{"id":8349,"date":"2016-08-19T21:23:51","date_gmt":"2016-08-19T20:23:51","guid":{"rendered":"http:\/\/sergegirard.fr\/fr\/?p=8349"},"modified":"2016-08-21T06:19:51","modified_gmt":"2016-08-21T05:19:51","slug":"e202-vendredi-19-aout-palmer-anchorage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/2016\/08\/19\/e202-vendredi-19-aout-palmer-anchorage\/","title":{"rendered":"E202: Vendredi 19 Ao\u00fbt \/\/ Palmer &#8211; Anchorage"},"content":{"rendered":"<p>74,85 km &#8211; 10H40&prime;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voil\u00e0. La derni\u00e8re \u00e9tape nord-am\u00e9ricaine.<span>\u00a0<\/span><em>The last one<\/em>.<br \/>\nEt pour ce dernier pan de course en Alaska, on ne fait pas les choses comme d\u2019habitude.<br \/>\nFinis les d\u00e9parts \u00e0 6h, les coups de fouets au r\u00e9veil et les seaux d\u2019eau gel\u00e9e dans le lit.<br \/>\nCe matin, seul Philippe -qui cherche \u00e0 atteindre un total de 700 kilom\u00e8tres en dix jours- part \u00e0 l\u2019heure habituelle. Deux heures avant Serge pour \u00eatre exact. Quelques p\u00e2tes de fruits, une bouteille d\u2019eau, et il rejoint le point de d\u00e9part tout seul et \u00e0 pied. Soit\u00a09,3 kilom\u00e8tres de plus \u00e0 rajouter \u00e0 son compteur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<br \/>\nPour le reste de l\u2019\u00e9quipe, c\u2019est grasse matin\u00e9e. D\u00e9part \u00e0 8h15. Le r\u00eave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce d\u00e9part aussi tardif s\u2019explique par l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 17h30 de Laure, \u00e0 l\u2019a\u00e9roport\u00a0<em>Ted-Stevens<\/em><span>\u00a0<\/span>d\u2019Anchorage. Ce serait dommage qu&rsquo;elle loupe \u00e0 quelques heures pr\u00e8s les derniers kilom\u00e8tres de course. Alors on prend notre temps. Nous nous pr\u00e9sentons donc au point de d\u00e9part \u00e0 8h30. Nos calculs se sont av\u00e9r\u00e9s justes car Philippe se trouve une centaine de m\u00e8tres plus loin. Parfait. Serge part le rejoindre \u00e0 petites foul\u00e9es. Avant m\u00eame le premier ravitaillement, nos deux coureurs passent devant un chantier, et ne manquent pas de susciter l\u2019attention de deux ouvriers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre route continue direction sud, avant de s\u2019\u00e9craser de plein fouet contre le relief, et d\u2019obliquer vers l&rsquo;ouest. Les moustiques sont l\u00e0. Comme pour nous dire \u00ab\u00a0allez, une derni\u00e8re pour la route\u2026\u00a0\u00bb.<br \/>\nLes travaux sont nombreux sur les routes alaskaines, et aujourd&rsquo;hui ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle. Ici point de feux tricolores qui alternent le passage des voitures lorsque les ouvriers bloquent l&rsquo;une des voies. Ce sont bien deux personnes qui tiennent un panneau \u00ab\u00a0STOP\/SLOW\u00a0\u00bb de chaque c\u00f4t\u00e9 des travaux. Respect \u00e0 ces deux ouvriers, souvent des femmes, qui accomplissent leur t\u00e2che sans broncher au milieu des moustiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai pris place \u00e0 bord de la voiture ravitailleuse avec Ren\u00e9. Notre dernier jour de ravitaillement ensemble avant son d\u00e9part. Alors j\u2019avais envie d\u2019une petite vir\u00e9e nostalgique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que nous approchons tranquillement d\u2019Anchorage, nous sommes toujours autant encercl\u00e9s par les arbres et la v\u00e9g\u00e9tation. Difficile d\u2019imaginer que nous nous dirigeons vers la plus grande ville alaskaine et son lot de b\u00e2timents et de rues. Mais il faut savoir qu&rsquo;Anchorage et sa zone urbaine sont \u00e9troitement li\u00e9s avec la nature. L\u2019expansion de la ville force de plus en plus les animaux \u00e0 vivre au beau milieu des humains. Ainsi, on d\u00e9nombre pas moins de 250 ours noirs et 60 grizzlys se d\u00e9pla\u00e7ant et se nourrissant dans Anchorage et sa p\u00e9riph\u00e9rie. Il est d\u2019ailleurs vivement d\u00e9conseill\u00e9 de laisser ses poubelles devant sa porte, car cela les attire \u00e0 coup s\u00fbr. Et le safari n\u2019est pas termin\u00e9, puisqu\u2019il est possible d\u2019apercevoir ici des \u00e9lans (entre 250 et 1000 selon la saison), des loups (une trentaine sont recens\u00e9s), des mouflons de Dall, des renards et m\u00eame des castors.