66,34km – 10h11’

Ce matin c’est donc le père, le fils et un nouveau saint-esprit qui s’en vont arpenter les routes croates. Et pas n’importe quel saint-esprit, puisque c’est « notre luluuuuu » (comme dirais-je Serge) qui continue l’aventure à nos côtés.
Les changements d’équipe sont toujours des moments cruciaux, où le passage de témoin doit se faire du mieux possible. Evidemment cela casse la dynamique déjà établie, mais permet aussi de la renouveler. Car le job de suiveur est un boulot à plein temps mais surtout à l’usure, et il est essentiel de faire des rotations afin que chacun continue à prendre du plaisir. Ce matin on profite donc du premier ravitaillement pour faire l’inventaire du véhicule et montrer à notre nouvel arrivant où est rangé quoi.

Très vite notre route bifurque et rentre dans Osijek. Hier je vous parlais de chaîner les pneus, et bien j’aurai peut-être dû me taire puisqu’en pleine traversée de la ville il se met à neiger de gros flocons ! A ce moment-là David doit être dans l’avion, peut-être même au-dessus de nous. S’il pouvait demander au mec en haut de fermer le frigidaire, on lui en serait reconnaissant. En tout cas le sol est bien trop humide pour que la neige tienne, mais cela annonce la couleur pour les jours à venir…

On aiguille Serge à travers Osijek qui s’éveille tranquillement en ce dimanche matin. Les gens sortent de chez eux au compte-goutte et vont faire leurs courses dans un grand marché couvert. Mine de rien, cette ville est la quatrième plus importante du pays, qui ne compte que 4 millions d’habitants. Elle possède d’ailleurs un pont, bâtit au 16ème siècle par Soliman le Magnifique (un sultan ottoman qui s’était emparé de la ville), qui fût à son époque le plus long d’Europe et peut-être même du monde (pratiquement 13 kilomètres de long, enjambant la « Drave » et plusieurs ilots…).

Ludovic a ramené avec lui une bonne pile de disques, histoire de renouveler l’ambiance musicale du véhicule. Au programme ce matin, la compilation « musiques d’hiver » qui se prête plutôt bien à ce début de journée…

La matinée passe tranquillement et la neige cesse de tomber aussi vite qu’elle est arrivée. Il crachine légèrement, mais rien de bien pénalisant par rapport aux prévisions météo qu’avait lu Serge. Il semblerait que plus l’on se rapproche de la France, plus les prévisions météo ne soient pas fiables… comme c’est bizarre…
Notre coureur à donc le sourire et progresse sur des routes extrêmement calmes. Dimanche oblige. Nous nous faisons quand même surprendre entre Osijek et Valpovo : un panneau temporaire indique que la nationale sur laquelle nous sommes est sans issue. La voie est complètement bloquée par des travaux, et il n’existe aucune route secondaire à part un bon détour d’une dizaine de kilomètres. Heureusement, la circulation au milieu des travaux à l’air autorisée le dimanche. Nous passons en premier, roulant entre les tractopelles. Les ouvriers ne disent rien. Serge passe ensuite avec son gilet orange, ce qui ne manque pas d’interloquer les travailleurs qui ont exactement la même tenue. Un signe de la main, et voilà notre coureur de l’autre côté.

Il est midi et nous voilà dans notre deuxième ville du jour : Valpovo. D’une taille bien plus modeste, la cité présente néanmoins un superbe château fort en son centre. Les plus anciens écrits retrouvés et évoquant cette forteresse datent de 1438. Néanmoins, une centaine d’année plus tard celle-ci ne résistera pas à l’invasion ottomane et notamment à notre cher Soliman le Magnifique dont je vous parlais plus haut. Cette vague ottomane est la même que celle évoquée lors des semaines précédentes, et qui au XVIème a conquis la Bulgarie, la Serbie mais aussi cette partie de la Croatie.

Le soleil fini même par se joindre à nous, par intermittence c’est vrai, en ce début d’après-midi. Serge reste couvert car il fait tout de même frais. Nous arrivons sur les coups de 15h à Donji Miholjac notre ville étape du soir, qui a la particularité d’être aux portes de la Hongrie.

Mais l’étape se termine quelques kilomètres plus loin, au bord de la nationale 34. Et c’est peut-être à cet endroit précis que nous sommes le plus proche de la Hongrie. Car a quelques dizaines de mètres au nord de nous se trouve le Drave, l’un des influents du Danube qui délimite la frontière entre la Croatie et la Hongrie. Et oui, si nous ne passerons pas chez nos amis les hongrois, nous allons néanmoins flirter avec leur pays pendant une grande partie de notre séjour croate. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect