70,11km – 10h27′
Ce matin nous nous faisons cueillir dès le réveil par les journalistes de France 3. Motif : tourner la séquence « lever du coureur ». Le nombre de personne dans la chambre double en quelques secondes, et c’est un Serge entouré d’une caméra, d’un micro et d’un flash qui s’éveille. Il ne manque plus que le tapis rouge.
Reprise des débats à quelques kilomètres seulement de la frontière. Derrière nous la Forêt-Noire est toujours là, immobile et imposante, comme pour nous dire au revoir après l’éprouvante journée d’hier. Le temps d’acheter quelques dernières viennoiseries allemandes, de l’eau, des fruits et nous voilà devant ce pont. Devant le Rhin et cette fameuse frontière franco-allemande. On s’arrête au panneau « Frankreich » pour faire quelques photos, et c’est parti !
*roulements de tambours*
Mesdames et messieurs, après 404 jours hors de France, 16 pays supplémentaires traversés, des milliers de ravitaillements ainsi qu’une vingtaine de millions de foulées, nous avons le plaisir de vous annoncer que Serge est de retour dans l’hexagone ! CO-CO-RI-CO ! Je n’ose pas imaginer à quel point ça doit lui faire bizarre. Déjà, le simple fait d’entendre parler français autour de soi doit être assez perturbant. Mais ensuite il y a tous ces petits détails visuels de la vie quotidienne française qui doivent soudainement vous rejaillir en pleine face. Drôle de sensation que lui seul peut vraiment ressentir en ce moment-même.
Mais un retour en France signifie aussi un retour des téléphones portables. Et surtout de l’usage d’internet sur ces derniers. Bien pratique lorsqu’il s’agit de localiser Serge en temps direct, de consulter ses mails et les éventuelles réservation de logements, ainsi que le restant de l’étape sur le GPS, mais aussi des infos pour écrire le compte-rendu… bref voilà un confort que je suis bien content de retrouver.
Pour ces premiers kilomètres de retrouvailles avec la France, nous traversons de très jolis petits villages dont les noms n’ont pour l’instant rien de francophone. Beinheim, Kesseldorf, Niederroedern… mais nous sommes en Alsace me direz-vous. Et c’est assurément la région française qui partage le plus en commun avec nos voisins allemands, notamment de par leur frontière mais surtout leur histoire.
Nous naviguons au travers de routes extrêmement tranquilles, tantôt en pleine forêt, tantôt dans de petits villages. Les maisons en colombages typiques de la région ne manquent pas à l’appel, et tout le monde ici semble prendre extrêmement soin de son jardin. Il y a mille et une choses à y observer.
Les cigognes, emblème de la région, ne tardent pas à faire leur apparition. Que ce soit nichées sur des toits ou tranquillement debout dans des champs, nous en apercevons plusieurs dès les premiers kilomètres. Pratiquement disparues de la région dans les années 70, elles ont été réintroduites depuis et effectuent des aller-retours migratoires entre l’Europe et l’Afrique. Ainsi en ce moment elles arrivent tout juste du Kenya et de la Tanzanie, après être passées par l’Egypte et l’Europe de l’Est (les cigognes ne volent pas au-dessus des océans car pas d’ascendants thermiques). Soit un voyage de pratiquement 10 000 kilomètres qu’elles réitèreront en août, lorsque l’été commencera à faire ses valises.
Comme c’était le cas en Allemagne, la campagne alsacienne est truffée d’églises. On dit souvent qu’ici les protestants sont pro-allemands et les catholiques pro-français. La question identitaire reste très importante en Alsace.
Après être redescendus de 400 mètres en altitude hier (sortie de Forêt-Noire oblige), voilà que nous remontons tout doucement dans les Vosges. Déjà 200 mètres de repris en milieu de journée. En se retournant, on peut observer la vallée du Rhin et au loin on aperçoit toujours cette Forêt-Noire formant un bandeau foncé juste au-dessus de l’horizon.
L’après-midi est encore plus calme que la matinée. Hier Serge avait le choix entre deux itinéraires. L’un assez plat mais sur un axe circulant. L’autre plus vallonné mais sur des routes plus tranquilles. Au vu de la circulation que nous avons subi sur ces derniers jours en Allemagne, notre coureur à donc privilégié la deuxième option. Le dénivelé est donc encore important aujourd’hui. Mais s’affronte bien souvent dans un silence que seule la nature vient briser.
Preuve que notre coureur est multigénérationnel, le premier visiteur de cette deuxième partie française se prénomme Valentin et est âgé de 20 ans. Celui-ci a roulé une heure et demie depuis Mulhouse pour venir partager la fin de journée avec Serge. Les deux sportifs discutent allègrement jusqu’à la fin d’étape, au beau milieu du superbe parc naturel des Vosges. Il est vrai qu’aujourd’hui nous sommes gâtés, tant par la tranquillité que la beauté de cette étape. Et nul besoin de préciser qu’il fait encore une bonne vingtaine de degrés.
L’étape se termine comme à son habitude à plus de 70 kilomètres au compteur. Le temps pour nous de dire au revoir à Valentin et de lui souhaiter un bon retour à Mulhouse. C’était un plaisir et on espère le revoir à l’arrivée. Ce soir nous dormons à Bitche, juste devant son imposante et superbe citadelle, où Serge se souvient être venu lors de son service militaire. On espère juste que le réveil ne se fera pas au clairon demain. Bonne nuit.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du jeudi 30 mars: Etape 425



