71,03 km – 9h29′

Ce matin, comme beaucoup de matins ici, le ciel est dégagé. Nous sommes arrivés au pied des Alpes du Sud. Le mont Cook est toujours là, fidèle au poste, accompagné de son inséparable mont Tasman. On se dépêche de prendre des photos car la météo annoncée n’est pas des plus favorables.

On ne compte plus les élevages de vaches dans cette région. Les gens ici doivent presque essentiellement vivre de la vente du lait et de la viande. Cela expliquerait d’ailleurs les nombreux camions citernes que nous croisons depuis plusieurs jours maintenant.
Bizarrement, les moutons ont disparu. J’avais cru lire quelque part qu’ils étaient surtout concentrés sur la côte est de l’île du sud. Vers Christchurch et Dunedin.

Les 70 kilomètres du jour nous font traverser deux villages : le premier apparaît aux alentours de 11h, et se prénomme Hari Hari. Un village qui vous veut du bien.
En comparaison avec Ross, c’est le jour est la nuit. Là où notre ville étape de la veille semblait à l’abandon, Hari Hari joue à fond la carte du tourisme. Deux magasins de souvenirs, une épicerie et le tour est joué. Des cars remplis de touristes s’y arrêtent très régulièrement, et n’hésitent pas à dépenser leur argent malgré les tarifs exorbitants.

Serge traverse le village peu de temps après nous, mais pas le temps de s’y arrêter. Il continue son avancée à grandes enjambées. Le moral va bien, même si physiquement il ressent quelques douleurs au fessier droit. Des douleurs électriques qui viendraient du dos. Pour les connaisseurs il s’agirait d’une sorte de « cruralgie ». Bien sur je ne fais que retranscrire les propos du docteur Laure, et je n’ai aucune idée de ce dont je suis en train de parler.

Nous avons enfin trouvé le nom de ces petits moucherons suceurs de sang qui nous harcèlent depuis plusieurs jours. Selon un répulsif en vente à Hari Hari il s’agirait de « sandfly ». La légende maori dit que lorsque le dieu Tu-te-raki-whanoa eu fini de créer les fjords, les paysages étaient si somptueux que les gens s’arrêtèrent de travailler, préférant errer et contempler toute cette beauté. Mais la déesse Hinenuitepo ne vit pas d’un bon œil cette soudaine paresse, et créa alors les sandflies pour qu’ils piquent les gens, et les obligent à s’en aller.

Un peu plus loin nous croisons une galerie d’art tenue par un certain « Petr Hlavacek ». Ce nom ne nous est pas inconnu. Nous l’avons déjà aperçu sur les cartes postales locales. Petit détour donc, dans cette salle où sont exposées une vingtaine de ses photographies. Nous sommes reçus par Petr en personne, et croyez-moi, sa superbe collection a du faire pâlir plus d’un photographe.

15 heures, c’est la fin des cours. Et ça tombe bien car nous traversons notre deuxième ville du jour : Whataroa. Des panneaux publicitaires promettaient depuis hier d’y apercevoir des hérons blancs, une espèce unique au monde. Mais nous n’en verrons pas la couleur. Au lieu de cela, nous apercevrons une autre espèce unique au monde : les écoliers de Watharoa, qui sortent de l’école tous vêtus d’un gilet de sécurité jaune fluo.
Serge arrive au même moment, lui aussi vêtu du sien, ce qui ne manque pas d’attirer leur attention.

Notre route continue sur cette highway 6 (d’ailleurs je vais arrêter de l’évoquer puisque nous la suivrons jusqu’au bout). La journée aura été très paisible, et va tranquillement se terminer aux bords du lac Wahapo.

Ce soir nous dormons à Glacier Fox, où siège l’un des glaciers les plus réputés du pays près duquel Serge passera dès demain.

Données de la montre Epix : Garmin Connect

Parcours du Mardi 11 Octobre : Etape 255