<br \/>\nEt clou du spectacle, on peut aussi voir des baleines le long de la c\u00f4te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd&rsquo;hui deux portions d\u2019<em>highways<\/em><span>\u00a0<\/span>sont \u00e0 franchir. La premi\u00e8re se fait sans probl\u00e8me. Mais nos deux coureurs ne prennent pas vraiment de plaisir. Et nous non plus d&rsquo;ailleurs. C&rsquo;est toujours le m\u00eame probl\u00e8me sur les<span>\u00a0<\/span><em>highways<\/em>, n&rsquo;ayant pas le droit de nous arr\u00eater sur le bas-c\u00f4t\u00e9, nous sommes oblig\u00e9s de ravitailler nos coureurs aux diff\u00e9rentes sorties. Et sommes donc d\u00e9pendants du kilom\u00e9trage o\u00f9 elles sont plac\u00e9es. M\u00eame si aujourd&rsquo;hui je dois avouer qu&rsquo;elles sont plut\u00f4t bien r\u00e9parties, et nous permettent presque de nourrir nos<span>\u00a0<\/span><em>runners<\/em><span>\u00a0<\/span>comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait.<br \/>\nNous repartons ensuite pour une dizaine de kilom\u00e8tres de zone plus urbanis\u00e9e. La ville se fait de plus en plus sentir. Une fine pluie tombe. La premi\u00e8re depuis que nous sommes en Alaska.<br \/>\nPeu avant le 50\u00e8me kilom\u00e8tre, nous nous appr\u00eatons \u00e0 retourner sur la<span>\u00a0<\/span><em>highway<\/em>&#8230; mais il s&rsquo;av\u00e8re que celle-ci est interdite aux pi\u00e9tons et aux cyclistes. Ah\u00a0! Premier impr\u00e9vu. Du stress, oui\u00a0! Ces travers\u00e9es de villes et leurs lots d&rsquo;impr\u00e9vus&#8230; \u00e7a m&rsquo;avait presque manqu\u00e9.<span>\u00a0<\/span>Ni une, ni deux, la voiture \u00ab\u00a0papillon\u00a0\u00bb part en \u00e9claireuse et finit par trouver une une piste cyclable appel\u00e9e<span>\u00a0<\/span><em>Bike Road<\/em><span>\u00a0<\/span><em>to Anchorage<\/em>. Parfait. L&rsquo;important est maintenant de s&rsquo;assurer qu&rsquo;elle ne rajoute pas trop de kilom\u00e8tres par rapport \u00e0 la<span>\u00a0<\/span><em>highway<\/em>. Surtout apr\u00e8s la d\u00e9convenue d&rsquo;hier, o\u00f9 nous nous sommes aper\u00e7us qu&rsquo;il ne restait non pas 67 kilom\u00e8tres \u00e0 parcourir, mais bien 75. Et en fin d&rsquo;\u00e9tape, deux ou trois kilom\u00e8tres de plus, ce n&rsquo;est pas rien. Christophe regarde avec son t\u00e9l\u00e9phone\u00a0: cette piste a l&rsquo;air de parfaitement longer la<span>\u00a0<\/span><em>highway<\/em>. Tr\u00e8s bien, on y va. De tout fa\u00e7on nous n&rsquo;avons pas le choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux heures plus tard nous voil\u00e0 sortis de la piste. Mis \u00e0 part un ravitaillement assez \u00e9pique au beau milieu de travaux, tout s&rsquo;est parfaitement d\u00e9roul\u00e9. Nous arrivons dans les quartiers nord d&rsquo;<em>Anchorage<\/em>. La pauvret\u00e9 est partout sous nos yeux. Cela me rappelle cette mis\u00e8re que nous avions travers\u00e9e au nord de<span>\u00a0<\/span><em>Las Vegas<\/em>. Certaines personnes titubent, d&rsquo;autres sont allong\u00e9es dans la rue, le plus souvent dans un \u00e9tat pr\u00e9caire. Cela fait de la peine \u00e0 voir. Il faut dire qu&rsquo;Anchorage, dont l&rsquo;\u00e9conomie est presque essentiellement bas\u00e9e sur le p\u00e9trole, a travers\u00e9 une v\u00e9ritable d\u00e9pression \u00e9conomique dans les ann\u00e9es 90, apr\u00e8s que le prix du baril eu dramatiquement chut\u00e9. Et m\u00eame si les temp\u00e9ratures sont plus cl\u00e9mentes en bord de mer, il ne faut pas oublier que nous sommes en Alaska. Et qu&rsquo;il existe une grande partie de l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 la ville est comme paralys\u00e9e. Pourquoi avons-nous travers\u00e9 autant de zones en travaux ces derniers jours\u00a0? Tout simplement parce que l&rsquo;\u00e9t\u00e9 est la seule p\u00e9riode o\u00f9 il est possible de r\u00e9parer les routes. Et j&rsquo;imagine mal la personne qui \u00e9tait pay\u00e9e \u00e0 tenir le panneau \u00ab\u00a0STOP\/SLOW\u00a0\u00bb r\u00e9aliser ce travail toute l&rsquo;ann\u00e9e.