63,07km – 9H59′
Je commencerai ce texte par souhaiter un bon anniversaire à Dominique alias « Zette » pour les intimes. Tandis que mes pensées vagabondes vers la France et son long week-end de la Toussaint, pour ceux qui font le pont, je reviens sur cette journée australienne avec peu de matière à vous proposer.
La Sturt Hwy est un long ruban d’asphalte sans âmes qui vivent sur la portion empruntée, à peine quelques fermes isolées. Nous ne croiserons aucun hameau, nada! Nous longeons notre rivière favorite de près ou d’un peu plus loin, la zone est inondable et sur les 20 premiers kilomètres, les troncs des arbres baignent dans l’eau. Par moment, la végétation qui nous entoure ressemble à une steppe africaine: de rases herbes jaunes et tiens voici mes premiers émeus de l’aventure, le pendant de l’Autruche en Australie. Ces émeus sont sauvages mais il existe des élevages en Australie, aux USA et au Canada. Car sa viande est paraît-il très fine et maigre. Ici, des abattoirs existent mais seul, les émeus en captivité peuvent être abattus, une façon de protéger les émeus sauvages. Sont ils chassés à l’occasion ? Sans doute car il cause des dégâts dans les cultures. Cet animal vit depuis des milliers d’années en Australie et les aborigènes, les attrapaient pour se nourrir et utiliser l’huile pour divers besoins. Cet animal peut courir très longtemps à une vitesse de 7km/heure, tient cela me rappelle quelqu’un, par contre ils peuvent piquer un sprint à 50km/heure. Bon là, ça ne me rappelle personne, même pas Usain Bolt. Les émeus sont nomades et n’hésitent pas à migrer d’une région à une autre, sur des distances importantes.
Le bob et les lunettes de soleil sont au placard pour cause de pluie et oui, nous avons perdu 20°C en une journée et nous aurions presque frais avec ce vent de face donc défavorable sur quasi toute l’étape. La pluie et le beau le temps me direz vous, un sujet de conversation banal. Comme le soulignait Thomas dans un de ces comptes rendus, lorsque vous vivez sur et au bord de la route, les éléments extérieurs sont votre quotidien et vous les subissez en « live » toute la journée, la météo en fait partie. Ainsi le temps du jour a un impact direct sur notre moral, notre forme, la progression de Serge… Voilà pour la minute météo et sachez que Serge regarde dès qu’il le peut les prévisions, comme ce matin avant de partir et qu’au même titre qu’aux USA, elles s’avèrent exactes. Notre coureur n’est donc pas surpris de voir l’embellie de 13H00, elle était annoncée. Le bob et les lunettes sont de retour, les mouches redoublent en nombre et le vent forcit avec des rafales à 45h/heure. Un cocktail détonant, qui même à ne pas courir, est exténuant. Serge me dira qu’il n’est pas fatigué en fin d’étape et bien pour ma part, j’en ai plein les bottes (je crois que les mouches m’usent le moral). C’est le monde à l’envers, non ?
Hier, j’ai juré tous les pires gros mots de la terre entière, toute seule dans mon « camper » car figurez vous que 4 beaux spécimens de marsupiaux sont passés devant moi à juste quelques mètres. L’appareil photo n’est jamais loin mais dans ma précipitation, la mise au point ne s’est pas faite et le déclic n’a pas eu lieu et hop 4 bonds plus tard, c’était raté. J’ai manqué une occasion pareil, nom de Zeus! Ils ne pourraient pas sauter au ralenti. Puis ce matin, alors que nous marchons tous les deux lors du ravito du km10. Un petit kangourou, brun foncé fondu dans la nature car couleur tronc d’arbre, nous regarde et ne bouge pas. Serge sort sa Go Pro (voir la vidéo du jour) tandis que j’ai oublié mon appareil dans le « camper » et zut de re-zut (et là, je suis polie!). Deux belles occasions manquées, je m’accroche et jamais 2 sans 3, la 3ème occasion sera la bonne de vous montrer en image, un kangourou, je croise les doigts.
Données de la montre Epix: Garmin Connect
Parcours du Lundi 31 Octobre: Etape 275



