66,47km – 10h35′

Aujourd’hui c’est la fête ! La fête nationale de la Martenitsa ! Wou-hou !
Cette tradition célébrée le 1er mars de chaque année tient son nom du diminutif de « petit mars ». Elle symbolise l’arrivée du printemps dans la culture bulgare mais aussi roumaine, grecque et moldave. Mais attention, n’allez pas croire que fête nationale rime avec jour férié. Ni que nous allons passer notre journée à buller. Car sur les routes du tour du monde, les jours fériés et les dimanches n’existent pas.

Le brouillard, encore plus persévérant que les jours précédents, est maintenant un aficionados des comptes-rendus. Il nous cueille au réveil et s’en va généralement en fin de matinée. Sauf aujourd’hui, où il va tenir presque toute l’étape.
Les 20 premiers kilomètres sont assez compliqués car situés sur un segment de route hyper emprunté entre Plovdiv et Pazardjik, les deux plus grosses villes des alentours. C’est donc un très gros flux de véhicules que doit braver Serge. Et nul besoin de préciser que les bulgares roulent toujours aussi dangereusement.
Le passage dans Pazardjik se fait sans embûches. Quelques personnes viennent s’intéresser à notre véhicule, et plus particulièrement aux stickers sur les côtés expliquant le parcours.

Depuis quelques jours Serge arbore un nouveau gilet de sécurité orange fluorescent. Le jaune commençait à être bien usé. Et avec son pull bleu par dessous, on dirait vraiment un mélange entre un agent de la DDE et un réparateur GDF. Les gens doivent s’imaginer qu’un conduit a cédé quelques kilomètres plus loin et qu’il faut quelqu’un en urgence.
Reste que l’essentiel étant qu’on le voit beaucoup mieux maintenant.
David de son côté passe plutôt pour le policier en civil. Avec son appareil photo posé sur un pied et vissé d’un objectif il fait peur à tous les conducteurs qui lèvent le pied en le voyant.

La journée se passe tranquillement. Trop tranquillement. Au 35ème kilomètre les ennuis commencent. Le coffre du 4×4 ne veut plus s’ouvrir. Le pire cauchemar pour un suiveur.
On essaie de le verrouiller, déverrouiller, rien à faire. Le seul moyen est de l’ouvrir de l’intérieur en se faxant au-dessus de la banquette arrière puis entre les caisses de ravitaillement et les sacs. Pas du tout pratique.
D’autant que niveau bricolage, le dernier tournevis a être passé dans la famille Girard date du 16ème siècle. Quand à David, il a totalement raté sa « clé à molette d’or » l’année dernière.

Coup de bol, le ravitaillement suivant tombe juste devant un magasin de bricolage. On demande de l’aide aux employés qui vont nous chercher leur chef, Tara, une anglaise venue s’installer en Bulgarie.
L’un de ses hommes commence à essayer de solutionner le problème. Un peu de colle ultra-forte, du fil de fer et le tour est joué. Nous voilà rassurés. On remercie notre réparateur, puis on referme le coffre : impossible de le rouvrir. Ni de l’extérieur, et cette fois-ci ni de l’intérieur. La grande majorité du ravitaillement est donc inaccessible, nous sommes dans une partie de la Bulgarie qui ressemble étrangement à l’idée que je me faisais du Moyen-Âge et il reste encore 25 kilomètres de course pour aujourd’hui. Qui dit mieux ?

Par chance, car la chance aura joué un grand rôle cet après-midi, Tara est toujours dans les parages et se propose d’appeler son mari pour qu’il nous trouve le meilleur garagiste du coin. Nous laissons Serge continuer tout seul le temps d’attendre notre sauveur.

Il arrive un quart d’heure plus tard. Avec son collègue ils inspectent la voiture pendant de longues minutes. On essaie bien de deviner ce qu’ils se disent, mais difficile de déchiffrer le bulgare. D’autant qu’ici, lorsque l’on dit « non » on hoche la tête et inversement avec « oui ». Assez déstabilisant la première fois que vous essuyez un refus.

Finalement les deux collègues acceptent le challenge, et l’on se fixe rendez-vous à leur garage après la fin d’étape. Actuellement David est parti avec le véhicule tandis que je vous relate nos aventures depuis l’hôtel. Serge est bien arrivé et malgré ces mésaventures et une avalanche de biscuits pendant toute l’après-midi (seul ravitaillement que l’on pouvait atteindre) il a le sourire.

A demain pour le verdict concernant le 4×4. Le suspense est total.

Données de la montre Epix : Garmin Connect