67,34km – 10h14’

Les jours s’enchainent et défilent à une vitesse folle. Nous sommes déjà à la mi-mars et pourtant j’ai l’impression que nous étions le 1er il y a seulement quelques jours. En même temps avec un rythme comme le notre, difficile de s’y retrouver sur le calendrier. L’autre fois je vous parlais de cette vie d’équipe « en autarcie, un peu coupée du monde ». Hier en était le parfait exemple. Nous avons diné à 18h puis nous avons dormi dans une tout petite chambre avec trois lits. Certes nous étions un peu les uns sur les autres, mais nous étions surtout dans notre bulle. Ces instants d’après-course, même s’ils ne durent pas longtemps, sont toujours importants pour l’équipe et surtout pour Serge qui mine de rien passe beaucoup de temps seul durant la journée.

Ce matin nous reprenons notre progression depuis l’hôtel. Le « zlatan hotel » qui nous a d’ailleurs bien « zlatané » hier puisqu’il ne diffusait pas de match. Bref. Notre coureur descend les marches et part en premier tandis que nous finissons de charger le véhicule.
Aujourd’hui c’est notre dernière journée en Croatie. Il m’aurait sans doute fallu plus de temps pour vous parler plus en détail de l’histoire de ce pays. Vous raconter que Josiane Balasko, Miss France 1997 et même Zlatan Ibrahimovic ont des racines croates, mais que voulez-vous… notre coureur avance trop vite…
La configuration de l’étape du jour est la même que celle d’hier. Nous continuons de suivre cette fameuse « route 2 » bordée de centaines et de centaines d’habitations. Sauf que, par chance, aujourd’hui les bas-côtés sont bien plus nombreux. Du premier au 25ème kilomètre notre coureur n’aura pas eu à côtoyer de près une seule fois la circulation. Dès que c’est possible, nous le faisons néanmoins quitter cette route pour aller traverser les villages voisins en leur centre, et ainsi sortir un peu la tête de toute cette circulation.

La première ville du jour s’appelle Ludbreg. 3600 habitants seulement. Cet endroit est surnommé « le centre du monde » car il semblerait que lorsque l’on prend une carte et que l’on trace des cercles concentriques (c’est à dire d’un même centre mais de rayons différents) autour de Ludbreg, on retrouve sur ces lignes imaginaires les plus grandes villes, pas seulement de Croatie, mais du monde.
Mais au-delà de ce surnom un peu capillotracté, cette ville est surtout connue dans le monde de la foi pour avoir été le théâtre d’un miracle eucharistique. « Le miracle de Ludbreg » se serait produit en 1411, sous les yeux d’un prêtre catholique qui aurait vu le vin se changer en sang. Avait-il déjà abusé de la boisson avant de la voir se transformer ? Là est toute la question. En attendant, que l’on croit ou non à ces histoires, des centaines de fidèles croates vénèrent cet endroit.

La seconde ville de notre étape, bien plus grosse que la précédente (plus de 40 000 habitants), s’appelle Varaždin (je ne sais pas si je l’ai déjà évoqué, mais le petit bitoniau au dessus du « s » se prononce « ch ». On dit donc « Varachdin »). Cette municipalité (jumelée avec Auxerre) possède aussi un surnom : « la ville du vélo ». Car très portée sur l’écologie. Ce qui ne manque pas de plaire à Serge qui dévore les pistes cyclables avec appétit. Cet endroit est chargé d’histoire, en témoigne les nombreux bâtiments que l’on peut apercevoir en son sein. Comme cette imposante forteresse, bâtie au XIVème siècle et qui permit à la ville de ne plus jamais être envahis par la suite. Foyer culturel et économique à partir du XVIIème siècle, Varaždin devient même la capitale de la Croatie en 1767. Mais neuf ans plus tard un énorme incendie ravage les deux-tiers de la ville et le gouvernement doit retourner à Zagreb, qui retrouve son titre de capitale dans la foulée. Mais les croates n’abandonnent pas Varaždin et la reconstruisent peu de temps après. Preuve que le sort ne s’acharne pas, elle sera épargnée lors de la Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre de Croatie.

En cette fin d’étape nous approchons de la frontière Slovène. D’étrange et très abruptes reliefs apparaissent au loin, comme s’ils délimitaient la limite entre les deux pays. A mesure que nous nous approchons, nous les contournons et découvrons de très nombreuses vignes le long des flancs.

Mais alors que nous nous apprêtons à en finir avec la Croatie, il reste un mystère non élucidé : pourquoi « HR » ? Ici les plaques d’immatriculations et les voitures sont marquées d’un HR, les sites web finissent en « .hr » et j’en passe. J’aurais plutôt pensé voir des « CR » ou des « C » en ce qui concerne la Croatie, mais ce n’est pas le cas. Si quelqu’un à la réponse à cette question… peut-être que cela signifie « Herzegovine Republica » ?

Serge passe le poste frontière un peu avant 16h et arrête sa montre juste de l’autre côté. Demain nous reprendrons donc notre avancée en Slovénie, et ce sera l’occasion pour nous de vous en apprendre plus sur ce pays. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect