76,68km – 11h21′

Départ 6h10, après une journée « off « , on remet les chaussures pour attaquer une nouvelle étape, le soleil est au rendez-vous, une belle journée s’annonce, il faut maintenant espérer que l’hématome sous le pied de Serge ne l’embête plus ou du moins qu’il lui fasse moins mal. Sur le premier kilomètre, Serge marche afin de ressentir les différentes sensations que cela lui procure, et très rapidement nous constatons qu’il se met à courir avec une cadence au-dessus de la moyenne habituelle de ces derniers jours. Il ne faut pas crier victoire trop vite. De plus, notre coureur nous a demandé que tous les deux ravitaillements, soit à peu près tous les 10 kilomètres, nous lui mettions de l’éosine sur sa plaie (il ne peut pas atteindre cette zone facilement tout seul) pour que celle-ci puisse sécher plus rapidement, et toujours de la « nok » afin que les frottements soient les moins douloureux possibles. Vous pourrez constater sur une photo que c’est « Docteur Beber » qui s’est attelé à cette opération pour le moins périlleuse, l’idée étant d’être le plus délicat possible afin de ne pas raviver la douleur.

Au 40ème kilomètre, nous quittons la route 97, pour nous engager sur la 197, nous récupérons « un chiffre » et en même temps beaucoup de tranquillité, Serge ne comptant plus qu’une cinquantaine de véhicules par heure. Nous arrivons doucement dans un décor très ouvert, l’horizon est difficile à distinguer, nous voyons des monts enneigés qui paraissent très lointains, tout comme des champs dont il est compliqué de savoir ce qui y est cultivé, si nous ne sommes pas renseignés, en l’occurrence beaucoup de blé et de maïs. Au détour d’un canyon, nous retrouvons la rivière Deschutes, que nous avions croisée dans la ville de Bend. Elle est l’un des principaux affluents de la rivière Columbia, cette dernière marquant la frontière entre l’Etat de Washington et celui de l’Oregon. Elle permet aussi, entre autres, d’irriguer des terrains agricoles et tient sa réputation de la pratique de différents sports, principalement le rafting et la pêche en eau vive .

Ce soir, nous dormons à Maupin, toujours plus au nord de l’Oregon, Sergio nous confiera à table qu’il a retrouvé de très belles sensations aujourd’hui. A vrai dire, on l’avait constaté avec mon compère Bertrand, c’est bien sûr plaisant et rassurant de l’entendre dire de sa bouche, après ces quelques jours compliqués, pourvu que ça dure.

« Les deux guerriers les plus puissants sont la patience et le temps. N’oublie pas que les grandes réalisations prennent du temps et qu’il n’ya pas de succès du jour au lendemain. » Léon Tolstoï.

A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du lundi 20 juin: Etape 142