60,04 km – 9H34′

Serge, dans sa vidéo d’hier vous a décrit le drapeau aborigène. Il est difficile d’aborder le sujet concernant ce peuple natif, devenu une minorité dans ce pays, comme il est impensable de faire comme s’il n’existait pas. Chaque pays a sa propre histoire avec ses bons côtés et une part un peu plus sombre.

Serge évoquera la genèse de ce peuple prochainement en images. De mon côté, je vous dresse un court résumé du peuplement de l’Australie. Lorsqu’au XVIIème siècle, les européens (surtout les anglais, les portugais et les français) partirent sur les océans pour explorer ce monde, inconnu à l’époque, ils découvrirent des contrées inexplorées, le « nouveau monde » de Christophe Colomb, par exemple.

James Cook, dont Thomas vous a longuement parlé lorsque notre équipée arpentait les îles du Pacifique, a accosté à Botany Bay dans la baie de Sydney en 1770 et pris connaissance de la côte ouest qu’il nomma Nouvelle Galles du Sud, (il n’a pas découvert cette île-continent, d’autres navigateurs 160 ans, avant lui avait vu l’Ile). Tout comme sur les îles du Pacifique, il constata que la vie humaine existait. Le peuple aborigène vivait paisiblement sur cette gigantesque île. Les anglais à la fin du XVIIIème siècle accostèrent dans la Baie de Sydney et créèrent leur bagne. Les premiers occidentaux qui peuplèrent l’Australie furent des bagnards, des prisonniers et des fonctionnaires pour encadrer ces prisons. Puis le gouvernement anglais avec à sa tête la reine Victoria, entreprit de financer des explorateurs pour découvrir l’intérieur des terres et les ressources qu’elles pouvaient proposer.

100 ans plus tard, ayant fait le tour du pays, les anglais et les immigrés majoritairement européens avait créé l’Australie, en états confédérés ne faisant pas cas de ce peuple natif qu’ils considéraient sans doute comme arriéré. Les terres furent annexées puisqu’elles n’appartenaient à personne. Les aborigènes n’avaient pas d’acte de propriété, d’ailleurs l’écriture n’existait pas. Ils vivaient juste en harmonie avec la « Nature », organisés en clan avec un chef. En fonction des territoires, les clans portaient des noms différents. Le hic, c’est que les aborigènes vivaient majoritairement dans les zones irriguées par les cours d’eau et/où la mer car tout le monde sait que sans eau, il n’y a pas de vie. Et suite à mes longs discours sur la Murrumbidgee River et la Murray River, vous comprendrez aisément que les européens se sont également installés dans ces zones irriguées…. exploitants la Nature pour se loger, se nourrir comme les Aborigènes mais également dans un but commercial et lucratif (exploitations minières et agricoles), des notions complètement étrangères à ce peuple autochtone. 200 ans plus tard, certains clans ont totalement disparu, et la population aborigène représente 400 000 habitants soit 2,5% de la population australienne, soit autant que la population chinoise dans le pays. Le sujet met mal à l’aise encore de nos jours, c’est un sujet sensible et je vous parlerai prochainement de l’époque des enfants volés et les réactions du gouvernement sur ce sujet, c’est très intéressant. Serge évoquera une belle histoire mettant en scène, un territoire aborigène et son chef, l’Unesco et une multinationale française. Vaste sujet que les aborigènes d’Australie, nous avons décidé d’évoquer de façon factuelle en vous racontant quelques épisodes historiques et des anecdotes. Il n’y a pas de jugement à avoir et ma bonne éducation chrétienne me fait dire que les chrétiens de part le monde n’ont pas toujours été charitables, d’autres continuent de perpétrer des crimes ignobles au nom de Mahomet! Nous vivons dans un drôle de monde mais sa beauté surpasse la nature humaine et continuons à nous régaler de chaque lever de soleil…

Revenons sur la Flinders Highway. Pas de bonnet, ni de gant au départ à 6H30, la journée promet d’être chaude et nous ne sommes pas déçus. Aucune ville traversée et une longue ligne droite tout du long, il faudra attendre de longer la mer après Smoky Bay pour retrouver un peu d’air. Serge et moi, nous nous sommes presque ennuyés chacun de notre côté et oui c’est rare!

4km avant l’arrivée, un véhicule s’arrête, les occupants demandent à Serge s’il a besoin d’eau… et lui explique qu’il y a un gars qui marche plus loin. Serge termine son étape à Laura Bay et 1,5km plus loin, nous apercevons une silhouette, un marcheur. Pierre Luigi, italien de 69 ans est parti faire Saint Jacques de Compostelle en 2009 et depuis, il ne s’est jamais arrêté de marcher par tranche d’environ 3 mois en fonction des possibilités de visas!! Il porte un sac à dos aussi haut que large. Nous nous arrêtons pour lui demander si il a besoin de quelque chose … Il nous explique son périple: parti de Perth le 22 septembre, il a traversé Nullarbor Plain sans assistance, il nous dit qu’entre Norseman et Ceduna, il n’y  a pas de supermarchés, ni d’épiceries. Il dort sous la tente tous les soirs et tend sa bouteille d’eau vers la route pour se faire ravitailler par qui veut ou peut… C’est tout simplement dingue. Nullarbor en autonomie total, cela me paraît fou et si quelqu’un me disait je pars faire « Nullarbor Plain » à pied, je le prendrai pour un illuminé irréaliste. Pierre Luigi nous démontre que c’est possible et il semble heureux sur sa route, n’est ce pas là l’essentiel!

Demain, petite étape pour Serge pour arriver à Ceduna.

Je vous dis à Jeudi pour la suite de  nos aventures australiennes.

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Mercredi 30 Novembre: Etape 305

Parcours du Jeudi 1er au Mercredi 21 Décembre: Nullarbor Plain

Pas de video ce jour – Pas de mise à jour du site demain – Pendant 4 semaines soit jusqu’à Noël, les mises à jour du site seront aléatoires