70,64km – 10h04′

Hier soir nous avons fait halte au Vatia Beach Resort. Quelques cabanes en bois avec porte branlante, eau froide et zéro prise de courant. Ni plus ni moins.
Ah si, une grande moustiquaire au-dessus de chaque lit, qui nous a permis de dormir « à la fraiche », mais surtout à l’abri des moustiques et autres insectes.
Ce matin c’est donc un départ très matinal qui s’amorce. Tous les lotissements sont encore plongés dans l’obscurité lorsque nous chargeons les véhicules. L’hôtel de ce soir est situé à plus de deux heures de route alors Serge veut terminer son étape le plus tôt possible.
Mais le destin fait bien les choses, car si nous nous étions levés à l’heure habituelle, nous n’aurions jamais pu assister à ce superbe « coucher de pleine lune » sur cet océan parfaitement lisse et dégagé. Magnifique.

Le soleil garde ses bonnes vieilles habitudes et commence à taper très fort aussitôt le relai pris avec la lune. Heureusement le vent souffle beaucoup aujourd’hui, et notre proximité avec les côtes rend la température bien plus supportable que ces derniers jours.

Pour cette 230ème étape, l’île de Viti Levu dévoile enfin ses plus beaux atouts. De superbes petites montagnes accidentées, dont le point culminant de l’île, le mont Tomanivi et ses 1324 mètres de hauteur, font face à des plages mêlant coraux et mangroves. Il est vrai que lorsqu’on parle des Fidji, on pense toute de suit à la minuscule île de sable blanc, avec quelques palmiers et une eau turquoise. Cela existe vraiment, mais se trouve sur les îles plus petites et jugées plus paradisiaques par les agences de tourisme.
Car les Fidji, c’est très exactement 322 îles (dont un tiers seulement d’habitées) et 522 îlots.
Et sachant que l’île où nous nous trouvons représente plus de la moitié de la surface totale du pays, je vous laisse imaginer à quel point les autres bouts de terre sont minuscules…

En tout cas ce matin, pas de sable blanc, de touristes, d’atols, d’opticiens. Seulement les « Fidji authentiques ». Ceux qui mériteraient d’être bien plus mis en valeur, rien que pour la gentillesse de leurs habitants. La preuve encore avec cette famille rencontrée à un arrêt de bus, et qui attendra avec nous l’arrivée de Serge pour le féliciter et prend des photos avec lui.
En parlant de bus, vous n’imaginez pas à quel point ils sont nombreux. C’est LE moyen de locomotion de l’île. Le train étant essentiellement réservé aux transports de marchandises (et vu sa vitesse, croyez-moi, mieux vaut ne pas le prendre), et l’avion et la voiture étant trop chers pour les locaux, le car est le meilleur moyen de relier les nombreux villages qui parsèment les routes.

Au détour d’un superbe paysage, Monika sort le drone. Une grand-mère et ses petits enfants qui passent par là n’en reviennent pas, et regardent l’engin voler en éclatant de rire. J’ai l’impression de prendre une bouffée d’air frais à chaque fois que je rencontre quelqu’un.

L’après-midi sera surtout marqué par la rencontre d’Ouna, une petite fille qui ne m’aura pas lâché d’une semelle pendant le ravitaillement, et de toute sa famille. Tout le monde est là sur le bord de la plage, bagages en main, prêt à monter à bord d’une petite embarcation. Leur objectif ? Traverser un bras de mer jusqu’à une autre partie de l’île où ils vivent, et qui est inaccessible à pied. Je n’en reviens pas qu’ils montent à autant dans une si petite barque, et avec de si fortes bourrasques. Mais eux n’ont pas l’air de s’en faire.

La fin d’étape que nous redoutions tant est enfin là. Elle tiendra toutes ses promesses avec plus de deux heures de route bien pénibles pour rejoindre notre hôtel à Suva. L’avantage étant que nous gardons la chambre 3 jours de suite, et pourrons voyager léger dès demain.

En attendant, que nous soyons dans des cabanes perdues au fin fond de la nature, où dans la capitale des Fidji: le wifi est toujours aussi mauvais. Les photos et vidéos arriveront dès que ce sera possible.
Bonne nuit.

Données de la montre Epix: Garmin Connect