74,69km – 9h45’

Il y a des journées où dès le réveil, on devine que ça va être difficile.
6h40, le portable sonne. Le vent hurle derrière les vitres. René a entendu bon nombre de branches tomber sur le 4×4 durant la nuit. L’équipe se traîne au petit déjeuner préparé par notre hôte, en sachant qu’une fois celui-ci terminé, c’en sera fini du confort.
On savoure le café, le jus de kiwi, les confitures qui viennent du jardin et les brownies chaudement sortis du four. Un régal. Une douche et c’est parti.
Il est 7h30 et 4 kilomètres séparent le gîte de notre point de départ. A bord du 4×4, il ne nous faudra que quelques minutes pour réaliser ô combien cette journée s’annonce éprouvante. Une pluie diluvienne et du vent, toujours ce vent, nous accompagnent jusqu’au point de départ. 4 kilomètres seulement, et pourtant déjà tellement de camions rencontrés. A chaque fois que l’un d’eux croise notre route, c’est une gerbe d’eau d’une force phénoménale qui s’abat sur notre pare-brise.
Laisser Serge avancer toute la journée sur cette nationale comme prévu ? Il en est hors de question. Nous aurions dû prévoir une augmentation du nombre de camions sur les routes entre aujourd’hui et hier. C’est de notre faute. Alors on décide unanimement d’improviser. Une solution s’offre à nous dès le départ : couper par les routes de campagne, en évitant ainsi la circulation, mais en rallongeant forcément l’étape de plusieurs kilomètres. Problème : nous sommes attendus par le groupe Fleury Michon à 17h à Pouzauges, et il est déjà 8h du matin. Mais la question ne se pose même pas : la sécurité de Serge passe avant tout.
Alors on abandonne cette nationale, et l’on entame notre progression. Le chemin bis que nous avons tracé sur la carte ne semble pas être bien plus long que l’original, mais impossible d’en être sûr sans un vrai outil de mesure. Et c’est là que Bertrand (aka « beber » pour les intimes) entre en jeu. Armé du logiciel openrunner, de mms et d’indications que nous lui avons savamment envoyé, celui-ci nous calcule le kilométrage du nouvel itinéraire pendant que nous avançons à tâtons sur ces chemins non reconnus jusqu’à présent.
En fin de matinée, le verdict officiel de Bertrand tombe : 72,614km. Rajoutez à cela les 5% de décalage obtenus entre Openrunner et la montre Garmin sur toutes les étapes depuis le départ, et l’on dépasse les 75 km.
Comparé aux 65 km prévus, cela nous rajoute pratiquement une heure et demi de course. Serge est stressé. Il avance bien mieux que lors des deux premières heures (où il a passé son temps à lutter contre le vent et à n’avancer qu’à 5km/h au maximum), mais nous sommes encore loin du compte. D’après nos calculs, Serge n’arriverait sur Pouzauges que vers 18h15, et personne n’a envie de cela.
Le but est d’alors d’optimiser au maximum le chemin à parcourir. Le moindre raccourci est bon à prendre. Serge avance par toutes les routes possibles, le 4×4 s’y accommode et le récupère plus loin s’il ne peut le suivre. Le GPS et la carte sont bien souvent à la ramasse : des reconnaissances faites sur le vif nous apprennent parfois l’existence de nouvelles routes, comme ce pont après « La Girardière » qui nous aura fait gagner 1,5km. Hallelujah.
Les kilomètres défilent et Serge monte en régime. Le vent est toujours aussi violent, mais rien ne semble pouvoir arrêter notre coureur.
Eliane arrive à la rescousse au niveau de Boismé, accompagnée de son fils, de ses petits-enfants, petits-neveux et nièces. Une véritable armada. Serge est ravi. Eliane, qui a obtenu son brevet de « suiveuse » depuis bien longtemps, arrive à point nommé, rajoutant une paire de main bienvenues pour les ravitaillements et une présence qui rempli l’équipe de joie.
Le combat entre Serge et ce maudit vent ne faiblit pas. Mais à mesure que nous approchons de Pouzauges, c’est l’étonnement qui nous gagne : nous sommes pratiquement dans les temps. Serge avance à une cadence infernale (rendez-vous compte, 25 secondes de moins qu’hier pour au final pratiquement 5 kilomètres de plus !)
Philippe, venu courir avec Serge sur les 20 derniers kilomètres va permettre au 4×4 d’aller se positionner à la salle de l’étoile afin de le réceptionner avec toute l’équipe Fleury Michon.
L’étape se termine de fort belle manière avec une boucle de 2 kilomètres de course en compagnie de salariés de Fleury Michon, de handballeurs du club de Pouzauges, de 2 skippers de la team Vendée Voile et de représentants du groupe Fleury Michon.
Un bel accueil est ensuite réservé à tout le monde. Et cela n’augure que du bon pour notre retour à Pouzauges l’année prochaine !

Ce soir tout le monde peut dormir sereinement car la journée à été longue, éprouvante mais surtout réussie. Néanmoins, le propre du rôle de suiveur est que chaque journée sur la course est un éternel recommencement, qui n’efface pas les réussites passées, mais ne conditionne pas celles à venir. Et c’est là toute la difficulté, mais aussi tout l’intérêt de ce rôle. A demain.

(Ce soir c’est René la star de la vidéo quotidienne !)

Merci à Eliane et Bertrand pour leur disponibilité d’aujourd’hui, vous avez été d’une grande aide.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 9 février :Etape 10