60,55km – 9H31′
La ville du jour Streaky Bay, bourgade de 1600 habitants, allie une vie rurale comme en attestent les cultures de blés et d’orges qui s’étendent jusqu’à la mer ainsi qu’une industrie orientée vers la pêche et le tourisme. Le camping installé au bord de la baie est à cette saison à moitié vide mais gigantesque et peuplé de quelques pélicans. John Eyre est passé par là en 1839, établissant un camp près d’un point d’eau, 3 km avant ce qui est devenue la ville de Streaky Bay. Il prépara ici les provisions, avant de poursuivre vers l’ouest et traverser la fameuse plaine de Nullarbor. J’aurai l’occasion de reparler de cet explorateur lorsque nous serons sur cette interminable route…
Nous prenons la route en direction du départ sous un épais brouillard, les kangourous nombreux sur les bas-côtés, ne permettent pas de dépasser les 60km/h car ils peuvent traverser la chaussée à tout moment.
Serge revêt son bonnet et ses gants car il fait vraiment frais. 50 minutes plus tard, il troque sa panoplie d’hiver pour celle d’été: bob et crème solaire. Le soleil a percé, toujours aussi ardent. Après son épisode intestinal et ce jour de « franchement pas bien », fin de semaine dernière, il a repris le rythme qui lui convient le mieux, alternant course et marche. La fatigue et le manque de récupération après presque 10 mois de course se font sentir et Serge ne peut plus pousser la mécanique, il le sent, il le sait et commence à s’en faire une raison. Il réalise aussi que le poids des années commence à se faire sentir et qu’il n’est plus « un perdreau de l’année » pour reprendre son expression. Qu’à cela ne tienne, et malgré le fait que j’ai tendance à banaliser l’effort quotidien réalisé, Serge avance à son rythme et progresse chaque jour avec patience et bonne humeur… sauf lorsque les taons l’attaquent ou qu’il a mal quelque part, ce qui est rare!
Serge contournera Streaky Bay au 26ème km suivant sagement la B100 tandis que je pars acheter, du pain et des kiwis, faire le plein de carburant, acheter 2 Bacon&Egg Rolls pour le ravito du 30ème et pour mon déjeuner de midi, tirer de l’argent au distributeur sans la commission de 3$, (c’est la première fois en Australie car tout comme aux USA, les banques prennent une commission pour chaque retrait, en tout cas pour les cartes étrangères, je ne sais pas si c’est le cas pour les cartes du pays).
Enfin, le sac à dos que Serge porte tous les jours est usé jusqu’à la trame et c’est la mort dans l’âme que demain il devra en porter un nouveau, flambant neuf. Pas de risque que nous le jetions, cette épave de sac va rentrer avec moi en France, pour compléter la collection de vieilles reliques qui ont voyagé avec nous…et qui encombrent notre grenier. Si nous avions fait une vente aux enchères lors d’une soirée privée après le Tour d’Europe au profit d’une association, je pense que cette opération devra être renouvelée 🙂
Serge n’a pas l’air décidé à lâcher son sac… il attend qu’il craque sur la route…
Encore une belle journée
A demain
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du Mardi 29 Novembre: Etape 304



