{"id":8262,"date":"2016-08-17T21:16:22","date_gmt":"2016-08-17T20:16:22","guid":{"rendered":"http:\/\/sergegirard.fr\/fr\/?p=8262"},"modified":"2016-08-22T08:15:22","modified_gmt":"2016-08-22T07:15:22","slug":"e200-mercredi-17-aout-eureka-roadhouse-chickaloon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sergegirard.fr\/fr\/2016\/08\/17\/e200-mercredi-17-aout-eureka-roadhouse-chickaloon\/","title":{"rendered":"E200: Mercredi 17 ao\u00fbt \/\/ Eureka Roadhouse &#8211; Chickaloon"},"content":{"rendered":"<p>74,74 km &#8211; 10h21<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Mercredi 17 ao\u00fbt 2016<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>200<sup>\u00e8me<\/sup> jour en mer.<br \/>\nIl est 5h20 du matin et l\u2019amiral Serge entre dans la cabine.<\/em><br \/>\n<em> \u00ab\u00a0Debout moussaillons\u00a0!\u00a0\u00bb clame-t-il haut et fort.<br \/>\nRarement je ne l\u2019ai vu aussi en forme au r\u00e9veil. Assur\u00e9ment, notre sup\u00e9rieur est surexcit\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019arriver \u00e0 Anchorage. D\u00e9j\u00e0 plus de cinq mois qu\u2019il est parti de Miami\u2026<\/em><br \/>\n<em> Nous les matelots ne sommes pas encore totalement habitu\u00e9s \u00e0 la houle. Les nuits sont courtes et les r\u00e9veils toujours aussi difficiles.<\/em><br \/>\n<em> Par chance, ce matin la mer est d\u2019huile. Le sergent Ren\u00e9 entre dans la cabine peu de temps apr\u00e8s. Les artimuses sont souqu\u00e9es, et les voiles pr\u00eates \u00e0 \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9es. Il ne nous reste plus qu\u2019\u00e0 prendre des forces avant de monter sur le pont. Au menu, harengs fum\u00e9s, haricots en conserves et rhum. Le tarif habituel.<\/em><br \/>\n<em> Nous profitons de nos derniers jours avec Philippe, l\u2019amiral du No-Limit, ainsi que le reste de son \u00e9quipage. C\u2019est toujours un plaisir de partager les eaux entre pavillons Normands.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Huit jours que nous avan\u00e7ons maintenant \u00e0 travers les eaux froides de l\u2019Alaska. On commence a essayer d\u2019imaginer \u00e0 quoi le port d\u2019Anchorage va ressembler.<\/em><br \/>\n<em> Ce matin le lever de soleil est splendide. Des couleurs chaudes qui contrastent avec la temp\u00e9rature glaciale. Notre route d\u2019aujourd\u2019hui nous verra serpenter entre les montagnes. Sur notre gauche, le glacier\u00a0Matanuska, long de plus de 39 kilom\u00e8tres (qui selon mes sources, est le plus grand glacier accessible des Etats-Unis) nous rappelle \u00e0 quel point l\u2019hiver peut \u00eatre rude dans les environs. A nous de ne pas nous attarder si l\u2019on veut \u00e9viter un remake de Titanic.<\/em><br \/>\n<em> Apr\u00e8s quelques heures de navigation, Ren\u00e9 ne se sent pas tr\u00e8s bien. Son ventre lui joue des tours. Puis il commence \u00e0 d\u00e9lirer et \u00e0 pester contre les thermos d\u2019eau chaude. Oui je parle bien de Ren\u00e9, le c\u00e9l\u00e8bre marin ayant ravitaill\u00e9 sur les sept oc\u00e9ans, \u00e0 travers les temp\u00eates les plus folles et sur les plus grands navires de ce si\u00e8cle. Une l\u00e9gende raconte m\u00eame qu\u2019il aurait r\u00e9ussi \u00e0 faire r\u00e9chauffer des p\u00e2tes sur le dos d\u2019un L\u00e9viathan.<\/em><br \/>\n<em> Quoiqu\u2019il en soit, Ren\u00e9 est fatigu\u00e9. Tr\u00e8s fatigu\u00e9. Apr\u00e8s tout, cela fait depuis fin mars qu\u2019il est en mer. Avec seulement trois semaines d\u2019escales en juin. Cela fait peu et il est grand temps qu\u2019il rentre se reposer au pays.<\/em><br \/>\n<em> Je prends donc les commandes des pr\u00e9parations culinaires pour le restant de la journ\u00e9e.<\/em><br \/>\n<em> Petite alerte alors que nous amor\u00e7ons notre entr\u00e9e entre les montagnes: notre navire affiche qu\u2019il faut \u00ab\u00a0bient\u00f4t changer le niveau d\u2019huile\u00a0\u00bb. Ni une, ni deux, Christophe descend faire quelques v\u00e9rifications dans la salle des machines, cet endroit que -je ne sais pas pourquoi- il surnomme \u00ab\u00a0le capot\u00a0\u00bb. J\u2019ai d\u00fb louper quelque chose.