Après 82 jours, depuis le départ de la plage de Coggee Beach et 4350km plus tard, le 2ème continent est bouclé.
Nous espérons vous avoir fait découvrir l’Australie, pays qui ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même. Cette terre de pionniers aux distances époustouflantes, la vie de l’Outback quasi désertique, les mouches du Bush, sa faune et sa flore exceptionnelles, son histoire aussi jeune soit-elle et paradoxalement territoire peuplé depuis des millions d’années par les aborigènes, qui brillent par leur absence de nos jours! Ses paysages dont nous ne nous sommes jamais lassés même à l’échelle de 60km par jour, ce qui est lent, très lent surtout sur Nullarbor Plain et la Eyre Highway.
Si Serge n’aime pas montrer les moments difficiles, cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas existé mais il souhaite dévoiler le bon côté des choses, nous faisant oublier qu’il est entrain de réaliser une prouesse physique au quotidien. Il bondira certainement en lisant ces mots mais j’avoue que le poids des années rentre en ligne de compte maintenant. Son fils ainé m’a posé la question, au printemps dernier, de savoir si à l’âge de son père, je ne pensais pas que c’était irraisonnable pour sa santé de réaliser ce Tour du Monde. Je n’ai pas su quoi répondre à cette question, ne me l’ayant moi-même jamais posée car Serge court tout le temps, même à la maison sans challenge, il court comme il respire…
Après ces 3 mois passés auprès de mon coureur de mari, j’ai des brides de réponses. Serge ne récupère plus comme il récupérait il y a quelques années, c’est certain et je trouve que la qualité de son sommeil est moins bon également. L’accumulation de fatigue, qu’il ne montre pas ou peu et dont il ne parle jamais est un élément à prendre en considération surtout depuis début novembre, où le corps a émis un « Warning ». La particularité de ce Tour du Monde tient dans le fait que je ne suis pas à ses côtés sur la totalité du périple comme tous les autres, ceci entraîne une dose de stress supplémentaire qui pèse sur ses épaules quand je ne suis pas là pour le prendre à mon compte.
Ce qui reste et demeure, c’est l’enthousiasme qu’il a à progresser chaque jour, il ne rechigne jamais sur la route, ni au départ le matin, ni pour les ravitaillements qui sont toujours les mêmes depuis des mois. Il s’émerveille de tout et de rien.
Serge va s’octroyer un vrai « break » de 3 jours sur sa plage chérie de Cottesloe Beach. Il va falloir recharger les batteries car l’Afrique va être un continent aventureux et un gros morceau de ce Tour du Monde jusqu’à fin février avant de rejoindre l’Europe.
Les prochains jours, outre la récupération nécessaire pour mieux repartir, vont nous permettre de vider, trier, laver, ranger et conditionner pour notre départ dimanche. Par exemple, les trousses de toilettes nomades ne sont pas toujours nickels, les affaires dans les sacs sentent le renfermées…etc,etc. La vie sur la route nous éloigne du confort d’un intérieur avec salle de bain, armoires où tout est bien rangé, où tout sent bon le propre.
Serge appréhende le voyage en avion, lui qui ne peut pas supporter d’être assis plus de 30 minutes, je pense qu’il va être au supplice. Nous avons hâte maintenant de vous faire découvrir l’Afrique du Sud et la Namibie, contrées inconnues pour nous. Ne vous inquiétez pas si nous ne donnons pas de nouvelles, les prochains jours. Comme dit le dicton « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ». Alors à bientôt!



