75,58km – 10H29′
Bonjour à toutes et à tous.
Pour commencer, j’aimerais vous faire part de quelque chose. D’une chose que j’avais promis de ne plus évoquer. Mais l’émotion et le soulagement sont tels…
Aujourd’hui nous fêtons notre quatrième jour sans moustiques. « Sans » reste un bien grand mot certes, car avons quand même eu le droit à notre lot de piqûres réglementaires. Mais en comparaison à l’invasion vécue pendant les deux premiers jours, c’est peanuts.
Notre très légère montée en altitude n’y est surement pas pour rien. L’accalmie est arrivée tout de suite après Tok, lorsque nous avons bifurqué sur l’Alaska Highway 1 et ses contrées boisées. Les moustiques sont donc soit réfractaires à l’altitude, soit aux forêts ou soit aux highways. A vous de voir. Quoiqu’il en soit tout le monde est soulagé.
Ce matin la voiture « papillon » dévie légèrement du tracé de Serge et Philippe pour rejoindre le lac Victoria, situé à une bonne vingtaine de miles. Pendant ce temps, Victor est aux fourneaux pour concocter les ravitaillements de nos deux coureurs.
La pression est au rendez-vous car René à décidé de prendre un RTT. Rassurez-vous, il n’est pas parti très loin. Mais il a décrété qu’aujourd’hui serait une journée essentiellement basée sur la conduite, sans aucun ravitaillement de sa part.
Nous rentrons du lac vers 11h. J’échange ma place avec Victor, afin de reprendre le flambeau de la ravitaille. Serge et Philippe ne courent pas tout à fait ensemble aujourd’hui, alors cela demande une certaine souplesse pour les nourrir. Mais –tout gonflage de cheville exclu- je me débrouille plutôt bien. Après mon brevet de suiveur, je pense être apte à passer le diplôme suivant.
Aux deux-tiers de la course, je fais la rencontre de Marc, le gérant d’une sorte de brocante-supermarché sur le bord de la highway. Il me demande d’où je viens, et lorsque j’évoque la Normandie, celui-ci me répond qu’il connaît bien le coin. Il s’y est déjà rendu pour honorer la mémoire de son père ayant combattu à Omaha Beach. D’une manière générale, ma patrie normande jouit d’une certaine notoriété à travers le monde. Surtout aux Etats-Unis.
En tout cas, Marc garde un très agréable souvenir de la région et de ses habitants, qu’il me décrit comme merveilleux. Et oui…
Au fur et à mesure de notre traversée de l’Alaska, je me rends encore une fois compte que mes préjugés ont été mis à rude épreuve. Moi qui imaginais une région en grande partie immaculée de toute trace humaine. C’était peut-être un peu utopique de ma part en effet. Hier je vous parlais du nombre incalculable de choses abandonnées. Et bien il y a aussi les bords de route, qui s’avèrent être parfois un vrai dépotoir. Mais ça j’ai l’impression que c’est monnaie courante dans l’ensemble des états américains. Déjà lors de notre premier passage de mars à juin, nous avions remarqué cette mode des « ville très propres, mais une fois à la campagne tout le monde balance ses déchets dans le talus ».
Sûrement aussi que leur service de nettoyage des routes n’est pas aussi efficace que le nôtre, mais cela ne suffit pas à excuser cette habitude que les américains ont de salir leur superbe nature. Et c’est bien dommage.
Mais revenons à nos deux coureurs. Comme à l’accoutumée, les nuages menaçants viennent les accompagner pour leur fin d’étape. Mais ce ne sont que des menaces, et j’ai bien l’impression qu’ils ne passeront jamais à l’acte. René tourne en rond commence a regretter d’avoir posé un RTT, mais qui déciderait de revenir travailler alors qu’il a pris un jour de congé ?
Alors que nous attendons Serge et Philippe au point d’arrivée, nous faisons une nouvelle rencontre. Pour être honnête j’ai oublié ses prénoms. Oui, ses prénoms, car cet homme en possède deux. A la fois un esquimau et un américain. Belle rencontre en tout cas, de cet ancien runner né tout au nord de l’Alaska. Celui-ci a tout d’abord été chasseur de baleines dans la mer de Beaufort, avant de venir s’installer ici. Et lorsque je lui demande si l’on peut apercevoir des grizzlys dans le coin, celui-ci me montre sa maison quelques dizaines de mètres plus loin, et me répond qu’il en a aperçu tout une famille il y a de cela quelques jours, venus manger des baies dans son jardin. On garde espoir.
A demain.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du mercredi 17 Août : Etape 200



