66,2km – 9h54′

Au petit déjeuner les télévisions n’ont d’yeux que pour le premier ministre turc, qui dans la journée d’hier a appelé ses concitoyens à voter « oui » au referendum du 16 avril prochain. Ce dernier consiste à savoir si le peuple est d’accord ou non pour transférer la totalité du pouvoir exécutif à son président, Recep Tayyip Erdogan. Alors que la Turquie est toujours en état d’urgence, le camp du « oui » prône la stabilité et l’unité dans cette période de troubles, mais le scrutin risque d’être serré car les opposants sont nombreux et beaucoup de gens s’inquiètent de voir Erdogan augmenter encore sa main mise sur le pays. Surtout depuis le coup d’état raté de cet été où des milliers de personnes ont déjà été licenciées ou même arrêtées. En attendant la campagne a bel et bien été lancée ce week-end : verdict dans un mois et demi.

Le départ se fait encore une fois devant l’hôtel. Quel confort. Il crachine légèrement mais ça ne devrait pas durer. Les premiers kilomètres sont marqués par plusieurs rencontres avec de gros chiens qui ne pensent qu’à défendre leur territoire. Le 4×4 reste aux côtés de Serge, warning enclenchés, afin de calmer leurs ardeurs.

Très vite la frontière turquo-bulgare commence à se dessiner: des camions attendent à l’arrêt dans une file de plus de 10 kilomètres. Personne n’avance et l’on se demande combien de temps doivent patienter ces poids-lourds avant d’atteindre la Bulgarie.
Heureusement pour les voitures cela va plus vite. On ravitaille Serge juste avant le poste et on lui remet son passeport ainsi que quelques cartes postales pour qu’il puisse expliquer son tour du monde. On le laisse partir devant.
Un quart d’heure plus tard c’est notre tour. En tout nous franchirons six péages. Contrôle d’identité des passagers, du véhicule, désinfection de la carrosserie avec un minuscule jet d’eau « pure », paiement d’une taxe ainsi que deux inspections du coffre du véhicule. Une turque et une bulgare. Au cas où l’on ai fabriqué un explosif à l’intérieur de la zone de non-droit.
Serge, lui, est passé bien plus vite que nous. Il a même hérité d’un nouveau surnom de la part des autorités bulgares: « Sergei Forrest ».

Nous voilà donc en Bulgarie. Nos téléphones portables sont un peu perdus et nous souhaite la bienvenue en Grèce. Il faut dire que nous sommes pratiquement au point de convergence de ces trois pays, et que nos amis grecques ne sont qu’à quelques centaines de mètres sur notre gauche.


Les premiers kilomètres sont bien évidemment semblables à la campagne turque. Les déchets sont toujours aussi omniprésents et le gris du ciel est le même. Quoique le paysage est quand même nettement plus vallonné.
La première ville traversée s’appelle Slevingrad. Les minarets ont laissé place a des bâtiments bien plus modernes à savoir des casinos. « Monte Carlo » « Mosta », « Macao Princess », « Pegasus » et j’en passe, ils sont légions ici. Tout comme les sex-shops.
Une source de plaisir pour les voisins turcs en manque de sensations fortes ?

Nous contournons la ville par le sud, et Serge emprunte un pont piéton qui enjambe le fleuve Maritsa. Ça ne vous dit rien ? Moi non plus, jusqu’à ce que notre coureur fasse le lien avec une chanson de Sylvie Vartan. Une chanson que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et oui la chanteuse a bien des origines bulgares. Mais je laisse Serge détailler ça dans sa vidéo.

Au 35ème kilomètre, notre coureur nous indique qu’il a repéré un bruit étrange lorsque le 4×4 passe à côté de lui. Plus précisément au niveau de la roue avant droite. Après inspection du pneu, une vis est en effet légèrement plantée dans le caoutchouc.
Quelle précision. Une fois la course terminée une reconversion en garagiste serait à méditer…

Heureusement l’entaille n’est pas profonde, et notre premier changement de roue n’aura pas lieu en Bulgarie.

Si le mystère concernant l’odeur de purée Mousline (voir étape 392) n’a toujours pas été résolu, une nouvelle enquête est en cours: le mystère des volants à droite.
Depuis que nous sommes en Bulgarie, nous apercevons régulièrement des voitures avec le volant placé de l’autre côté. Et pourtant les véhicules sont toujours immatriculés en Bulgarie, et l’on roule bien à droite dans ce pays.
Si quelqu’un a une explication…

C’est donc sur ce mystère que je vous laisse. Demain nous aurons l’occasion d’approfondir l’histoire de ce pays, qui est assez surprenante. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect