70,79km – 9h51’
« Oh non » furent les deux premiers mots la journée. C’est au réveil que nous découvrons l’alerte orange lancée par Météo France sur plusieurs départements français, dont la Vendée et les Deux-Sèvres. Alors que nous prenons notre petit déjeuner, nous mesurons la violence de cette tempête à travers les vitres de l’hôtel. En voyant toute cette pluie mêlée à tout ce vent, le départ de la veille nous semble maintenant bien moins dramatique.
Néanmoins nous sommes sûrs d’une chose : aujourd’hui nous n’avons aucun impératif.
Si ce n’est celui de finir l’étape bien sûr.
L’arrivée au nord-est de Niort n’est soumise à aucune contrainte en terme de temps et personne n’est censé nous rejoindre aujourd’hui sur la route. Déjà hier, nous avions convenu qu’aujourd’hui serait une journée « pépère », et en voyant la météo de ce matin : nous en sommes maintenant certains.
Nous retournons à la Salle de l’Etoile près de laquelle Serge s’est arrêté hier. Quelques représentants de Fleury Michon sont présents, dont Barbara Bidan, afin de nous souhaiter une bonne route. On leur donne rendez-vous l’année prochaine pour une deuxième halte à Pouzauges, et c’est le départ.
Serge s’enfonce dans la tempête. A mesure que le jour se lève le vent gagne en intensité. Les nuages défilent dans le ciel à une vitesse folle. Les premiers ravitos sont très compliqués, le moindre objet s’envole, une porte du véhicule légèrement entrouverte peut partir d’un seul coup, quelques secondes dehors et l’on est entièrement trempé…
Mais tout le monde a le sourire ! Les autorités ayant réduit la circulation à 50km/h sur les départementales, nous sommes tranquilles. D’ailleurs il n’y a presque pas de véhicules sur les routes, si ce n’est des dépanneuses qui viennent réparer les poteaux électriques ayant cédé dans la nuit. Tout le monde préfère attendre tranquillement chez soi que la tempête passe.
Nous avançons donc dans la bonne humeur, préférant rigoler de la situation plutôt que de la subir. En effet, faire cuire des pâtes au bord de la route en pleine tempête a un certain côté humoristique. Serge blague à chacun des ravitaillements, il à l’air bien malgré le vent qui le pousse de façon latérale.
Nous traversons plusieurs forêts peu avant midi. Beaucoup de branches sont écrasées au sol.
Les arbres tanguent dangereusement, leurs cimes s’entremêlent et l’on entend les troncs grincer de partout. Le spectacle est fascinant.
La tempête se dissipe quelque peu en début d’après-midi. Le vent a brassé tellement de nuages que nous avons le droit à une légère accalmie. Situé dans un creux, au milieu d’un village désert, nous profitons de cet instant de répit où le vent ne nous atteint plus, et où le soleil pointe même le bout de son nez entre deux mastodontes nuageux.
Malheureusement ce moment ne durera pas très longtemps. Le vent reprend vite du service. Tout le monde commence à fatiguer, le contre coup d’hier se fait sentir.
A la sortie de « Cours », la chaussée est recouverte d’eau. Pas le temps de trouver un itinéraire bis, d’autant plus que les routes sont peu nombreuses dans ce secteur. Serge tient à traverser le torrent à pied. De l’autre côté il nous confesse que l’eau « était gelée ». Tu m’étonnes.
Serge subit une petite hypoglycémie à une dizaine de kilomètres de la fin d’étape. Du coup, il dévore l’éventail de gâteaux que René lui avait apporté. Il terminera les derniers ravitaillements en buvant seulement du coca et de l’eau.
La fin de journée sera marquée par la visite d’Emmanuel, un fan de Serge de la première heure, venu le saluer, ainsi que Didier venu de Vendée pour courir les derniers kilomètres. Pour cette fin d’étape, nous attendons Serge et Didier au point de croisement entre la D7 et la D611, dans l’agglomération de « La Crèche », et à mesure que les deux hommes se rapprochent de nous c’est une nouvelle tempête qui se profile à l’horizon. Celle-ci se rapproche à vitesse grand V, droit dans notre direction, nous offrant une fin hollywoodienne : Serge et Didier courant, les épais nuages noirs à leurs trousses. N’est-ce pas beau ? Serge monte dans le 4×4 in-extremis avant les premières gouttes. Nous sommes sauvés. Direction l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du mercredi 10 février: Etape 11



