70,22km – 10h46′

Serge décolle d’Hana peu après 6 heures. Très vite sa route croise celle de deux églises catholiques, chacune construites d’un côté de la route. La religion principale d’Hawaii est en effet le catholicisme, mais il est important de noter que la population hawaiienne est nettement moins croyante que la plupart des autres régions des Etats-Unis. En résulte surement le peu d’identification des hawaiiens dans cette religion qui, ne mâchons pas nos mots, leur a été imposée lors de l’arrivée des occidentaux, convaincus de leur supériorité morale et de leur rôle civilisateur. Eux qui depuis toujours vivaient dans une société, certes rigide, mais qui leur était propre. Tout comme pour les indiens au Nebraska, traverser un endroit tel que l’archipel d’Hawaii permet de se rendre compte que tout n’est pas rose, et que ces îles ne se résument pas qu’au surf et aux ukulélés.

Notre route de ce matin continue sur la highway 360. Les chutes d’eau se succèdent mais une en particulier retiendra notre attention. On attend Serge pour faire la photo parfaite. Celui-ci arrive, tchak tchak. Résultats des courses : Ludovic et moi avons encore besoin d’entraînement…

La gourmandise des suiveurs est un vilain défaut. En fin de matinée nous nous arrêtons devant une sorte de musée / supermarché, avec une superbe collection d’appareils photo vintage derrière la caisse. Mais ici on peut aussi acheter des boissons, sucreries, glaces… et c’est justement sur ces dernières que nous allons craquer. Une erreur fatale puisqu’après dégustation, on finira par conclure qu’elles avaient dû être recongelées. C’est donc un combat de plusieurs heures qui va s’engager avec notre estomac.
Cette pause culinaire m’aura quand même permis de discuter avec la gérante à propos de la fameuse tempête tropicale à venir. Pas rassurante du tout, celle-ci me parle même d’un hurricane en approche. Hurricane signifiant ouragan. Ce qui serait une très très mauvaise nouvelle…
En tout cas avec un peu de recule, tout ce que j’espère, c’est que ses prévisions météo sont aussi mauvaises que ses glaces…

Au fur et à mesure que nous atteignons le sud de l’île de Maui, la végétation s’efface au profit d’immenses étendues plongeant lentement dans la mer. Les roches qui bordent la route prennent un teint volcanique, et les arbres disparaissent. Nous sommes arrivés sur le flanc du volcan Haleakalā où ses coulées de lave descendent. Les canyons creusés par le magma en attestent. On peut même deviner là où les coulées les plus récentes sont passées, la végétation ayant à peine repoussé.
Mais rassurez-vous, ce volcan est endormi depuis 1750.

Un vent de sud-est se lève très rapidement et de manière assez violente, allant jusqu’à ballotter la voiture lorsqu’elle est à l’arrêt. Au loin d’épais nuages se dirigent vers l’île.
Tout cela n’annonce rien de bon, et bizarrement la circulation est pratiquement devenue inexistante. Comme si une alerte météo avait été lancée, et que nous étions les seuls à ne pas être au courant…
Tout cela présente à la fois des inconvénients, et des avantages pour Serge. Celui-ci se cramponne car le vent part dans tous les sens, parfois à son avantage, parfois non. De plus, le dénivelé d’aujourd’hui est très important, alternant sans cesse les montées et les descentes, toujours de façon très pentue. Pas facile pour les jambes. L’avantage, c’est que pour notre deuxième jour consécutif nous ne souffrons pas de la chaleur. Attention, il ne fait pas froid non plus, un bon 25°C, mais on profite pleinement de cette accalmie.

Au 55ème kilomètre, d’autres locaux nous parlent d’un ouragan en approche. Les radios sont aussi sur le qui-vive. Il est annoncé comme bien plus puissant que celui d’il y a un mois, et devrait d’abord arriver sur l’île d’Hawaii mercredi midi, puis sur Maui quelques heures plus tard…
Qui vivra verra, mais il est vrai que cela perturberait quelque peu nos plans de prendre l’avion pour Hawaii ce jeudi…

Hier soir, Serge avait repéré une piste en fouinant sur internet. Depuis ce début d’étape, il avait comme idée de bifurquer dessus au 57ème kilomètre, s’évitant ainsi une longue boucle initialement prévue par le nord. Après vérification sur place, tous ces chemins secondaires sont bien des pistes, mais appartenant à chaque fois à des propriétés privées. Et les locaux à qui nous demandons conseil sont formels : si l’on ne veut pas repartir avec du plomb dans les fesses, mieux vaut s’en tenir à la route principale. Et c’est ce que nous ferons.

Dernier ravitaillement, Serge me fait remarquer que nous ne sommes qu’à 500 mètres d’altitude, lui qui avait pourtant prévu de monter bien plus haut. Qu’à cela tienne, les six derniers kilomètres l’emmèneront jusqu’à très exactement 867 mètres d’altitude, lui permettant par la même occasion de battre son record de dénivelé sur une même étape : 1990 mètres !

Avec près de 11 heures passées sur la route aujourd’hui, tout le monde rentre très fatigué.
Une bonne nuit de repos nous attend. A demain.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du mardi 30 août: Etape 213