Après une dizaine d’heures de vol, entrecoupées d’un changement d’avion à Honolulu et d’une escale à Apia, nous voilà enfin arrivés aux Iles Fidji. A Nadi plus précisément.
Il est 9h30 du matin, et nous sommes le 10 septembre.
Sauf que nous sommes partis le 8 au soir. Bizarre, non ?
Et pourtant il n’en est rien, car nous avons seulement été victimes de l’impitoyable ligne de changement de date.
Cette frontière imaginaire qui coupe le Pacifique en son centre, en esquivant quelques îles au passage, est pourtant très utile : c’est elle qui régule le système tout entier des fuseaux horaires. Car si l’on laissait les gens se déplacer librement sans tenir compte de ce changement de date, cela créerait des imbroglios tel que celui que Magellan a connu en son temps, et qui une fois revenu en Espagne après avoir fait le tour de la Terre, s’était aperçu que lui et son équipage avaient un jour de décalage avec les gens sur place.
Un jour d’avance ? De retard ? Je dois avouer que je suis un peu perdu, et que tout cela est un peu trop psychédélique pour moi…
Rendez-vous compte, quelqu’un qui habite aux Tonga, et qui veut se rendre aux Samoas américaines le lundi matin pour 8h, est contraint de prendre l’avion le dimanche à 6h du matin. Soit 26 heures avant. Alors que l’avion n’a besoin de que de deux heures pour relier ces deux îles.
On marche sur la tête.
Et c’est exactement ce qui nous est arrivé. Au lieu des 12 heures de voyage prévues, nous avons passé 36 heures à relier l’île d’Hawaii de celles des Fidji.
Mais alors plein de questions se bousculent dans ma tête : si l’on n’arrête pas de faire le tour de la Terre d’ouest en est, rajeunit-on ? Et dans l’autre sens vieillit-on plus vite ? Imaginons que j’ai les numéros gagnants du loto, et que je passe la ligne vite fait, ai-je le temps d’empocher la cagnotte à 100 millions ?
Tout ce dont je suis sur, c’est que Magellan vient de me faire perdre un jour de vie. Enfin sur le calendrier seulement. Mais quand il s’agit du Run Around the Planet, là ça compte. Et Serge n’a pu que constater les dégâts en regardant lui passer sous le nez cette journée du 8 septembre. Pas même le temps d’activer sa montre Garmin et de faire un petit footing dans l’avion que nous étions déjà le 10.
Mais bon, tout ceci a quand même permis de découvrir que la Terre était ronde, alors on passe l’éponge…
En attendant, je vous dis à demain pour notre dernière journée de préparation avant la reprise de la course le mardi 13 septembre. D’ici-là portez-vous bien.



