67,16km – 10h26’

Il est 6h05’ lorsque Serge s’élance. Une légère brume accompagne un soleil bien décidé à reprendre le leadership de la météo. Dès le premier kilomètre nous bifurquons et effectuons une « remuntada » plein nord. En espérant la réussir aussi bien que celle de Barcelone. Hier soir le football a encore montré à quel point il pouvait être à la fois magnifique et cruel…

Aujourd’hui le premier patelin traversé s’appelle « Ub ». Un point pour l’originalité. Une belle église orthodoxe a été érigée sur la place principale. C’est d’ailleurs cette religion qui domine le pays, avec plus de 90% des croyants serbes dans ses rangs. Les 10% restants se partagent entre entre une petite communauté de musulmans au sud-ouest (environ 200 000 personnes), des hongrois catholiques au nord (pratiquement 300 000 pratiquants) et à peine 800 juifs.

Le ciel est encore un peu voilé mais il fait bon. C’est toujours après une bonne journée de pluie que l’on prend conscience du bonheur de ravitailler sous le soleil…

Avec David nous nous étonnons du peu d’élevages aperçus depuis notre entrée en Serbie. Quelques troupeaux de moutons tout au plus. Pourtant ce n’est pas l’espace et les pâturages qui manquent…
Après vérification, les bêtes doivent être encore au chaud. Car selon les chiffres officiels, la Serbie produit 1,5 million de bovins et 3,6 millions de porcs par an. D’ailleurs en ce qui concerne les productions agricoles, sachez que la Serbie possède les terres les plus bio d’Europe ! La politique menée par le gouvernement dans les années 90 a complètement ruiné les agriculteurs, ce qui les a poussés à ne pas utiliser les engrais chimiques très en vogue à l’époque mais trop chers pour eux. Si économiquement les agriculteurs ont eu plusieurs décennies très difficiles à traverser, cela à néanmoins préservé les terres de toute pollution agricole et de nos jours le ministère serbe de l’agriculture peut se targuer d’être un eldorado pour toute la production agricole bio. D’ici quelques années, plus de 75% des terres agricoles pourront être utilisées pour des cultures dites « bio ».
Selon les estimations de Serge aujourd’hui nous sommes à J-30 de l’arrivée. C’est difficile à imaginer tellement nous avons l’impression d’être encore à l’autre bout de l’Europe. Mais tranquillement nous sommes en train de rentrer dans la dernière ligne droite de ce tour du monde. Les sentiments se mêlent forcément dans la tête de notre coureur.

Notre étape du jour atteint Sabac en fin de journée. Nous contournons la ville par sa périphérie à travers de nombreuses usines. Certaines sont complètement désaffectées tandis que d’autres fonctionnent à plein régime. Après la seconde guerre mondiale et la libération de la ville par les communistes, celle-ci devint un fleuron de l’industrie notamment grâce à l’usine Zorka, spécialisée dans la chimie.

Nous récupérons notre coureur quelques kilomètres après la sortie de la ville, au milieu d’une circulation toujours aussi dangereuse. Sur le chemin du retour, Serge nous raconte que l’endroit où il a couru avec les automobilistes les plus respectueux était le Japon. Ainsi on s’est mis à imaginer un automobiliste japonais de passage en serbie… le choc des cultures…
A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect