62,39km – 10H10′

Nous prenons nos repères dans ce nouveau pays, où nous mettons les pieds pour la première fois. Serge  commence à se faire plein de copains sur Face Road…. Il a repris son rituel qui consiste à lever le bras pour saluer chaque camion qui passe et les chauffeurs lui répondent par un coup de klaxon. Un routier en attente à un croisement, lui demande où il va en anglais et Serge lui répond « Je vais en Namibie »…  Le gars estomaqué, appelle ses collègues et Serge sert des poignées de main à tour de bras!

Une majorité de population n’a pas de véhicule et faire du stop pour se déplacer est une institution. Il suffit de se mettre au bord de la route et de lever le bras lorsqu’un véhicule passe. En attendant Serge au ravitaillement, un jeune couple de zoulou, attend qu’un véhicule s’arrête après m’avoir demandé en langage des signes où j’allais pour les prendre comme passagers. Mais voilà, ils ne parlent pas anglais et moi je ne parle pas zoulou et il est impossible de leur expliquer que si je les véhicule, ils ne sont pas arrivés à raison d’un stop tous les 5 kilomètres et d’une attente d’environ 45 à 50 minutes à chaque fois !!!!

Je ne sais pas pourquoi, en arrivant dans ce pays, je m’étais imaginée que tout le monde parlait l’anglais, toujours  selon moi, ce devait être la langue officielle du pays et bien pas du tout… Si la population est multiculturelle, une nation « arc en ciel » pour reprendre un terme de Nelson Mandela, l’Afrique du Sud n’a pas moins de 11 langues reconnues officiellement (depuis l’arrivée au pouvoir de celui-ci car du temps de l’Arpartheid, l’Afrikaner était la seule langue officielle reconnue).  Ce matin, lorsqu’à l’hôtel je vois un journal en anglais « The Independent », je demande si il existe des journaux dans d’autres langues et bien oui, en zoulou et en afrikaner.

Je suis redescendue de mon nuage et je m’interroge: comment se passe la scolarisation des enfants, jeudi, nous avons vu de jeunes enfants et des ados, tous en uniforme, se rendre à l’école puis en sortir en début d’après-midi. Les uniformes ne sont pas tous les mêmes, cela doit dépendre de l’école mais le noir et le blanc l’emportent, contre quelques jupes écossaises. Aujourd’hui, Serge et moi avons croisé une bande de petits garçons entre 8 et 12 ans. Ils marchaient d’un bon pas sur le bord de la route en direction de ??? Je les salue mais il ne parle pas l’anglais du tout mais le zoulou.  Puis branchée sur une radio en anglais, à l’heure des infos j’entends un homme dire que le combat continue pour une scolarité gratuite…  Il ne m’en faut pas plus pour déjà me faire une idée et je vais à la pêche à l’information. Je suis tombée sur un rapport élaboré par des suisses donc en français que je mets en lien: Cliquez Ici . Concis et complet, il vous donnera toutes les infos sur l’état de la scolarité, un peu plus de 20 ans après la fin de l’Apartheid. Pour ceux qui n’ont pas le temps où que le sujet intéresse moyennement, sachez que l’école est obligatoire jusqu’à 15 ans depuis 1996. Le langage scolaire est soit l’anglais, soit l’afrikaner. Il existe une majorité d’écoles publiques et quelques écoles privées. Les écoles publiques censées être gratuites, appliquent dans la réalité des frais de scolarité que certaines familles ne peuvent pas payer. Ces frais de scolarité serviraient à financer les écoles les plus défavorisées, sachant que l’état subventionne tant les écoles publiques que privées. Non vraiment lisez ce rapport, vous verrez que l’Apartheid a laisser des traces sur le système éducatif et que le Sida, véritable fléau dans le pays (notamment dans le Kwazulu-Natal) a également un impact sur l’éducation…. Ce rapport date de 2015.

Et pendant que je lis tout cela, Serge progresse, il admire le paysage, c’est bon signe ! Sur les 13 derniers kilomètres, il bénéficie d’une voie piétonne et alors qu’il arrive au 60ème kilomètre, il poursuivra encore un peu car il n’est pas encore 16H00 et il se sent en forme pour faire un peu plus. Ce matin, le ciel couvert et le crachin ont rendu presque agréable l’humidité mais en fin d’étape, le soleil percera et Serge s’aspergera la tête comme il en est de coutume maintenant. Une belle étape en Afrique du Sud, avec le plaisir retrouvé, la vie est belle !

Je n’abuse pas et à demain – (Une deuxième vidéo dans la galerie)

Données de la montre Epix: Garmin Connect