60,32km – 9H23′

Passage des 18 000km, Serge est radieux. Il se sent à nouveau bien dans sa course, son corps semble avoir récupéré de ce gros coup de fatigue de la semaine passée. Il y a peu Serge se sentait fatigué du matin au soir et le sommeil n’était pas de bonne qualité. Nous n’avons pas d’explications si ce n’est sans doute l’accumulation des kilomètres, les transits en avion qui constituent des journées Off course mais pas de repos, les changements de pays avec leur climat et température différente. Ces 5 jours de débrayage complet ont donc été salutaires et Serge a d’ailleurs réduit la voilure: moins de kilomètres et plus doucement. Quelle sagesse 🙂

Une meilleure forme rime avec le plaisir revenu et c’est une des choses primordiales sur ce challenge. Je n’ai plus envie de voir Serge dans des états de fatigue excessive et je crois que lui a envie de profiter réellement de « Sa » route, de son voyage intérieur à petites foulées. Il sait aussi que ce sera sans doute le dernier grand et long challenge avant une retraite que je suppose mitigée mais une retraite quand même, alors raison de plus pour savourer.

En attendant, je suis allée faire une petite virée au bord de la Murray à Morgan entre 2 ravitos, la B64 contournant le village, Serge n’a pas vu la rivière Murray, pour une dernière fois. Morgan fut en son temps un port majeur sur ce fleuve navigable et les 2 hôtels que vous pouvez voir en photos, ont été construits en 1878, en même temps que la ville s’est établie, l’un servait à loger des ouvriers et à les nourrir, dans l’autre se réunissaient les dirigeants des entreprises, il faisait également office de lieu de réunion.

Ce village paisible est agréable car aéré, avec sa grande esplanade et comme souvent j’aime essayer d’imaginer l’animation qui devait y régner au temps des pionniers et de l’activité du port. Pas mal de gens vivent dans les « houseboats » et Morgan est entrain de construire une deuxième marina.

Quant à nous, nous logeons ce soir à l’entrée de la ville sur les hauteurs dans un motel bien qu’il soit possible de loger dans les hôtels du centre ville, nous privilégions les motels afin de garer notre véhicule au pied de la porte, pour déménager notre barda quotidiennement et puis les motels ont souvent des micro-ondes, une bouilloire, un frigidaire, une table et 2 chaises, ainsi nous pouvons diner dans la chambre, ce que nous faisons la majorité du temps.

Les hôtels ont été construits pour la plupart à la fin du XIXème, début du XXème, par besoin de loger les voyageurs pour affaires, les ouvriers,  tous faisaient et font encore restaurant. Les motels sont beaucoup plus récents que les hôtels et ne proposent quasiment jamais de restauration à quelques exceptions près. Ils ont fleuri lorsque les routes ont été goudronnées et que les australiens commencèrent à voyager, maintenant les ouvriers, techniciens, commerciaux, viennent loger dans ces motels lors de leurs déplacements. Ils ont délaissé les hôtels qui ont bien souvent des difficultés à subsister.

C’est donc confortablement installés dans notre motel que Serge prépare ses petites affaires avant d’aller se coucher. Demain matin, il n’aura plus qu’à sauter dans ses chaussures, me dit-il, lorsque je le taquine, à le voir faire ces gestes répétitifs chaque soir. Et puis quand on va à l’école, c’est mieux de préparer son cartable la veille au soir …

A demain

Données de la montre Epix: Garmin Connect

Parcours du Jeudi 17 Novembre: Etape 292