67,77km – 10h28km
Retenez bien ces noms : Madeline et Lester.
Car ce sont deux immenses cyclones actuellement en plein océan Pacifique, et qui se dirigent droit vers nous. Ils avancent d’environ 20 kilomètres par heure, ce qui devrait nous laisser le temps de prendre l’avion demain pour aller à Hawaii. Fort heureusement, les yeux de ces cyclones ne sont pas censés passer au-dessus de l’archipel, mais plus au nord. Néanmoins un ouragan est une dépression instable et très imprévisible, et il peut bifurquer à tout moment.
En attendant, les effets s’en font déjà ressentir. Dès notre départ le vent souffle fort et les averses se succèdent. Les « journées canicules » sont bien loin, et l’on se demande par quel moyen nous n’allons pas nous envoler.
Notre progression reprend sur le versant ouest de l’île. La route est toujours la même, c’est à dire peu agréable, mais la circulation y est bien plus faible ce matin.
La radio, ne parle que d’une chose : la venue de Barack Obama demain sur l’île d’Oahu. A bien y réfléchir, le 44ème président des Etats-Unis doit être une véritable rock star ici. Car une fois que l’on connaît l’histoire d’Hawaii et notamment son rapport avec les Etats-Unis, le fait qu’un enfant du pays ai pu accéder au poste ultime doit être une immense fierté locale.
Pour information Barack Obama est ici pour le Congrès Mondial de la Nature, où d’autres chefs d’états doivent aussi se rendre. Il ira ensuite sur l’atol de Midway, qui est le plus à l’ouest de tout l’archipel hawaiien, afin de faire de cet endroit la plus grande réserve naturelle marine au monde.
Et quand je vois la diversité de la flore et de la faune ici, je ne peux qu’acquiescer cette initiative.
Très vite notre étape retrouve le côté sauvage du premier jour. La végétation reprend le dessus et notre route recommence à zigzaguer afin de se frayer un chemin le long du bord de mer. Au 25ème kilomètre se trouve le Nakalele Blowhole, un trail de quelques kilomètres qui permet d’admirer la côte. L’occasion de découvrir une végétation très propre à ce littoral, ainsi que quelques espèces animales (beaucoup d’oiseaux, mais aussi –si vous êtes chanceux- des tortues de mer et des baleines).
Depuis le bord de la falaise, le vent souffle très fort et tout le monde garde ses distances avec le vide. En bas les vagues viennent s’écraser avec vigueur contre la roche.
La mer est d’une couleur bien plus foncée que les jours précédents, et les embruns se comptent par centaine jusqu’à l’horizon. La tempête approche…
Serge a le moral. Le vent à beau être fort, il lui est bien souvent favorable. Tout ce qui lui importe aujourd’hui, c’est de boucler le tour de l’île en évitant de repasser sur la même route qu’hier. Car l’erreur de parcours de la veille n’est pas sans conséquence. En se trompant de chemin nous avons emprunté une portion de la highway qu’il était initialement prévu de prendre aujourd’hui. Et si l’on ne veut pas rencontrer le même problème qu’à Grand Canyon, il nous faut trouver un autre chemin.
Nous trouvons les routes particulièrement désertes aujourd’hui. Où sont passés les vendeurs de fruits, d’habitude tous amassés le long de la route ? Tout est fermé. C’est comme si l’île se préparait à recevoir l’ouragan…
Nous rejoignons Kahukui en début d’après-midi. Serge dévale les avenues remplies de palmiers jusqu’à arriver à l’aéroport. C’est là qu’intervient le changement d’itinéraire. Je pars avec notre coureur sur une piste cyclable. Une marche le long de la plage, quelques errements (mais rien de bien grave) et une vingtaine de minutes plus tard nous revoilà sur le bitume, le vrai de vrai, sans avoir recroisé la route de la veille. Serge part en direction de Paia, et s’arrête quelques kilomètres plus loin. Le tour de l’île est bouclé, et comme une récompense, nous apercevons à l’arrivée deux tortues de mer tranquillement allongées sur la plage. Parfait.
Demain c’est donc un nouveau transfert en avion qui s’annonce. Décollage 10h45, direction Hawaii, la plus grande île de l’archipel et plus communément appelée « The Big Island ». Bonne nuit.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



