67,16 km – 10h10’
« Checker » est surement l’un des termes qui revient le plus régulièrement sur ce tour du monde. Des phrases comme « Vous pouvez aller checker l’hôtel » « à quelle heure est le check ? » et du franglais tel que « je check out et j’arrive » sont bien connues des suiveurs. En français on pourrait traduire cela par « prendre possession de la chambre ». Et oui c’est bien plus long à dire, peut-être plus joli, reste que sans vouloir se la jouer bilingue, « checker » est un mot qui au fil du temps est devenu intrinsèque à cette aventure.
Bref, là où je voulais en venir, c’est que lorsque nous checkons les hôtels, on nous demande à chaque fois nos passeports. Et David me faisait remarquer hier que depuis que nous sommes en Serbie, ils vérifient à tous les coups notre tampon d’entrée délivré par le poste frontière. Il y a deux jours, lorsque nous avons dormi à Spaj, il y avait une tente militaire installée dans le village. Nos hôtes nous avaient alors expliqué que l’armée était ici pour contrôler la migration d’une manière générale, et en particulier celle venant de Syrie.
Sans que ces barrages soient extravagants, on se rend compte au fur et à mesure de notre remontée de l’Europe de l’Est que les contrôles sont bien présents et plus fréquents qu’on ne le pense.
Ce matin Serge démarre depuis l’hôtel et reprend son avancée vers le nord. Il pleuviote. Je ne vous ai pas encore parlé des ruches, et pourtant nous en apercevons tous les jours depuis notre entrée en Bulgarie. Le miel d’acacia serbe est reconnu à l’international pour sa grande qualité. Car dans la plus grande partie du territoire serbe il n’y a pas de pollueurs industriels, et le pays entier est recouvert d’immenses forêts d’acacias. Le secteur du miel marche très bien ici, et de nos jours un nombre croissant de jeunes serbes optent pour l’apiculture professionnelle.
Aujourd’hui, nous traversons énormément de villages. Et force est de constater que ça espionne bien comme il faut à travers les vitres. Les gens ne sont assurément pas habitués à voir des étrangers ici. Quelques villageois tentent bien d’entrer en contact avec nous, mais la barrière de la langue fait toujours obstacle. Quoique l’un d’entre eux parle italien. Dommage niveau LV2 j’ai opté pour l’espagnol, David l’anglais et Serge l’allemand…
Dans certaines rues des allées de pins sont plantées, et on peut observer des climatiseurs sur le flanc des pavillons. Les étés serbes doivent être chauds.
Je suis étonné du nombre d’habitations dont les constructions ne sont pas terminées. Comme si elles avaient été stoppées net. Parfois elles sont habitées mais le plus souvent il n’y a pas âme qui vive.
Par contre, à peu près toutes les habitations des alentours possèdent des chiens. Pratique pour savoir quand notre coureur arrive : on entend les aboiements qui se rapprochent de plus en plus. Heureusement ici la mode n’est pas au berger allemand mais plutôt à la saucisse sur patte. Aucun danger donc s’il l’un des bestiaux venait à franchir la clôture. Drop, renvoi aux 22 et c’est réglé.
Depuis plusieurs jours les vignobles le long de la route n’ont pas manqué d’attirer notre regard. Surtout que nous cherchons désespérément du raisin pour notre coureur, et que c’est à se demander s’ils ne l’utilisent pas essentiellement pour faire du vin. Car la Serbie possède une grande tradition viticole qui remonte à l’Empire romain. Au milieu du XIXème siècle, lorsque le phylloxera (sorte de puceron ravageur de la vigne) dévasta les vignobles européens c’est la Serbie, touchée tardivement, qui s’imposa en tant qu’exportateur majeur de vins, notamment pour la France. De nos jours, le vin blanc représente plus de 60% de la production, dont la majorité des coteaux se situe dans la plaine du Voïvodine, où nous serons dans quelques jours. Un choix de parcours judicieux.
Finalement la journée qui s’annonçait pluvieuse nous aura plutôt épargné. Notre coureur termine à plus de 67 kilomètres au compteur, et ce soir nous dormons à Aranđelovac, ville dont je vous parlerai demain puisqu’elle sera sur notre route.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



