70,48km – 10h28’
Le hasard fait bien les choses car c’est aussi en Autriche que nous avaient rejoint les pigeons voyageurs Roger et Brigitte sur le tour d’Europe 2010. Et Ludovic et moi-même étions déjà là. C’était il y a presque sept ans maintenant…
C’est toujours un plaisir d’avoir les PV parmi nous. J’aime à les appeler les « suiveurs de suiveurs ». Ils font office d’électron libre, gravitant autour de Serge et du 4×4. Ils sont toujours prêts à aller chercher quelque chose si le temps nous manque, et le midi nous sommes toujours invités à venir manger dans le camping-car. Pour y déguster les meilleurs croque-monsieur de l’histoire du croque-monsieur.
Vous l’aurez compris, au-delà du plaisir de les avoir avec nous, Brigitte et Roger nous facilitent la tache.
Ce matin nous reprenons notre route en haut du col. Au travers d’une descente assez abrupte, nous perdons 300 mètres d’altitude avant même le premier ravitaillement. La chaussée est complètement détrempée, alors Serge laisse aller ses foulées afin d’éviter la chute.
Comme hier la météo n’est pas à son avantage en ce début de journée. Mais comme hier, les choses vont s’améliorer au fur et à mesure de la matinée. Nous passons dans le village de Spital Am Pyhrn (ça ne s’invente pas) où nous avons dormi la veille. L’occasion d’admirer une dernière fois cette superbe église qui trône au milieu de la place principale.
Nous continuons notre route plein nord sur la 138. Nous ne la quitterons pas de la journée.
Puis nous nous retrouvons à longer le Teichl, un fleuve dont les reflets de l’eau offrent de très jolies teintes vertes. Il continue de crachiner et des ruisseaux de tailles diverses se forment le long la route. Les reliefs sont encore nombreux autour de nous, et nous profitons de cette dernière vraie journée de montagne sur le Run Around the Planet.
Comme prévu les PV nous rejoignent en milieu de matinée. Tout le monde constate avec appétit que Brigitte n’a pas perdu la main en ce qui concerne la confection des croque monsieur…
Klaus An Der et son énorme barrage nous attendent au 35ème kilomètre. L’installation est impressionnante tant l’eau retenue est conséquente. En contrebas, un énorme jet d’eau puissant et continu s’échappe du béton. D’ailleurs en parlant d’eau, sachez que les plus grandes cascades d’Europe se trouvent en Autriche. Appelées les « chutes de Krimml » elles mesurent 380 mètres de hauteur !
L’étape suit son cours et les montagnes commencent à s’estomper, formant de nombreuses bosses qui s’agglutinent les unes à côté des autres. Comme la houle d’une mer qui commencerait à se calmer. Le soleil en profite pour revenir.
Deux théories s’offrent alors à nous : soit les montagnes retenaient les nuages, et étaient la cause de ce mauvais temps… soit Fabienne et Patrick avaient vraiment amené la malédiction normande avec eux…
Contrairement à tous les pays traversés depuis la Turquie, l’Autriche ne placarde pas son drapeau à tous les coins de rue. Et pourtant il existe une légende sur l’origine de celui-ci. En 1191, le duc autrichien Léopold V retira sa ceinture après une féroce bataille. Alors qu’il était entièrement couvert de sang, ce geste laissa apparaître une trace horizontale et immaculée sur ses vêtements, et donna ainsi l’idée au duc d’un drapeau avec trois bandes horizontales. Une blanche au milieu et deux rouges en haut et en bas. J’aurais aimé agrémenter cette histoire d’une photo du fameux drapeau, mais j’ai l’impression qu’il est encore plus dur à trouver que les bandes rouges et blanches de Charlie.
Serge cavale comme si Patrick courrait toujours à ses côtés. Ou alors c’est le croque monsieur qui fait toujours effet. Mais nous ne sommes pas dupes, il est assurément en train de faire tous ses petits calculs dans sa tête, et s’il recommence à pousser la machine à 70 kilomètres par jour c’est pour une raison bien précise…
Coup de chance pour lui, ce soir l’hôtel se trouve à très exactement 70 kilomètres du début d’étape. L’excuse parfaite pour finir juste devant. On ne s’en plains pas, demain nous gagnerons quelques minutes de sommeil en plus.
Serge arrive donc après 10h28′ de course. Et boucle ainsi plus de 25 000 kilomètres de course en 413 jours, 23 heures et 27 minutes. La fin est proche ! Bravo à lui, et à demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



