67,73km – 9h55’
Gruss Gött !
Si vous avez envie de fayotter avec les autrichiens, il est préférable d’utiliser cette formule plutôt que le traditionnel « Guten Tag ! ». En effet, même si la langue officielle reste l’Allemand Hochdeutsch (celui enseigné en classe), les Autrichiens apprécieront l’effort.
Ce matin pas de neige au réveil. Par contre il pleut abondamment. On dépose nos deux coureurs devant l’église de Kammern et la course peut reprendre ses droits. Les premiers kilomètres ne sont pas très plaisants. Un vent froid vient cueillir de face Serge et Patrick, et fait pratiquement tomber la pluie à l’horizontal. A ce niveau-là, autant essayer de faire l’étape en moonwalk. C’est donc typiquement le genre de journée où, bien au chaud dans la voiture, la lecture des bouquins avance plus vite que d’habitude.
Aujourd’hui pas de difficulté au niveau de l’itinéraire, et par conséquent aucun risque de s’enfiler sur la mauvaise route. Nous suivons la 113 sur pratiquement la totalité de l’étape, avant de finalement bifurquer plein nord sur la 138. La route est déserte, jour dominical du seigneur oblige. Les montagnes qui nous entourent n’arrivent pas à se débarrasser de la brume qui stagne entre les conifères verts et marrons.
En fin de compte nous sommes plus à l’est que je ne l’aurais imaginé. Ici les Alpes sont déjà sur leur fin. Il existe bien quelques sommets à 2000 mètres que nous devinons à travers le brouillard, mais pour le moment la topographie est assez clémente avec nous. En même temps nous longeons l’autoroute dans le creux de la vallée et par conséquent nous sommes épargnés des éventuels cols. Evidemment ce n’est pas la rase campagne, mais c’est bien moins compliqué que ce à quoi je m’attendais.
On aperçoit quelques tires fesses depuis le bord de la route. Il semblerait que les chutes de neiges soient monnaie courante ici. En attestent les tremplins de saut à ski et les poteaux « indicateurs de la hauteur de neige tombée » sur le bord des routes.
Le vent fini par balayer les nuages bloqués dans la vallée. Le soleil perce et la fin de matinée est à la surprise générale plutôt agréable. Il crachine encore légèrement mais au regard de ce matin c’était plutôt inespéré.
Cet après-midi notre chassé-croisé avec l’autoroute continue. Et c’est à ce moment précis que les pigeons voyageurs décident de pointer le bout de leur bec. Enfin ! Nous les attendions depuis plusieurs jours maintenant, sans vraiment savoir quand est-ce qu’ils allaient arriver. Et bien c’est chose faite en ce dimanche 19 mars. Accompagnés de leur fidèle camping-car « Adrienne », voilà qu’ils vont nous donner un coup de main pour les jours à venir.
Nous nous retrouvons donc avec une armada composée du 4×4 et des deux camping-cars. Il ne manquerait plus qu’on lance du Cochonou par les fenêtres pour que les gens nous prennent pour la caravane du Tour de France…
Au 57ème kilomètres nous atteignons Liezen. Perchée à 664 mètres d’altitude c’est dans cette ville que nous opérons notre seule bifurcation de la journée. Un coup à gauche, puis à droite, et nous voilà sur la 138. Encore une fois nos deux coureurs, compte-tenu de leur avance, décident de faire du rab. Ce qui les amène à monter tout en haut d’un col culminant à 929m. C’est là que notre étape du jour se termine, au beau milieu de la neige et des sapins. Et c’est aussi là que nous disons au revoir à Patrick et Fabienne qui nous quittent pour retourner en France. On leur souhaite une bonne route, et on les remercie d’être passés nous voir.
A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



