65,42km – 10H12′

Notre route ce matin nous emmène le long d’un parc où nous voyons un rideau de clôture électrique long de plusieurs kilomètres, nous y apercevons un troupeau d’hippotragues noirs, faisant partie de la famille des antilopes. Un vent souffle ce matin ce qui nous permet de ne pas sentir cette chaleur qui commence à être de plus en plus présente, 28°C à 11H00. Sans presque aucun véhicule sur cette route nous pouvons entendre toute la faune, oiseaux, insectes… Il y a peu d’ombre, mais on ne va surtout pas se plaindre car le paysage qui nous entoure est magnifique. Nous sommes dans une région d’Afrique du Sud où se trouvent plusieurs mines à ciel ouvert de manganèse. L’Afrique du Sud est leader mondial de la production minière de manganèse (26%), elle est suivie de la Chine (19%), l’Australie (16%) et le Gabon (11%). La consommation de manganèse est fragilisée par sa monovalence à hauteur de 90% dans la sidérurgie. Sa proportion dans l’acier varie en général de 0.05% à 2%. C’est pourquoi le manganèse n’a jamais été une production de premier plan chez les grands mineurs diversifiés. Les mines d’Afrique du Sud et d’Australie sont les plus grandes et les plus profitables au monde.

En 2008, à la fin de son mandat présidentiel, Monsieur Thabo Mbeki, admet de nombreuses erreurs dans sa gestion. La dégradation de l’état des routes (qui demeure le meilleur réseau routier d’Afrique, devant celui du Maroc), les carences du système de santé publique, la dégradation des hôpitaux publics et des écoles. De plus, la corruption et l’inefficacité de l’administration, par manque de personnel et de motivation nous montre les difficultés structurelles auxquelles fait encore face l’Afrique du Sud.

Il y a une dizaine d’années, la croissance est minée par des coupures d’électricité qui ont paralysé les grandes villes et qui à pour conséquence des embouteillages monstres sur les grandes artères et menacent l’économie du pays. Cela a provoqué la fermeture provisoire des principales mines d’or, de platine et de diamant. L’activité salariée de 450 000 personnes est donc remise en cause. Le gouvernement reconnaît ses erreurs pour n’avoir pas su moderniser ou construire des centrales électriques depuis la fin de l’apartheid. Cela a affecté un temps la valeur du Rand en baisse constante. Suite en partie à ces problèmes, même l’organisation de la coupe du monde de football en 2010 a failli être remise en cause. Cet évènement aura bien lieu, mais il aura un effet dévastateur sur l’emploi, et entraîné des pertes financières estimées à 2,1 milliards d’euros.

Nous empruntons pour finir cette étape la R31, piste non goudronnée, sous une chaleur de plus de 35°C à l’ombre. Les voitures passant à la hauteur de Serge soulèvent un important nuage de poussière. Cette fin d’étape ne sera pas vraiment aisée pour Serge, avec le vent défavorable, la poussière, et ses problèmes intestinaux qui le tenaillent depuis 5h.

Ensuite nous prenons la direction de Leeupan Farm, à 40km de la fin d’étape, où nous allons dormir 2 jours. Nous sommes au beau milieu d’un No Man’s Land. Le voisin le plus proche est à des dizaines de km.

PS : La monnaie nationale est le Rand. A savoir 1 EUR =14,4529ZAR (Zuid Africa Rand). Pour exemple le prix du litre de diesel vaut en moyenne 13 Rand.

Données de la montre Epix: Garmin Connect