont massées toutes les boulangeries, de l’autre tous les tabacs. Chacun son domaine de compétence.

Serge retourne donc courir quelques kilomètres en terres étrangères. Rassurez-vous on ne repart pas en arrière, mais si vous regardez notre tracé du jour, vous comprendrez qu’il valait mieux couper par là. On en profite pour faire de l’essence et utiliser une dernière fois notre dialecte allemand (« hallo », « drei » (trois, comme le numéro de la pompe) « pelik » (pour le ticket de caisse) ainsi que le traditionnel « danke » de remerciement). Même pas le temps de vraiment comprendre ce qui nous arrive que nous voilà déjà revenus en France.

On aiguille Serge à travers les rues de la banlieue de Creutzwald. L’avantage avec le 4×4, c’est que s’il nous perd de vue il peut nous retrouver grâce à l’odeur. Ou plutôt à cause. On s’excuse d’ailleurs pour toutes les personnes qui depuis la Turquie ont subi le courroux de notre pot d’échappement. S’il n’y avait pas la balise pour suivre Serge, je pense que l’on pourrait demander à Thomas Pesquet de faire le tracé depuis l’espace à l’aide des trous qu’on laisse dans la couche d’ozone.

Cela faisait plusieurs jours que l’on n’avait pas passé une étape juste tous les trois. Aujourd’hui est une journée vraiment très calme. Aucune ville au programme, seulement quelques villages où très peu de commerces sont ouverts. Pourtant nous sommes vendredi après-midi… mais la ruralité du XXIème siècle connaît des temps compliqués…
Preuve de la quiétude de cette journée, à part un homme qui a souhaité bon appétit à Ludovic ce midi, et un autre un peu étrange qui a tenté de nous parler depuis les bois, nous n’avons communiqué avec personne de la journée. En comparaison avec hier où nous avions l’impression d’avoir gagné la coupe du monde, cela fait tout drôle.

Au 40ème kilomètre nous arrivons à Bouzonville. Plusieurs véhicules circulent dans les rues et invitent par le biais de mégaphones les bouzonvillois et bouzonvilloises (que l’un des habitants me corrige si j’ai faux !) à venir voir le cirque local. Au programme un jongleur de tables, un singe chevaucheur de poney… mais pas de femme à barbe. Dommage.

Depuis que nous sommes entrés en France, les radios francophones n’ont pas encore repris le pouvoir. Pour l’instant impossible de mettre la main sur Nostalgie, et RTL n’est disponible que dans sa version luxembourgeoise. Car si nous continuons à flirter avec l’Allemagne, le Luxembourg n’est maintenant plus très loin… mais pas d’inquiétude, nous allons rester fidèles à la France et rapidement amorcer notre descente vers Paris.

Aujourd’hui encore un dénivelé très important. Serge qui a pourtant l’habitude de marcher dans les côtes, les aura cette fois-ci toutes courues. Même les plus abruptes. « Je ne ferais pas ça s’il me restait encore 3000 kilomètres » me dit-il.

Il est 16h18 et vient alors le 60ème kilomètre. C’est l’heure du dernier ravitaillement pour Ludovic. Il sera remplacé dès demain par Bertrand, qui arrive ce soir en compagnie de Laure. Ce soir où, une fois n’est pas coutume, nous sommes hébergés. Dans la « principauté de Luttange », chez David et Karine. Et il en sera de même pour demain !

Bref, aujourd’hui aura été une journée où il ne se sera pas passé grand chose, mais où tout se sera bien passé. Et c’est bien l’essentiel. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du samedi 01 avril: Etape 427