70,00km – 9h51’
Aujourd’hui encore, une bonne trentaine de kilomètres pour rejoindre notre point de départ. Cette fois-ci pas de temps à perdre. Nous prenons l’autoroute grâce à une petite vignette collée au pare-brise, acquise hier pour la modique somme de 8€50. Dans la voiture, Serge et Ludo, nos deux experts du GPS, se remémore le « bon vieux temps », l’époque où l’on se guidait avec les cartes et où le monde n’était pas assouvi par toutes ces machines…
Très bien, demain on a qu’à ressortir la boussole et le boulier. On risque de bien s’amuser…
Vingt minutes plus tard et nous voilà sur le parking où Serge s’est arrêté hier. Surprise, un camping-car nous y attend. On reconnaît vite les stickers collés dessus : c’est Patrick et Fabienne Malandain qui viennent nous accompagner sur les deux prochaines étapes.
Patrick connaît Serge depuis un moment maintenant. Lui aussi coureur de grand fond, il a terminé il y a pratiquement un an une course longue de 10 000 kilomètres à travers l’hexagone. 100 kilomètres en 100 jours. La performance est belle. Mais au delà de l’exploit sportif, j’ai une pensée pour toutes les personnes qui ont accompagné Patrick lors de cette aventure. Car passer en moyenne 15h à ravitailler un coureur pendant 100 jours doit être assez éprouvant. Je leur tire mon chapeau !
Serge est prêt, gilet orange fluo sur le dos. Patrick aussi, gilet jaune fluo sur le dos. J’ai l’impression de voir deux power rangers prêts à partir au combat. Il est 6h et nous commençons nos chassés croisés avec eux. Fabienne nous suit avec le camping-car. 35 minutes plus tard Serge et Patrick sont déjà au premier point de ravitaillement ! Eh oh, doucement les gars, si vous continuez comme ça on va avoir quartier libre cet après-midi…
Nous traversons la charmante bourgade de Frohnleiten, dont les habitations se pressent au bord de la Mur, cette rivière que nous suivons depuis hier maintenant. Notre route reprend en sillonnant entre les reliefs, longeant l’autoroute et les usines. Le ciel est couvert et de la pluie est à prévue dans l’après-midi. Loin de moi l’idée de colporter des préjugés, mais c’est pile poil le jour où deux Normands viennent nous rendre visite que le temps commence à se dégrader… quelle étrange coïncidence…
La route est on ne peut plus tranquille. Samedi matin oblige, les seuls autrichiens de sortie sont les sportifs. Avec ce terrain montagneux (l’Autriche est aux deux tiers recouverte pas les Alpes), le sport le plus populaire ici est le ski alpin. L’Autriche compte dans ses rangs parmi les meilleurs skieurs de tous les temps. Suivent le snowboard et le saut à ski, également très en vue. Mais il ne faut pas oublier la Formule 1 (deux autrichiens ont déjà été sacrés champions du monde et le pays possède son grand prix) ainsi que le football, qui possède une génération prometteuse malgré qu’il ai déçu dernièrement.
La journée passe et nous atteignons Leoben, notre seule vraie agglomération du jour, au 45ème kilomètre. Pas grand monde dans les rues, ce qui nous facilite la tâche. Et pas grand chose à raconter non plus, si ce n’est que cette ville possède un pénitencier qui fait le régal des magazines de design car conçu par un architecte de renommé. Les chambres sont, paraît-il, baignées de lumière et le bâtiment équipé de salles de musculation et de musique ainsi que d’une cantine ultra-branchée qui sert des repas végétariens et bio. Et oui, mieux vaut se faire enfermer en Autriche qu’au fin fond de l’Europe de l’Est…
Début d’après-midi : le temps et se dégrade et il se met à pleuvoir. Dommage car de magnifiques montagnes -néanmoins perdues dans la brume- avaient fait leur apparition. On en profite pour se tromper de route, et faire faire demi-tour à nos deux coureurs… mea culpa.
Serge court toujours plus vite aux côtés de quelqu’un. Cela se vérifie encore aujourd’hui. Pratiquement une heure d’avance par rapport à une journée classique. Notre coureur en profite donc pour monter son kilométrage du jour à 70km. Histoire d’assurer ses arrières en cas de neige. Car les sommets enneigés n’ont jamais paru aussi proches, et plusieurs indices nous mettent en garde. Comme par exemple les pneus des camions de pompier qui sont tous chaînés…
Un vent froid se lève en cette fin d’étape. Les nuages défilent à toute allure entre les montagnes, alternant giboulées et éclaircies. Malgré ça, nos deux coureurs gardent une très bonne cadence et terminent à très exactement 70 kilomètres. Sous la barre des 10 heures. Cela faisait depuis le 28 octobre et une étape en Australie du côté de Naranderra que Serge n’avait pas passé ce kilométrage !
Pour fêter ça notre coureur s’octroie une petite session de conduite, histoire de reprendre la main avant son retour. Au programme, 20 kilomètres de route jusqu’à l’hôtel.
Verdict : pas de faute éliminatoires, le candidat Serge est autorisé à conduire lorsqu’il le souhaitera de nouveau. A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