<\/em><br \/>\n<em> Car il faut savoir qu\u2019une fois arriv\u00e9s \u00e0 Anchorage, Ren\u00e9 et Christophe vont devoir redescendre notre embarcation jusqu\u2019\u00e0 Vancouver, pour la rendre \u00e0 l\u2019aimable commer\u00e7ant qui nous l\u2019a pr\u00eat\u00e9e en \u00e9change de quelques pi\u00e8ces d\u2019or. Alors autant s\u2019assurer qu\u2019elle est apte \u00e0 faire le chemin retour.<\/em><br \/>\n<em> Au loin sur notre gauche, le mont Marcus Baker culmine \u00e0 4018m. Tant que \u00e7a\u00a0? On pourrait croire que le rhum fait effet, mais ce sont surtout les perspectives et les distances qui sont bien plus difficiles \u00e0 mesurer en altitude.<\/em><br \/>\n<em> De toutes les exp\u00e9ditions maritimes auxquelles nous avons particip\u00e9, toutes ces montagnes me rappellent les Rocheuses. Normal me direz-vous, elles en font partie. Mais ce qui m\u2019interpelle le plus, c\u2019est que j\u2019ai l\u2019impression de revoir les m\u00eames roches accident\u00e9es, \u00e0 la couleur pr\u00e8s, que celles du Nevada. Le Nevada qui, rappelons-le, se situe approximativement 5000 kilom\u00e8tres plus au sud que nous. C\u2019est dire l\u2019identit\u00e9 visuelle que poss\u00e8de cette immense cha\u00eene.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les kilom\u00e8tres d\u00e9filent et voil\u00e0 qu\u2019en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi nous passons la barre symbolique des 100 miles avant Anchorage. Avant la fin de ce continent nord-am\u00e9ricain. Difficile d\u2019imaginer que la ligne d\u2019arriv\u00e9e soit aussi proche. Juste l\u00e0, derri\u00e8re les montagnes. D\u2019autant plus qu\u2019au bout, il y Laure. Pas l\u2019or olympique, mais bien notre manageuse pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, qui va venir remettre un peu d\u2019ordre dans cette organisation testost\u00e9ron\u00e9e et pas toujours tr\u00e8s d\u00e9licate.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> Un peu plus tard dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous retrouvons le glacier\u00a0Matanuska. Mais de bien plus pr\u00e8s cette fois-ci. Et le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019il est r\u00e9ellement impressionnant. Son \u00e9paisseur lui permet de r\u00e9sister aux temp\u00e9ratures les plus estivales. Et plus que \u00e7a, ce glacier fait partie de la cat\u00e9gorie des \u00ab glaciers actifs\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qui continuent de gagner du terrain. Le Manatuska grappille en moyenne 30 centim\u00e8tres par jour\u00a0! Rien que \u00e7a.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Comme \u00e0 chaque fin d\u2019\u00e9tape, Serge d\u00e9ploie la grand voile et rattrape son retard sur Philippe. Le ciel est comme \u00e0 son habitude tr\u00e8s mena\u00e7ant sur les derniers kilom\u00e8tres, mais notre coureur, en bon vieux loup de mer qu\u2019il est, n\u2019esquisse m\u00eame pas un semblant d\u2019inqui\u00e9tude. Il sait qu\u2019il passera entre les gouttes. C\u2019est \u00e7a d\u2019\u00eatre le marin des continents.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ce soir nous amarrons au Long Rifle Lodge, avant de reprendre notre route demain matin, pour l\u2019avant-derni\u00e8re journ\u00e9e de course en Alaska.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Bonne nuit.<\/em><\/p>\n<p>Donn\u00e9es de la montre Epix: <a href=\"https:\/\/connect.garmin.com\/modern\/activity\/embed\/1310393647\" target=\"_blank\">Garmin Connect<\/a><\/p>\n<p>Parcours du jeudi 18 ao\u00fbt :\u00a0<a href=\"http:\/\/www.openrunner.com\/index.php?id=6207899\" target=\"_blank\">Etape 201<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>74,74 km &#8211; 10h21 Mercredi 17 ao\u00fbt 2016 200\u00e8me jour en mer. Il est 5h20 du matin et l\u2019amiral Serge entre dans la cabine. \u00ab\u00a0Debout moussaillons\u00a0!\u00a0\u00bb clame-t-il haut et fort. Rarement je ne l\u2019ai vu aussi en forme au r\u00e9veil. 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