<br \/>\nDifficile donc de subsister dans une ville ayant travers\u00e9 une \u00e9norme crise \u00e9conomique (rendez-vous compte, dans les ann\u00e9es 90 tous les produits de consommation et les services \u00e9taient plus chers ici qu&rsquo;\u00e0 New York !) et qui se retrouve comme bloqu\u00e9e pendant plus de la moiti\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derniers kilom\u00e8tres, et voil\u00e0 que nous retrouvons Laure. Tout le monde est dans les temps, et le ciel compl\u00e8tement bouch\u00e9 depuis le d\u00e9but de la journ\u00e9e laisse place \u00e0 un superbe soleil pour cette fin d&rsquo;\u00e9tape.\u00a0<span><span>Que dis-je, cette fin de continent\u00a0!<br \/>\nSerge et Philippe suivent une derni\u00e8re piste cyclable, la C<em>oastal Trail<\/em>, longue de 4 kilom\u00e8tres, et nous les retrouvons de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, au<span>\u00a0<\/span><em>Lynn Ary Park<\/em>. Ils franchissent la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e imaginaire et se font une belle accolade sous les applaudissements d\u00e9cha\u00een\u00e9s des suiveurs.<br \/>\nNous y voil\u00e0. 14094,25 kilom\u00e8tres en 202 jours.<br \/>\nAu passage Serge \u00e9tablit un temps sur la distance Miami &#8211; Anchorage, 11 818 km en 166 jours et 15 heures. Soit une moyenne de 70,92 km\/jour.<br \/>\nBravo aussi \u00e0 Philippe, qui aura couru 710 kilom\u00e8tres en\u00a010 jours de course. Prochaine \u00e9tape pour lui, la Namibie.<br \/>\nIl est maintenant temps de tourner la page nord-am\u00e9ricaine. Une pens\u00e9e \u00e0 toutes les personnes qui ont permis \u00e0 Serge de traverser ce continent. Laure bien \u00e9videmment, mais aussi tous les suiveurs\u00a0: Ren\u00e9, Bertrand, Maxime, Emmanuelle, Philippe, Christophe, Jean-Michel et Victor. Monika et ses montages de qualit\u00e9.<br \/>\nA bient\u00f4t, pour la suite de l&rsquo;aventure&#8230; Dimanche et Lundi ce sera journ\u00e9es \u00ab\u00a0Off\u00a0\u00bb avant de prendre l&rsquo;avion lundi vers une destination inconnue car non pr\u00e9vue au programme initial. Restez connect\u00e9s, car nous n&rsquo;avons pas termin\u00e9 de partager avec vous des contr\u00e9es plus exotiques les unes que les autres &#8230; au pas de course !<\/span><\/span><\/p>\n<p>Donn\u00e9es de la montre Epix :\u00a0<a href=\"https:\/\/connect.garmin.com\/modern\/activity\/embed\/1311845566\" target=\"_blank\">Garmin Connect<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>74,85 km &#8211; 10H40&prime; La voil\u00e0. La derni\u00e8re \u00e9tape nord-am\u00e9ricaine.\u00a0The last one. Et pour ce dernier pan de course en Alaska, on ne fait pas les choses comme d\u2019habitude. Finis les d\u00e9parts \u00e0 6h, les coups de fouets au r\u00e9veil et les seaux d\u2019eau gel\u00e9e dans le lit. Ce matin, seul Philippe -qui cherche \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8427,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-8349","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8349","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8349"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8349\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8429,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8349\/revisions\/8429"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8427"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8349"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8349"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8349"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}