60,43km – 9H21′

Ce soir nous dormons dans une « station » au doux nom de Nuttbush Retreat. L’Australie pratique le « farm stay », nous avons l’équivalent en France avec les gîtes à la ferme. Susanne et son mari habitent et gèrent ce lieu. Ils proposent des chambres avec les douches et WC à l’extérieur ainsi qu’une cuisine à l’ancienne. Susan m’explique que les propriétaires possèdent 4 domaines de ce type car outre les chambres et lieu de conférences… sur les terres broutent 18000 moutons!  Oui moi aussi j’ai fait répéter mais c’est bien cela, 18000 moutons. Je pose alors quelques questions sur la tonte qui doit être colossale. Elle a lieu au mois de mars et  nécessite 40 personnes pour environ 11 jours. La tonte des moutons est un métier saisonnier mais professionnel et pour 18000 moutons, il faut 13 saisonniers tondeurs. Ce travail commence déjà par le rassemblement des troupeaux puis chaque bête en file indienne pénètre dans un bâtiment. Une fois tondus, ils sont évacués par une sorte de petit toboggan (voir photo). C’est un travail pénible nécessitant une belle dextérité, il n’est en général, pas proposé au Working Holidays (visa de travail pour les jeunes étrangers de moins de 30 ans), d’ailleurs  cette station emploie un jeune français, Max en Working Holidays…que nous n’avons pas vu.

Susan me dira « Crazy Weather » et c’est vrai, ce matin 15 petits degrés moitié moins qu’hier à la même heure. Le ciel est chargé de nuages, ça tonne au loin. A part la fraîcheur et une belle averse le temps ce sera maintenu jusque la fin d’étape. Les mouches répondent aux abonnés absents et c’est très agréable, ce qui l’est beaucoup moins pour Serge c’est le vent du sud, face à lui. Contrairement à chez nous, dans l’hémisphère sud, le vent du sud est froid.  Et oui, vent, mouches, chaleur, le trio infernal ne sévit pas toujours en même temps et au même moment et pas une journée ne se passe sans l’un de ses éléments. Mais nous apprécions les points positifs et une journée sans mouches est une belle journée 🙂

Depuis le départ, nous avons en ligne de mire face à nous, une montagne rouge. Il s’agit de la mine de Iron Knob. Serge passera à côté au 55ème kilomètre et ce gigantesque monticule de terre rouge est tout simplement impressionnant. Je vais faire un tour dans le village à 2km en dehors de la Eyre pour voir si mon souvenir est bien réel. Iron Knob est une ville fantôme ou presque, comptant tout de même 200 habitants, tombée en désuétude lorsque la mine ferma en 1998. Les habitations sont délabrées, les jardins remplis de carcasses de véhicules et d’un fourbi en tout genre. La ville la plus proche pour faire ses courses est à 55km car il n’y a rien ou presque dans ce triste village. Le minerai de fer y était extrait depuis les années 1920, sa pureté proche de 60 à 70%, les connaisseurs apprécieront. Cette mine a aidé au développement de l’acierie de Whyalla à quelques 55km de là, sur les rives du Golf de Spencer. Si Whyalla (3ème ville de l’Etat de l’Australie Méridionale avec près de 23 000 habitants) vous dit quelque chose, c’est normal car c’est ici le terminus du pipeline qui apporte l’eau depuis Morgan et la Murray River dont j’ai déjà parlé.

Après 12 ans de fermeture, la mine de Iron Knob a repris du service en 2010 et nous pouvons voir quelques engins manoeuvrés au loin. Cela ne semble pas avoir donné un second souffle au village… dommage.

Serge termine son étape à 7km de Iron Knob, il a été peu bavard durant la journée et lorsque je lui demande à quoi il a pensé aujourd’hui, il me répond qu’il a envie de se détendre…

A demain

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Mercredi 23 Novembre: Etape 298