61,9 km – 9H48′

Depuis 2 jours, nous voilà perchés sur un plateau oscillant entre 1600 et 1850 mètres d’altitude. L’air un peu frais rend supportable les rayons du soleil qui donnent à plein régime. Serge a enfin remis de la crème solaire car outre les lèvres bien entamées, le visage le brûlait depuis plusieurs jours. Serge adore la piste, il est vrai que le « Off-Road » donne toujours une autre dimension aux paysages et vous rapproche de la nature avec laquelle il est en parfaite harmonie depuis 2 jours.

Si j’ai évoqué que nous nous sentions seuls au monde, mardi. Il s’agissait plus d’une sensation que d’une réalité bien que la campagne qui nous entoure soit calme et le trafic quasi inexistant sur cette piste. Les pays d’Afrique que je connais, ont un dénominateur commun, vous n’êtes jamais seuls… Il y a toujours de la vie et les africains étant à pied, ils vont par les sentiers, coupent à travers plaine. Hier, en croisant la bus scolaire remplit d’enfants je me demandais d’où ils venaient et où ils allaient ensuite  car à part quelques maisons isolées, nous ne voyons pas de villages! Je me pose toujours la question et en fait cela me plait bien de ne pas avoir la réponse. Place à l’imagination.

Dès 6H00, ce matin, nous croisons quelques  ados  à pied, sans doute sur le chemin de l’école pour rejoindre l’arrêt du car qui les emmènera à la High School de Volkrust. Si l’école commence à 8H00, ils se mettent de bonne heure en route. Nous sommes loin du « Drive » scolaire que j’ai pu voir aux USA, où il existe des files pour déposer les enfants au pied de l’école et hop on repart

Après cette réflexion qui nous éloigne de notre sujet, nous quittons la Province du Mpumalanga pour rentrer dans le « Free State », la Province de l’Etat Libre. Depuis Volksrust (qui signifie repos du peuple en afrikaner), nous croisons plus de blancs. La communauté afrikaner bien que toujours minoritaire est un peu plus représentée, dû à l’histoire du pays. Les premiers Boers (blancs d’origine européenne) arrivèrent en 1653 au Cap, à l’extrême sud du pays, ce n’est que tardivement au XIXème siècle qu’ils vont migrer dans l’intérieur des terres, surtout lorsque les anglais arrivèrent pour coloniser l’Afrique du Sud. Il va s’en suivre 2 guerres entre anglais et le reste du pays. La deuxième guerre s’achèvera en 1902, où un traité sera signé. Durant ces périodes de troubles, les anglais ont créé des camps de concentration, où moururent des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants blancs comme noirs. Volksrust avait son camp de concentration et ce terme m’a interpellé. Si les anglais n’utilisaient pas la chambres à gaz et qu’il ne s’agissait pas de camp d’extermination, malgré tout les conditions de vie dans ces camps amenaient à la mort. Au final, un fou allemand n’a pas tout inventé….

Sur un ton plus léger, Serge a retrouvé son humeur loquace, il savoure, contemple et s’émerveille. Il semble bien dans ses jambes et dans son corps et toutes les personnes qui l’accompagnent aiment à le voir dans cet état d’esprit et dans cette forme physique. Nous avons une pensée cet après-midi, pour Bertrand et David qui se rendent à l’aéroport. Ce soir direction Johannesburg pour nos 2 acolytes qui atterrirons demain matin sur le sol sud africain. Depuis 1 semaine à 10 jours, je suis en relation pas quotidienne mais presque avec Bertrand car dans leur sac, les garçons ne transportent pas que leurs effets personnels mais aussi pas mal de choses dont Serge avait besoin: paires de « running  shoes », crème Nok car Serge depuis un mois fonctionne à la vaseline. La balise-tracker réparée car au Canada si vous vous souvenez elle était HS et nous en avions rapatrié une autre. Du coup, si celle-ci venait à rendre l’âme, il y en aura une de secours, pommades pour les lèvres, une tente, un blouson, des cuissards car Serge en a quatre et ils commencent à être passablement usés, un traitement pour le palu car nous avions des restes de l’année passée et nous avons acheté en Australie juste pour 10 jours (ce traitement coûte les yeux de la tête), des tablettes pour purifier l’eau, un objectif 100/400, un tube de génie sans frotter,…. entre autre. Une fois arrivés, ils seront de corvées de course à Joburg, j’espère qu’ils n’ont pas eu mal à la tête en lisant ma liste. Ils récupèrent un 4×4 équipé camping. A partir de la fin janvier et à l’approche de la Namibie, ils seront dans de grandes étendues désertiques et les campements remplaceront les Guest Houses. Ils vont récupérer le groupe électrogène que nous avions laissé l’année passée….  Et enfin, ils termineront par quelques emplettes pour la logistique camping et prendront la route pour nous retrouver sur Frankfort avec un « O » alors qu’ils font escale ce soir à Frankfurt avec un « U » en Allemagne. C’est cocasse !

Demain soir, l’équipe s’agrandit donc pour quelques jours, le temps de faire mes adieux à mon chéri que je ne reverrai que dans 2 mois et demi (trois nuits et trois jours ne seront pas de trop) et de passer le flambeau à David et Bertrand à coup de 1000 et 1 transmissions. Les pauvres, je sens qu’ils vont en avoir plein la tête!

A demain (une deuxième vidéo ce jour dans la galerie)

Données de la montre Epix: Garmin Connect