62,35 km – 10H09′

Ce sujet sur « les enfants volés » dont Serge parle dans sa vidéo du jour est une partie sombre de l’histoire australienne. Cette pratique d’enlever les enfants issus de métissage à leur mère, a existé de 1901/1905 à 1969/1971. Le but, des européens colonisateurs, était de faire de ces enfants de bons petits australiens en les plaçant dans des orphelinats, des missions ou des familles. Ils étaient censés apprendre l’anglais et à écrire. L’assimilation de ces enfants pour reprendre les termes de l’époque devait à terme faire en sorte que tous les aborigènes vivent comme les australiens blancs.

Le grand pardon officiel viendra en 2008 lorsque le premier ministre travailliste de l’époque, Kevin Rudd prononce au parlement de Canberra un discours, dont voici la phrase clé : «Nous demandons pardon pour les atteintes à la dignité et l’humiliation imposées à un peuple fier et à une culture fière». Ce grand pardon vaut entre autre pour la génération des enfants volés.

En 2010, Julia Gillard, (pour info ce fut la première femme Premier Ministre en Australie) , veut aller plus loin et souhaite proposer un référendum national pour modifier la Constitution du pays concernant 2 articles justifiant la ségrégation et introduire un paragraphe sur la reconnaissance des autochtones. Mais ce référendum n’aura jamais lieu, il semble que les australiens ne soient pas près…et ce sujet crée encore des divisions au sein du parti travailliste.

Je vous invite à voir le très beau film, réalisé par Phillip Noyce sur le sujet, sorti en 2002. Il relate une histoire vraie de 3 petites filles aborigènes enlevées qui vont s’échapper de la mission où elles ont été placées et qui pour rejoindre leurs mères vont parcourir un millier de kilomètre le long de la « Rabbit-Proof Fence », qu’elles suivront comme guide. Ce film est issu d’un roman écrit par la fille d’une de ces 3 héroïnes. Philippe Noyce est australien mais le film a été distribué par une compagnie américaine avec pour slogan «Et si le gouvernement avait enlevé votre fille? Cela s’est produit chaque semaine en Australie de 1905 à 1971. » Comme vous pouvez l’imaginer, ce film n’a pas reçu l’approbation du gouvernement australien qui demanda des excuses au réalisateur. Je crois qu’il ne s’est pas excusé rétorquant que le gouvernement devrait plutôt s’excuser pour ses actes passés.

L’histoire ne dit pas pourquoi, le grand pardon ne se fit qu’en 2008. Est ce que ce film a aidé à une certaine prise de conscience… Peut-être, même si le sujet reste délicat et difficile.

Pour info: L’Australie est une monarchie parlementaire, Elisabeth II, Reine d’Angleterre est également Reine d’Australie. Le Gouverneur Général d’Australie représente La Reine. Le premier ministre australien est le chef du gouvernement. Il faut savoir qu’en 8 ans, 5 premiers ministres se sont succédés dont 3 ont démissionné!!!

Sinon, sur la route tout va bien. Le paysage se modifie légèrement mais les « Mallee » qui longent la route ne nous dépaysent pas et apportent un peu d’ombrage pour une belle journée d’été. Serge gère sa journée en alternant course et marche, il fonctionne toujours au cardio et ne souhaite pas dépasser 100 pulsations minutes. Ce fonctionnement à l’économie est nécessaire pour terminer ce Tour du Monde en forme et dans de bonne condition. Voilà pourquoi Serge regarde sa montre aussi souvent, je pense. Pour la première fois depuis 1 semaine, Serge ne me parle pas de dromadaire. Je crois qu’il s’est fait une raison, il faudra revenir et aller plus au nord, là où nous avions pu admirer des troupeaux entiers…. Je ne sais pas pourquoi il avait tant envie d’en voir mais lot de consolation, il en a quand même vu un sur la Eyre Higway avant Balladonia, même si c’était de loin!

A demain car ce week end pas de dinde, ni foie gras, ni bûche, ni champagne. Nous serons sur la route samedi et dimanche 🙂

Données de la montre Epix: Garmin Connect