67,24km – 10h15′

Hier l’entrée en Bulgarie a été l’occasion de reculer nos montres d’une heure. Ce qui a redonné quelques élans matinaux au soleil et par conséquent à l’équipe puisque Serge part la plupart du temps en même temps que le jour se lève. Ce matin le top départ a donc lieu à 6h30.
Le brouillard est à couper au couteau, et n’est pas sans me rappeler certaines matinées hongroises du tour d’Europe 2010. Les cinq premiers kilomètres nous voient traverser Harmanli où nous avons posé bagages hier. La ville est encore endormie. Il fait très frais, quelques degrés tout au plus.

Mais le soleil fini par percer ce voile brumeux sur les coups de 10 heures, faisant fumer les champs environnants comme si une coulée de lave venait d’être déversée. Poétique, non ? Il faut dire que ce début de journée est très agréable, et on profite d’une colorimétrie des paysages à la hausse.

Nous traversons quelques villages : Стойково ( Stoykovo ), Подкрепа ( Podkrepa ) et Клокотница ( Klokotnica ). Bon nombres d’endroits semble avoir été laissés à l’abandon, signe d’une situation économique compliquée. Et pourtant, il fût un temps où ce pays était l’un des empires les plus rayonnants d’Europe. Au moyen-âge, et plus précisément au début du Xème siècle, le royaume de Bulgarie est en pleine expansion. Il s’étend des côtes de la mer Adriatique à celles de la mer Noire. Les actuelles Roumanie, Serbie, Macédoine, Hongrie, Moldavie et même une partie de la Grèce et de la Turquie font partie de ce territoire. La Bulgarie fait d’ailleurs parler d’elle à l’époque en étant le premier état à offrir une protection sociale à tous ses citoyens.

Mais l’empire byzantin voit d’un très mauvais œil la montée en puissance des Bulgares. C’est donc depuis sa capitale Constantinople (qui n’est autre qu’Istanbul de nos jours, et donc située à quelques centaines de kilomètres de la Bulgarie seulement) que l’empereur Basil II (surnommé « Le tueur de Bulgares », rien que ça !) ordonne de s’emparer du pays à la fin du XIème siècle.

200 ans plus tard le peuple bulgare fini par se soulèver et parvient à retrouver son indépendance. Il doit alors faire face à de nouvelles menaces. Pas facile d’être coincé entre l’Europe et l’Asie…
La quatrième croisade de l’empire romain est la bonne, et ils arrivent à prendre Constantinople à l’empire byzantin. Dans la foulée ils pensent envahir la Bulgarie, mais emmenés par leur leader Ivan Assen II les bulgares résistent. Malheureusement pour eux, à peine quelques dizaines d’années plus tard le danger arrive cette fois-ci de l’Est. Les tatars et mongols parviennent à assouvir le pays pendant une quarantaine d’années.
Malgré un dernier sursaut d’orgueil, cette domination aura grandement affaiblit le pays, et au début du XIVème siècle ce dernier tombe aux mains de l’empire Ottoman.

Les bulgares n’ont donc pas connu des jours faciles. Mais l’histoire est loin d’être terminée, et comme notre périple en Bulgarie non plus je garde la suite pour les jours à venir.
To be continued…

Hier nous vous laissions dans le suspense le plus total avec cette histoire de volants à droite. Et bien sachez qu’à la question « Pourquoi ? » nous avons obtenu la réponse « Pourquoi pas ? ». D’après la patronne du restaurant, il n’y a aucune explication rationnelle si ce n’est que les Bulgares se fichent d’avoir un volant d’un côté en particulier. Les goûts et les couleurs comme on dit.

Nous entrons maintenant dans l’après-midi de cette 394ème étape et malgré un très léger voile de grisaille le ciel est parfaitement bleu et la température avoisine les 20°C. Nous avons fait tomber les manteaux et mon côté normand me pousserait presque à ôter le pull. Et si la Bulgarie, pas franchement avantagée sur le papier et dans les aprioris de chacun, était la bonne surprise de cette partie européenne ? J’ai envie de mettre une petite pièce sur ce pays…

Sur les coups de 15h, un accident entre 3 voitures a lieu un kilomètre en amont de Serge. Pas étonnant vu la manière dont les Bulgares conduisent et doublent. La non-visibilité mêlée aux virages ne sont pas du genre à refroidir un bulgare pressé…
Serge est vigilant, ce matin une voiture qui en dépassait une autre l’a même frôlé de peu.

L’étape se termine devant une succession de stands de nourriture. Evidemment nous ne manquons pas d’attirer l’attention de toutes les commerçantes qui essaient de nous vendre la totalité de leurs échoppes en décrivant chaque produit comme « super ». Les négociations vont bon train et nous faisons le stock de fruits et légumes. Ici la monnaie officielle est le « lev » mais tout le monde accepte les euros.
1 lev = 1,95583 euros
Donc grosso modo il faut diviser le prix en lev par 2 pour obtenir celui en euro.

C’est sur ces savants calculs que je vous laisse. Demain nous continuerons notre plongée au cœur de l’histoire bulgare, en espérant que la journée soit aussi agréable que celle d’aujourd’hui. Bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect