73,41km – 10H55′
Ce matin, petit déjeuner en tête-à-tête avec Serge, au menu, des oeufs, des pommes de terre et des toasts beurrés avec un bol de café. Christophe dort un peu plus longtemps, je le récupérerai au passage avant le ravitaillement du 20 ème km. Temps gris, température fraîche. Le ciel est chargé de nuages blancs. Le soleil a de la peine à se lever. Départ à 6 h 35 non pas dans une côte comme ces deux derniers jours mais dans un faux-plat, ça s’améliore ! Déjà beaucoup de camions sur la ”97”. Côté Ouest, nous apercevons au loin les contreforts de montagnes, ce sont toujours les Rocky Mountains, avec leurs sommets à 2500 et 3000 mètres d’altitude. Nous y pénétrerons après Fort Nelson dans leur partie Nord Est pour passer quelques cols . Nous cheminons aujourd’hui sur un plateau vallonné, aux alentours de 1200 m. Premier ravito au mile 138 au carrefour avec la “road mile138” ,curieux ce mode de mesure en miles pour situer les routes et la mesure des distances en kilomètres au long des mêmes routes . Ce doit être l’héritage du passé.
Mais revenons à notre coureur, on essaie de le faire bien manger , il ne semble pas avoir beaucoup d’appétit, il mange mais pas tout ce qu’on lui présente ,il faut dire qu’on avait des consignes de Laure, on a peut-être eu tendance à forcer sur les doses, ceci expliquerait cela. Une fois récupéré mon équipier et les bagages, acheté de la glace ( car frigo annoncé mais pas frigo !) nous voilà au complet. Plus de prairies, mais de nombreux chantiers, une centrale à enrobé mobile, en construction, et des dizaines de zones de travail dans les forêts, on sent des odeurs de gaz. Sont – ce des captages de gaz ou des stations de pompage pour les pipelines ?. De nombreux personnels sont logés dans les motels que nous fréquentons. Ils ont des véhicules aux couleurs de leurs sociétés respectives.
10h30, ça plombe, le thermomètre grimpe à 26°C. Bombe anti-solaire pour notre coureur qui a eu chaud cette nuit , n’évacuant probablement pas toute la chaleur d’hier malgré la climatisation. Le vent est devenu défavorable à la progression de Sergio et souffle assez fort. Au km 35, nous allons aborder une descente dangereuse et tous les poids lourds et véhicules attelés sont invités à s’arrêter sur un immense parking sur lequel ils doivent vérifier leurs freins. Au Canada on ne badine pas avec la sécurité. Je ne sais quel est le pourcentage ni la longueur de la dite descente, mais nous n’avons jamais vu autant d’avertissements ni de rappels ? En fait la pente est raide et la descente en paliers avec plusieurs courbes resserrées pour déboucher en bas sur le pont de la Sikanni River. Cette rivière prend sa source dans les Rocky Mountains et devient un affluent de la Fort Nelson River avec deux autres grosses rivières, puis rejoint à Fort Liard la Liard River qui coule vers le grand Nord. Revenons à Sikanni River, une station- service, plusieurs bungalows et ça remonte immédiatement en face ! Pendant 4km avec pour finir un grand faux-plat.
En 5 minutes, les nuages noirs nous arrivent dessus et il pleut à seaux en trente secondes ! On se croirait à la Réunion. De quoi nous ravir, tous, et plus particulièrement Serge. Dix minutes intenses avec quelques coups de tonnerre et…C’est fini. On avait perdu 10 degrés en un rien de temps. Le ciel s’éclaircit à nouveau. Marre des caprices du temps . Il ne pourrait pas faire beau jusqu’à Anchorage ? Et en plus, pas de réseau téléphonique, ce soir pas de wi-fi, il paraît que quelquefois l’électricité est même coupée la nuit dans ces motels /stations-service isolées. Km 60 ,un petit salut amical à deux motards croisés. Je dis à Christophe : “ils font demi-tour ils viennent voir Sergio “ effectivement, c’est pour saluer notre boss. Deux motards Argentins, Pablo et Mariano, le second étant marathonien, tous deux de Buenos Aires et qui traversent l’Alaska depuis Anchorage, le Canada, puis les USA pour aller à New York, où leurs compagnes viendront les rejoindre . Un long périple pour eux aussi. L’entretien des trois passionnés est filmé par Christophe qui n’en perd pas une miette et range tout cela dans son magasin d’images …. Les minutes passent et rendez-vous est pris lorsque Serge passera par là. ..échange de cartes, poignées de main et à plus tard sur le sol Argentin…
Peut-être, comme dans chaque rencontre de ce type . La journée n’est pas terminée, et cinq minutes plus tard, nouvel orage très bref avec beaucoup d’eau .
**** IMPORTANT : LA BALISE de Serge s’est arrêtée de fonctionner avant le terme de l’étape, problème de batterie, demain vous aurez droit à un trait continu jusqu’au départ réel de J 172 . Pour vérifier le point d’arrêt réel, rendez vous sur le site et le lien Garmin Connect . Autre surprise du jour, lorsque nous sommes arrivés là où devions dormir ce soir, pas de réservation ! Pas notée plus simplement car confirmée par Laure précédemment. Et surtout pas de place pour nous accueillir. …. Décision /application, Christophe téléphone depuis l’endroit au B&B de demain et la propriétaire a gentiment accepté de nous accueillir dès ce soir. Nous avons dû faire 78 km pour y parvenir. Repas prêt rapidement, Serge a pu se coucher dès 19h30. Ouf ! Nous allons nous coucher dès que possible nous aussi. Journée à oublier. A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du Mercredi 20 Juillet: Etape 172



