65,5 km – 10h15′

A notre départ nous disons au revoir à Hanlie, qui nous a reçus comme des princes dans sa guesthouse. Serge prend une piste sur 11 km avant de rejoindre la route principale qui nous emmène vers Wolmaransstad. La pluie de la veille n’a en rien dégradé la piste qui est faite d’une surface sablonneuse et n’a pas retenu l’eau. Nous croisons plusieurs camions sur cette piste transportant des ouvriers allant travailler dans les champs. Après 13 km nous passons la rivière Vaal qui délimite le nouvel état de North West et du Free State que nous quittons.

Depuis notre arrivée en Afrique du Sud, dans toutes les villes et villages que nous traversons, nous sommes surpris que la majorité des habitations possèdent des clôtures électriques, des barreaux aux portes et fenêtres. Cela peut paraître surprenant mais cela fait suite à l’augmentation des cambriolages au début des années 1990.  Les Sud-Africains ont commencé à se barricader chez eux, à mettre des clôtures et des barreaux à leur habitation afin de se protéger de la rue, et de leurs voisins.

Face aux cambrioleurs, les plus aisés d’entre eux ont installé des alarmes, des détecteurs de mouvements, des barrières à infrarouge et des grilles électrifiées à 9 000 volts. En 2004 on pouvait compter 25 000 meurtres par an, 50 000 viols (taux le plus élevé au monde) et environ 300 000 cambriolages. En 2013 les statistiques avancent que 40% des Sud-Africaines seront violées dans leur vie. Les statistiques ont aussi recensé 240 000 cambriolages chez les particuliers et 60 000 vols dans les magasins et usines. Tous les habitants d’Afrique du Sud ont une fois dans leur vie fait l’expérience directe de la criminalité. Difficile d’imaginer tout cela lorsque l’on est au bord de la route dans des paysages paisibles et si cette phase post-apartheid n’est pas simple, les choses s’arrangent et les chiffres épouvantables évoqués ci-dessus sont en baisse. L’histoire de l’Afrique du Sud n’est pas un long fleuve tranquille et on ne peut que souhaiter que les générations futures veilleront à entretenir la paix et la sérénité dans leur pays.

Serge finit son étape du jour avec 65,50 km au compteur, sur une route monotone, il en profite même pour ramener une plaque d’immatriculation perdue par un véhicule.

Données de la montre Epix: Garmin Connect