74,35km – 10h13′

Encore 51km ce matin, et nous voilà au point de départ, accueillis sous une pluie fine par une  quantité de chants d’oiseaux. Que font – ils déjà à 6h40, au bord de Mc Leod Lake ? Que dire du paysage aujourd’hui avec ce temps qui a empiré depuis une heure. Peu de choses si ce n’est que ça vous met le moral dans les chaussettes. Et pour notre coureur ce sont à chaque passage de camions des gerbes d’eau ramassées en plein visage ! Pour nous, c’est aussi la difficulté  de se garer sur des talus rendus instables par l’eau qui tombe et le ruissellement. Christophe  vient de partir ravitailler en arrière, car nous avons largement dépassé les 5km habituels. Nous sommes dans le parc de Tudyah Lake, un lac de plus dans une collection qui n’a pas fini de s’enrichir. Serge  s’est équipé “pluie” avec sa grande parure transparente. Le ciel est chargé  et pas l’ombre d’une éclaircie à l’horizon. Nous avons fait un petit inventaire afin de déterminer nos prochaines emplettes en fonction des commerces présents sur notre route. Nous avons passé Bear Creek mais pas vu d’ours. Puis nous croisons la road 39 qui mène à  Mackenzie et poursuivons sur notre ”97” direction Chetwynd,  prochaine ville, notre dortoir demain soir. De grands panneaux indicateurs préviennent les automobilistes et les invitent à faire très attention, à  prendre leurs précautions, la prochaine station-service se situant à ….. 150 km ! !

Au km 30, ravito sandwich et la pluie qui avait cessé remet cela , allez c’est la fête des grenouilles. On a eu le temps de sécher les affaires de Sergio. En route pour 5km. Problème,  les bananes qu’on achète pas trop mûres pour qu’elles se conservent , ne sont pas mûres cette fois . On change pour un avocat.  Nous nous enfonçons dans une vallée étroite et sinueuse, entre des monts qui sont les prémices des Hart Ranges, eux – mêmes  faisant partie des Rocky Moutains au Nord-Ouest . L’horizon est maintenant très haut, ce sont les crêtes, qu’on aperçoit seulement par moments à cause de la brume qui les entoure et qui culminent entre  1800 et 2500 m d’altitude. Tout est gris à nouveau et ne donne pas le sourire. Pas de maisons , sauf trois en tout début de journée et une station-service où nous avons complété notre plein de carburant. Tristesse sera le mot du jour. On n’arrête plus de s’habiller et de se déshabiller.  Pénibles ces journées. Nous admirons en passant quelques cascades qui alimenteront la petite rivière qui coule en bas de notre chaussée et de la voie ferrée à voie unique. Nous attendons Serge à Rolston Creek, et pourquoi ?  Parce que c’est le seul endroit qui peut nous accueillir en toute sécurité. Et de là , nous voyons des plaques de neige qui couvrent encore les sommets environnants . Le paysage a complètement changé en dix kilomètres . Et c’est ici que cela  commence sérieusement  à  grimper. D’ailleurs on aperçoit déjà trois ou quatre lacets de la montée. Nous passons le lieu-dit  Bijoux Hill (aucune maison) et sa plateforme de chaînage pour la saison d’hiver  (30oct/31mars) pendant laquelle tous les véhicules empruntant cet axe doivent obligatoirement posséder des chaînes ou équipements spéciaux. Passage d’un col à 950m d’altitude.  Nous redescendons .

Km 60, il y a un camping au bord d’un lac situé au pied de belles falaises. Troisième tenue pour finir la journée, tee-shirt et bermuda, alors que jusqu’à 15h00, on avait soit la polaire, soit polaire + k-way  ! Espérons  que cette nuit verra les nuages partir vers d’autres contrées. Surprise! Nous attendions le boss à  l’endroit prévu , et d’un coup, un ours, entrain de traverser la chaussée 100m en arrière de notre position, tranquille, s’arrêtant même au milieu pour nous regarder, puis reparti dans le talus opposé, descendant probablement  à  la rivière jouxtant la route en contrebas. Sur ce, Serge  arrive et nous raconte sa rencontre 1,5 km en amont avec un autre ours, mais moins sympa, qui lui a juste fait comprendre par des grognements qu’il n’était pas le bienvenu près de son territoire. Petite montée  d’adrénaline pour notre Sergio, qui a quand même sorti sa mini caméra, mais n’était pas sûr de la qualité des images !  Ne pas insister. Prochain investissement,  une bombe à poivre pour lui , et une pour nous . En principe, ils ne sont pas agressifs sans raison .

Bravo Serge. Dure journée.  A demain.

Donnée de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du jeudi 14 Juillet: Etape 166