70,12km – 9h53′
Il est 6h ce matin, et nous voilà fin prêts à affronter cette première journée de course aux îles Fidji, et surtout, SURTOUT, l’animal le plus mortel pour l’homme. Oui j’ai bien dis mortel, et alors que vous commencez à imaginer des scorpions, crocodiles, serpents et autres tarentules, je vous arrête tout de suite : ici l’ennemi public numéro un, c’est le moustique. Le moustique tigre pour être précis. Plus gros que son homologue européen, mais heureusement plus bruyant et plus lent. Car là où le moustique caucasien qui tourmente vos nuits s’apparente à un F-16 ne ratant jamais sa cible, le moustique tigre a lui plutôt des allures de montgolfière à moitié crevée cherchant son chemin. Il s’avère donc assez simple de le tuer, et heureusement car ici il est capable de transmettre des maladies comme la dengue, et dans d’autres endroits le paludisme, la fièvre jaune ou même le Chikungunya…
Tout ça me ferait presque aimer nos petits moustiques bien de chez nous. En tout cas soyez certains que nous avons pris toutes les précautions nécessaires, et que mon bracelet Para kito ne quitte plus ma cheville.
Départ donc ce matin du Beachouse de Komave, sorte de repaire pour surfeurs en attente de la vague, où nous avons séjourné hier. Le jour se lève et les forêts ont des allures de jungle amazonienne. Les cris des oiseaux sont tous plus exotiques les uns que les autres. Le bord de mer, lui, est toujours délimité au loin par la barrière de corail et les vagues que celle-ci forme.
Premier contact entre Serge et les locaux. Les regards circonspects laissent très vite place à des sourires et des signes de la main : la bonne humeur semble être de mise ici. Ludovic et moi recevons le même accueil à chaque fois que nous croisons quelqu’un. Nous traversons Namatakulu et Korolevu qui s’éveillent tranquillement au rythme du soleil.
Au 15ème kilomètre, les écoliers de Namada sont tous invités à sortir dans la cour de leur école pour « l’inspection » (à prononcer innespèk’cheun bien sur). C’est l’heure de la prière. Un homme tenant un micro dirige la séance et leur explique que dans la vie, les échecs ne doivent pas être redoutés, car ils sont là pour nous faire progresser.
Ici aux Fidji, la religion phare est le christianisme. Plus de 52% de la population la pratique. Le reste du podium est complété par l’hindouisme et l’islam.
Enormément de petits stands sont amassés sur le bord de la route, où l’on vend toute sorte de nourriture cuite sur place, dont en grande majorité du hot corn (maïs cuit au feu de bois).
Notre route longe de superbes plages, qui malgré leur côté « carte postale » sont bien souvent recouvertes de détritus…
Les chiens qui nous étaient apparus assez menaçants hier en faisant la route jusqu’à Komave, sont en fait assez inoffensifs, et bien souvent malades ou blessés. Serge peut respirer, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va devoir claquer un 100 mètres sous la barre des 10 secondes.
Au 25ème kilomètre nous arrivons à Sigatoka, la ville la plus importante du sud-ouest de l’île. On s’arrête devant une école : ça chante, ça danse ! Les salles de classes sont à moitié à l’air libre, et à l’intérieur règne un désordre assez impressionnant. C’est l’heure de la cantine, tous les élèves, âgés de 8 ou 9 ans, lavent leur bol après le repas, puis trois d’entre eux passent la serpillère derrière. Et dire qu’en France on discute plutôt de « si la cantine est bonne ou pas »…
Les récents héros Fidjiens des jeux olympiques de Rio, qui ont apporté la première médaille d’or (mais aussi la première tout court) à leur pays, sont célébrés partout ici. L’équipe de rugby à 7 est placardée sur toutes les voitures, bâtiments, pancartes publicitaires… et certains villages se vantent même d’avoir un des héros provenant de chez eux.
Une fois Sigatoka traversée, nous pénétrons dans des contrées bien plus reculés. Le bord de mer est loin maintenant, et les gens sortent des maisons pour nous observer : assurément ils ont déjà vu passer des étrangers passer en voiture, mais qui s’arrêtent pour faire la tambouille sur le bord de la route… je pense que nous sommes les premiers.
La température monte en ce début d’après-midi. Il fait de plus en plus lourd et le vent se lève. Heureusement il est de dos pour Serge. La circulation, elle, devient assez dangereuse, et même les camions n’hésitent pas à doubler en pleine montée, ce qui impose à notre coureur de descendre de temps en temps dans les bas-côtés. Mais pas de quoi atteindre son moral : Serge est en train de totalement découvrir les îles Fidji, et on le sent heureux.
Je fais la rencontre de deux cavaliers dans cette même montée, qui me présentent leurs montures, et m’expliquent que les chevaux fidjiens sont certes petits, mais figurent parmi les plus rapides, pouvant atteindre jusqu’à 60 kilomètres/heure !
Notre fin d’étape nous voit bifurquer sur une piste, certes bien plus poussiéreuse, mais où Serge peut courir en toute tranquillité. Nous retrouvons une grande proximité avec les locaux, qui s’avèrent être toujours aussi gentils. Quatre femmes dans un bateau nous font de grands signes au loin : elles rentrent de la mer où elles ont pêché le poisson pour ce soir.
Nous croisons de nouveau une école : cette fois-ci c’est la sortie des classes. Les garçons et les filles montent dans des véhicules différents. Puis deux élèves sortent avec des panneaux « STOP », s’arrêtent de chaque côté de la route afin de laisser les bus sortir de l’école. Les enfants nous font des grands signes de la main en s’en allant, et Serge ira même jusqu’à faire une chouette rencontre pendant ses derniers kilomètres, que je vous laisse découvrir dans la vidéo.
Nous rentrons tous les trois exténués, mais heureux de cette journée. En espérant que la suite soit aussi dépaysante, je vous souhaite une bonne nuit.
A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du mercredi 14 septembre: Etape 228



