66,43km – 10h02’
Serbie, nous voilà !
Ce matin nous franchissons le poste frontière dès les premiers mètres de course. Comme d’habitude, une dizaine de minutes d’attente pour Serge et une petite heure pour le véhicule, puis nous voilà de l’autre côté.
Fait assez rare pour être signalé : aujourd’hui notre coureur découvre un nouveau pays.
Et oui, que ce soit sur Paris-Tokyo, le tour d’Europe ou n’importe quelle autre course, il n’est jamais entré en Serbie. Ce qui porte son total de pays traversés à 61… pas mal…
La fin de la Bulgarie nous avait mis la puce à l’oreille : la Serbie est un pays vallonné, voir même montagneux. Une découverte totale pour ma part. A part le tennisman Novak Djokovic, je ne connais absolument rien de cet endroit.
Déjà première nouvelle : nous sommes revenus à l’heure française ! Ensuite, qui dit changement de pays dit souvent changement de monnaie. Nous sommes bien en Europe mais pourtant, comme la Turquie et la Bulgarie, la monnaie serbe n’est pas l’euro. Même si elle est acceptée dans beaucoup d’endroits, ici la devise officielle est le dinar.
Là où le lev bulgare était simple à convertir (il suffit de diviser par deux pour avoir le prix en euro), le dinar va nous demander un peu plus de gymnastique intellectuelle.
Car 1 euro = 120 dinar. A vos calculettes…
Après un début d’étape tout en relief, notre route fini par se stabiliser entre les différents monts. Sur notre droite, derrière les reliefs, se cache le mont Midžor (2156 mètres d’altitude). Soit le plus haut sommet de Serbie, si l’on excepte le mont Djeravica et ses 500 supplémentaires situé au… Kosovo.
Car le Kosovo, province de Serbie, réclame son indépendance depuis février 2008. Pour être tout à fait exact, ils l’ont même proclamé unilatéralement. Mais la Serbie s’y oppose farouchement. Ce désaccord n’à d’ailleurs pas manqué de créer deux clans au sein des Nations-Unies. D’un côté le clan reconnaissant l’indépendance du Kosovo, avec entre autre les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie. De l’autre, la Serbie ayant reçu de nombreux soutiens comme ceux de la Russie, la Chine, le Brésil, l’Argentine, la Grèce mais aussi l’Espagne.
La journée avance et cette E-80 que nous suivons depuis la frontière est très désagréable à courir pour Serge. Une seule voie de circulation dans chaque sens, aucun bas-côté et des dizaines et des dizaines de bus et autres 33 tonnes qui obligent notre coureur à s’arrêter et à sortir de la route pour les éviter. Heureusement nous voilà à Pirot, première ville serbe sur notre chemin. On en profite pour sortir de cette maudite route.
Et pour une première inquisition en cité serbe, le ressenti est excellent. Il y a de la vie, les rues sont bien plus propres qu’en Bulgarie et Pirot possède un charmant quartier historique.
Si Patrick Juvet avait été là, il se serait néanmoins demandé où sont les jeunes. Peut-être tous à Belgrade pour leurs études. Car pour l’instant, après 30 kilomètres en Serbie, la population est bizarrement constituée d’une grande majorité de personnes âgées. Qui se déplacent toutes à vélo. Attention, je n’ai rien contre notre ancienne génération, gardienne du savoir, mais des personnes âgées à vélo dans un pays où tout le monde conduit comme des dingues, ça en devient carrément le far west !
De mémoire, depuis la Namibie nous ne sommes pas retrouvés en pleine nature comme cet après-midi. Une fois sortis de Pirot, nous embarquons sur une petite route de montagne extrêmement tranquille. A raison d’un véhicule toutes les vingt minutes, tout le monde profite pleinement de ce calme retrouvé. Et des paysages. Les montagnes se dessinent tout autour de nous, et l’on aperçoit même un énorme massif enneigé à l’est.
La fin d’étape nous voit traverser Bela Palanka, deuxième ville du jour, où enfin nous apercevons des jeunes ! Le niveau de vie semble être quand même plus élevé en Serbie qu’en Bulgarie.
L’étape se termine à quelques kilomètres de notre « hôtel » de ce soir, qui s’apparent plus à une maison d’hôte puisque nous dormons chez des gens. Ambiance garantie.
A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



