74,84 km – 11H02′
6h20 . Une nouvelle journée pour Serge qui vient de reprendre son chemin en avant le long du Kluane Lake, en partie couvert par la brume ce matin. Température voisine de 10 degrés. Le jour était à peine levé au départ de l’hôtel. 138° Ouest, c’est loin et le soleil met longtemps à nous parvenir ! Départ lent, pas d’affolement. Premier ravitaillement au km 5 à la hauteur de Copper Joe Creek , un petit torrent y coule. Il y a même un carrefour et une route, non une piste, qui mène à une maison en bord de lac . Il faut aimer la solitude ou être puni pour vivre ici ! L’hiver doit être long . Nous allons bientôt arriver dans la partie Nord du lac vers Burwash Landing, là où le lac prend la forme d’un “y”, la branche droite s’appelant Talbot Arm du nom de notre hôtel. 7h00, et nous n’avons croisé qu’une voiture et un camion , quelle circulation ! On n’est jamais contents, trop c’est trop et à l’inverse, on trouve que c’est peu ! Loin côté Ouest de notre route, nous apercevons les derniers sommets enneigés il s’agit des Mts Churchill (15638 ft) et Bear (14831 ft) qui sont en Alaska et là-bas on recompte en “pieds”. Plus près de nous, les monts s’arrondissent, sont moins hauts et s’éloignent de nous. Néanmoins, de nombreuses sociétés basées sur la rive Ouest proposent le survol des glaciers en avions ou hélicoptères . Nous n’aurons pas le temps d’en profiter. Prochain objectif, la frontière où nous retrouverons nos amis Philippe, Jean – Michel, Victor et Thomas qui arrivent à Anchorage demain.
Encore une route refaite, gravillonnée et poussiéreuse pour Sergio, à la même altitude qu’hier, aux environs de 800 m. Nous traversons Duke River, aux eaux boueuses, couleur ardoise et retrouvons une bonne route . Pas pour longtemps, on nous annonce 30 km de nouveaux travaux de réfection. Km 20, on croise Roberts, un cycliste Hollandais qui vient de Fairbanks et roule vers…..Ushuaia !. Chargé à 45 kg. Après Panama, il fera une partie en avion pour éviter la zone “dure”, afin de rejoindre sa famille quelque part avant de faire Surinam, Brésil puis Pérou et la Cordillère des Andes. Bon voyage , qui lui prendra 2 ans. L’aventure est partout ! Avertis par Roberts, qui a vu des ours avec des petits il y a quelques kilomètres, nous reprenons notre surveillance rapprochée. Prudence. Km30, nous sommes au bout du lac , le vent souffle fort et fait voler la poussière. Sur les véhicules que l’on croise on ne voit plus la face arrière, crépie par un dépôt grisâtre. La raison, on comprendra vite, la suite du chantier est une réfection complète de la chaussée. Blocage au stop et attente de la voiture pilote pour traverser la zone en deux portions . D’abord blocage total de Serge pour raison de sécurité, il y a de gros engins qui travaillent, comme d’habitude, et puis après palabres et négociation on l’autorise à courir à condition que nous l’accompagnions avec nos feux de détresse allumés et en laissant passer les convois dans les deux sens. Ce qui sera fait. Au total 10 km ! Et enfin libérés. En route, c’est le cas de le dire pour la suite de l’étape. Une chance que le beau temps se soit maintenu. Je n’ose imaginer le bourbier en cas de pluie.
Km 55, on croise un couple de gens qui doivent bien avoir mon âge, courageux et bien chargés eux aussi, un petit mot et un salut amical, ils étaient en pleine descente. Km 60, altitude 847m. Retour à la nature sauvage avec ses sapins et feuillus divers . Le vert foncé domine sur le bleu/blanc du ciel. Route gondolée où les véhicules attelés roulent doucement faute de pouvoir faire mieux. Température 23 degrés et le soleil cogne. Il fait soif !
Nous voyons sur notre gauche la Donjek River qui vient des hauts sommets du Kluane National Park, rivière qui coule dans un lit de cailloux très large car à la fonte des neiges, elle doit avoir un débit assez important . Nouvelle zone de travaux et Serge derrière une voiture pilote , 5,5 km juste pour le ravito . Ensuite autre zone pour passer le pont sur la Donjek River, notre coureur devra attendre une autre voiture pilote nous, nous passons avec le flot normal des véhicules. Point final. Retour à l’hôtel à 79 km !
Demain matin lever à 4h15, pour permettre à notre coureur d’être au bout du chantier (3,1 km) avant que le blocage n’intervienne . Donc nous nous dépêchons, douche, repas dans la foulée et dodo en vitesse. Je vous dis bonsoir et à demain….
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du Mardi 9 août: Etape 192



