70,51 km – 9h28′
Et voilà, une nouvelle centaine qui démarre.
Nous continuons notre route à travers la montagne et ses forêts. Et quand je dis « à travers », c’est bien au sens propre. Car certains pans de la route fendent carrément le relief en deux. En haut les sapins s’entassent sur les deux bords créés par l’homme.
Nous sommes à un peu moins de 150 kilomètres du point d’arrivée prévu à Anchorage. 134 kilomètres pour être précis. Serge et Philippe ont donc décidé hier, de couper la poire en deux et de faire 67 kilomètres aujourd’hui et les 67 derniers demain.
René a mis à l’abri dans une boîte tout ce qu’il faut pour ravitailler nos deux runners jusqu’à demain soir. Tout le reste est à finir. Un changement de continent c’est un peu comme les soldes, tout doit disparaître. Néanmoins, si vous voulez repartir avec une compote de pommes ou une salade de fruits, il faut se lever tôt !
Le but de ce déstockage massif, est donc de décoller le plus léger possible d’Alaska. Et accessoirement, de ne pas gâcher trop de nourriture… Le poids des bagages étant limité en avion, mais pas le nôtre, on approuve cette méthode.
Dès à présent, et à en croire les données topographiques jusqu’à Anchorage, notre route ne sera plus qu’une longue descente jusqu’à l’océan. Au loin on aperçoit déjà les Rocheuses qui se terminent de façon extrêmement abrupte. Je me souviens du jour où nous sommes entrés de plein fouet dedans. C’était le 6 mai. Nous étions dans l’Utah, et venions de sortir d’un canyon. Serge était en pleine conférence téléphonique avec les Godervillais, lorsqu’une une superbe chaîne de montagnes s’est dressée devant nous. Depuis ce jour, notre coureur n’a jamais quitté les Rocheuses, et l’on peut maintenant dire qu’il en est venu à bout ! Chapeau.
51ème kilomètre: Serge franchit la barre des 14 000 kilomètres. Je ne sais même plus quoi vous dire tellement notre runner engloutit un millier de kilomètres en un rien de temps… et pourtant ces mille kilomètres supplémentaires ne sont pas à banaliser ! L’exploit de plus en plus grand.
Quelques kilomètres plus tard vient l’entrée dans Palmer pour nos deux coureurs.
Le voilà, le grand retour à la civilisation ! Surtout pour le trio Serge/René/Christophe, qui n’avait pas traversé de villes aussi grandes depuis plus d’un mois maintenant. Les bus scolaires sont de sortie, afin de ramener chaque élève devant chez lui. Et oui, aux Etats-Unis l’école a déjà repris. A contrario, les élèves ici n’ont cours que le matin. L’après-midi étant réservé aux activités sportives. Pas mal, non ?
Palmer c’est 5937 habitants, avec comme seules célébrités locales les Redhead Express, un groupe de country rassemblant quatre sœurs. Ce n’est pas l’envie qui me manque de vous en dire plus, mais cette ville ne semble pas être débordante d’activité et d’anecdotes.
Quoiqu’il en soit, nous retrouvons notre Eagle Hotel, où nous avions séjourné lors de notre arrivée avec la Philippe team. Demain dernière étape en Amérique du Nord. On s’y retrouve, en forme.
Bonne nuit.
Données de la montre Epix: Garmin Connect



