67,08km – 10h30′
Hier, la fin d’étape nous a quelque peu refroidit. Surtout Serge, qui y trouvait la route et la circulation très dangereuse (si vous avez l’impression de lire « circulation » et « dangereuse » dans chaque compte-rendu : sachez que ceci n’est pas une impression).
Hier soir à table nous avons donc trouvé un itinéraire bis, afin de soulager notre coureur censé faire les vingt premiers kilomètres d’aujourd’hui sur cette route. Mais sûrement chagriné par le fait de devoir revenir 3 kilomètres en arrière, Serge nous annonce ce matin qu’en fin de compte nous continuons sur la même route.
Très bien. Sauf que ce matin le brouillard est on ne peut plus opaque, ce qui rend Serge complètement invisible aux yeux des conducteurs. Qu’à cela ne tienne, il va falloir serrer les fesses jusqu’au vingtième kilomètre.
Nous revenons donc au point de départ. On en profite pour enjamber de nouveau la « Save », sauf que cette fois-ci on ne voit absolument rien. Juste du brouillard qui donne l’impression que le pont flotte au-dessus de rien. On dépose Serge et on le décore de tous ses gilets réfléchissants habituels. Un vrai sapin de noël.
Cinq kilomètres plus loin on le retrouve pour le premier ravitaillement. A part quelques menaces à l’encontre des camions le rasant d’un peu trop près, il va bien. D’autant que le brouillard se dissipe déjà. Au bout du 20ème kilomètre nous quittons comme prévu cette route pour nous engager sur un chemin en rase campagne bien moins emprunté.
Fait notable de la journée, depuis que nous sommes sortis de Sabac ce matin, nous avons changé de province. Bienvenue en Voïvodine ! Et la particularité de cette province est qu’elle est autonome. C’est-à-dire qu’elle a son propre gouvernement et sa propre assemblée, malgré qu’elle soit sous pavillon serbe. Cela lui offre une grande autonomie dans des domaines comme les infrastructures, la science, l’éducation ou même la culture.
Nous arrivons à Sremska sur l’heure du midi. Dernière véritable agglomération avant la frontière croate. Les regards sont toujours aussi circonspects. Déjà concernant Serge. Notre coureur le dit lui-même : les gens n’ont pas l’air de comprendre ce qu’il fait. Sans même parler de tour du monde, mais ils le regardent vraiment avec interrogation. Un homme qui court avec un gilet de sécurité orange fluo et des chaussures en sale état (tous les serbes bloquent du regard sur ses chaussures) les laisse perplexes. En tout cas ils tirent de sacrés têtes en voyant Serge débarquer. Et puis il y a le véhicule. De mémoire nous n’avons croisé qu’un seul 4×4 durant la Bulgarie et la Serbie.. Alors vous imaginez bien que lorsqu’on roule avec, ce dernier déchaîne encore plus les foules que la papamobile.
Mais j’aime bien le serbe, pas sociable pour un sous mais pourtant très curieux. Il sort de chez lui, fais mine de regarder ailleurs et puis discrètement se rapproche du véhicule et regarde ce que tu trafiques. Quelques uns franchissent le pas et viennent nous demander plus de précisions, mais cela reste rare.
L’après-midi suit son court et nous retrouvons de la circulation une fois sortis de Sremska. De nombreux poteaux électriques bordent les routes. Ici pas encore de conduits souterrains.
Les conditions de course sont difficiles en cette fin d’étape. Le vent est contraire et froid, les bords de routes sont boueux et la circulation égale à elle-même. Heureusement la pluie ne vient pas noircir le tableau. Je me demande dans ces cas-là, comment notre coureur peut prendre du plaisir. Le plaisir de progresser je peux le comprendre, mais le plaisir de courir, maintenant, à cet instant précis, je pense qu’il faut vraiment être un mordu de course à pied pour l’avoir.
Quoiqu’il en soit c’est encore avec plus de 67 kilomètres au compteur que nous arrêtons l’étape aujourd’hui. A quelques kilomètres de la frontière croate seulement. Rendez-vous donc demain pour un nouveau pays… et un nouveau suiveur.
Données de la montre Epix : Garmin Connect
Exceptionnellement, pas de vidéo aujourd’hui !



